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Dévoilement d ’un monstre sacré de la musique

A propos de "Bach - un sacré tempérament" de Michèle Lhopiteau-Dorfeuille
Publié le samedi 17 janvier 2015

Bach – Un sacré tempérament

Michèle Lhopiteau-Dorfeuille – LE BORD DE L’EAU éditions – 2014 – 244 pages

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Ce livre est d’abord un bel objet : Une couverture robuste et classieuse, un mise en page soignée et un cahier de reproduction documentaire au milieu, et surtout, bine protégés dans la couverture avant et arrière, deux Cd de musique illustrant le propos de l’auteur. L’idée de l’ouvrage est en effet de proposer au fil de a lecture les illustrations sonores importantes. Ceci semble une évidence pour des ouvrages de musicologie, mais, en fait bien peu proposent des extraits étayant le dire des auteurs. Un bon point donc pour cet ouvrage. S’installer confortablement dans un fauteuil, sa télécommande à proximité pour envoyer les plages au fur et à mesure de l’avancement de la lecture. E c’est parti !

Michèle Lhopiteau a évité le piège tendu par un tel monstre sacré que J.S Bach – comme elle avait su si bien le faire pour son « Mozart » !- : la biographie érudite et pointilliste de l’hyper-spécialiste exigeant. Ce qui donne en général des pavés avoisinant le millier de pages, certes complets, mais assez rebutant pour le public ordinaire. Elle pris le même principe qui lui avait réussi avec Mozart, à savoir des angles thématiques divers qui en prétendent nullement à l’exhaustivité, mais tiennent le lecteur moyen en haleine sans cesse. Ni trop brefs, ni trop longs.. Les thèmes incontournables sont là, ceux qui l’auraient discréditée si elles ne les avaient pas abordés : la famille Bach, le contexte luthérien et la foi de Bach, le métier de cantor et la condition sociale difficile du musicien à cette époque baroque… On y trouve la base essentielle d’une bonne culture d’honnête homme du temps présent. Mais la grande force de ce livre est d’oser des chapitres improbables.

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Ainsi du chapitre Bach et Mozart. Plutôt gonflé de traiter de deux génies qui n’ont pas du tout de contemporanéité et que l’on oppose souvent dans les chapelles étroites du classicisme. Elle ne sombre pas dans les rapprochements artificiels, mais ouvre des pistes intéressantes à fouiller sur ce thème. Idem pou le chapitre plus attendu sur Haendel et Bach. Parfois cette audace rate son coup. J’ai très peu goûté le chapitre-catalogue final sur l’éta des lieux des ensembles baroques aujourd’hui. C’est vite fastidieux et j’avoue l’avoir seulement parcouru au bout de quelques pages (en plus il est long, ce chapitre !). De mon point de vue, c’est vraiment dommage de finir ainsi, cela gâche en partie la grande valeur de ce qui précède. Outre le fait que je ne comprend pas le sens d’un tel chapitre (sauf à croire qu’il s’agit d’un renvoi d’ascenseur pour certains interprètes qui ont accordé des plages aux deux CD), il n’y avait aucun problème à déporter cela en annexe, avec le très bon indes, la liste des titres musicaux et la table des matières. Peut-on le suggérer à l’auteur et l’éditeur pour une prochaine édition. Je crains en effet qu’un lecteur curieux et cultivé non-spécialiste du baroque réagisse comme moi.

Un point très positif est la qualité de l’information sur le cadre historique et religieux. L’auteur s’est documenté à de bonnes sources sur les courants du protestantisme et le rapport à la musique. Un lecteur protestant n’y trouvera rien à redire, ce qui n’est pas toujours le cas des écrits sur Bach.

Il faut revenir sur la qualité de la bande son et l’intelligence de sa sélection. Ceci est vraiment une des grandes qualités pédagogiques du livre (comme les conférences de l’auteur). Ces deux CD, pourront devenir des compagnons de route en voiture, comme ceux du livre précédent sur Mozart.

Enfin, saluons le beau titre, à double sens et dont je vous laisse découvrir le sens précis d’une des significations, celle de musicologie, que j’ai apprise aussi (un jazzman comme moi ne sait pas tout du lexique baroque !)

Je recommande donc vivement la lecture de cet ouvrage, surtout à ceux qui aiment Bach sans le connaître bien : ils en seront conquis.

Jean-Michel Dauriac Président de l’Université Populaire des Hauts de Garonne Doctorant en théologie protestante et jazzman amateur (données utiles pour comprendre cette critique et non culte du pedigree)




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