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L’Ensemble Orchestral de Bordeaux à Saint-Emilion

Publié le samedi 21 avril 2007

Ensemble Orchestral de Bordeaux : « Tous ensemble, tous ensemble… » pour la démocratisation de la musique classique !

Dimanche 25 mars 2007 – Saint-Emilion – Eglise collégiale – temps gris et pluvieux – pas de vent – température fraîche . 16 heures.

Avis d’air musical sur la cité du Patrimoine Mondial de l’Humanité, ce soir l’Ensemble Orchestral de Bordeaux se produit, pour l’ouverture de la saison artistique de Saint-Emilion. La première constatation est qu’il y a beaucoup de monde, et dans l’auditoire, une proportion assez importante de jeunes. La seconde est que le lieu est magnifique -mais frisquet, car pas facile à chauffer vus les volumes ! – et garantira une acoustique splendide. Le programme est alléchant, avec deux immenses compositeurs au menu : Joseph Haydn (1732-1809) et Ludwig van Beethoven (1770-1827).

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L’orchestre en action - Photo Bernard Lamarque BordeauxActu.com

Le concert se déroule en deux parties : Le premier concerto pour violoncelle et orchestre de Hyadn ouvre la séance. L’orchestre est en formation moyenne, surtout des cordes. Le violoncelle solo est assuré par Isabelle Brangier, musicienne bordelaise de formation, qui fera preuve tout au long de cette œuvre très mélodique d’un beau toucher et d’un vibrato bien contrôlé.

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Isabelle Brangier, violoncelliste solo sur Haydn - Photo Bernard Lamarque BordeauxActu.com

Le chef, Lionel Gaudin-Villard, fondateur de l’orchestre mène ses troupes de main de maître. Sur cette première partie, on peut reprocher à l’orchestre de manquer de puissance dans les « forte », mais c’est le tour de chauffe et je n’étais pas forcément idéalement place, en position latérale. Au fur et à mesure que le concerto avance dans ses trois mouvements, la machine s’huile et finit très unie. Une belle composition de Haydn dont il faut savoir reconnaître la place majeure qu’il occupe dans la musique classique occidentale, alors que Mozart lui a ravi, assez injustement la vedette tout en s’inspirant largement de lui. Les œuvres de Haydn poussent à la perfection le style classique et possèdent un sens permanent de la mélodie qui n’est jamais sacrifiée à l’harmonie.

Dans la seconde œuvre, on change de cylindrée : l’orchestre s’étoffe de musiciens, surtout chez les « soufflants », avec des hautbois, des flûtes en nombre double. On atteint ainsi la trentaine de musiciens. Mais s’ajoutent aux instrumentistes une bonne soixantaine de choristes et quatres solistes. Au répertoire ce jour une pièce maîtresse, la Messe en Ut majeur de Beethoven. Un morceau de roi, qui s’étale largement dans le temps et use de toute la palette vocale et instrumentale. Au solo, Clotilde Fiter-Lecomte, soprano, Nadine Gabard, mezzo-soprano, Pierre Rousseau, ténor et Hervé Hennequin, basse. Là, le moteur rugit dès le départ, et il n’est plus question de manque de puissance ; les timidités initiales sont oubliées. L’œuvre emporte la fougue du jeune chef qui transmet son énergie à l’ensemble. Une messe est un exercice de style vocal, avec ses textes en latin immuables et ses mots rares accrochés à des mélodies complexes. L’ensemble à quatre voix des solistes fonctionne bien, servi par une acoustique de qualité. Le matelas de l’ « Ensemble vocal de Bordeaux », lié à l’orchestre de manière organique, apporte à la fois moelleux et puissance. On salue les nuances bien marquées tant au plan instrumental que vocal et la conduite sans bavure de Lionel Gaudin-Villard qui à l’œil sur tout, et comme tous les bons chefs d’orchestre vit son œuvre de bout en bout. Un gros succès à l’applaudimètre, un morceau de rappel, et c’est fini ! Presque deux heure de concert, et on ne s’est pas ennuyé une seconde.

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Lionel Gaudin-Villard, chef de l’EOB - Photo Bernard Lamarque BordeauxActu.com

L’Ensemble Orchestral de Bordeaux est un bel orchestre qui doit mûrir comme tous les grands orchestres. Il doit apprendre à vivre en scène et à donner dès le départ le meilleur de lui-même. Il doit opérer cette fusion symbiotique qui ne vient qu’en jouant et dans la continuité de direction. Il a d’ores et déjà de la qualité et un bon chef : Lionel Gaudin-Villard est un grand chef dans un corps menu, ce qui l’anime d’une énergie irrépressible quand il dirige. Habité il est du début jusqu’à la dernière note.

L’idée de jouer dans des lieux décentralisés par rapport à Bordeaux me semble excellente : ce n’est qu’à cette condition que le public le pluslarge pourra venir découvrir la grandeur de cette musique éternelle. L’orchestre s’est dotée en janvier 2007 d’une nouvelle structure associative, attentive aux besoins de musiciens.

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Franck Dijeau, président de l’EOB - photo Bernard Lamarque BordeauxActu.com

Elle est présidée par Franck Dijeau, directeur de l’école de musique de Cenon et de l’IREM à Bordeaux ; un Directeur Général, Frédéric Hauselman, complète l’organigramme de ce vaisseau qui a tout maintenant pour voguer dans les eaux hauturières du succès.

Jean-Michel Dauriac




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