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La cavalière Elsa - Pierre Mac Orlan - Folio gallimard

Publié le samedi 30 décembre 2006

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Un roman de politique-fiction écrit dans le contexte de la Révolution Russe. Intéressant par le style de l’auteur qui est un bon écrivain au style personnel et original. L’idée d’une conquête de l’Europe par l’Armée Rouge est audacieuse quand il écrit ce livre au tout début des années 1920. Mais en lisant l’ouvrage, on se rend vite compte que ce n’est pas l’aspect militaire ou même politique qui intéresse Mac Orlan : le communisme n’a aucune chair dans ce livre, pas de projet, juste une soif de dominer. Quand aux combats, ils ne sont même pas évoqués. Ce qui est le cœur du roman se trouve dans la rencontre d’une formidable soif de revanche d’une jeune juive allemande émigrée en Russie et des idées machiavéliques et manipulatrices des dirigeants du Parti. Ils cherchent un symbole fort pour faire avancer leurs troupe. Une icône vierge de toute scorie. Ils la fabriquent à partir de la jeune femme. Elle devient l’objet d’un culte populaire en Europe. Une sorte de Madone Rouge. Mais en même temps, elle est forcément condamnée à disparaître quand elle aura rempli son rôle, ce qui arrive brutalement à la fin du livre. C’est d’ailleurs la fin de ce roman qui est assez médiocre. On sent nettement que l’auteur n’a pas trouvé la bonne sortie, qu’il a emprunté la plus facile ou qu’il a simplement manqué d’inspiration. Un roman intéressant pour connaître cette génération d’écrivains très célèbres dans les années 1920-1950 et qui ont basculé dans un oubli quasi-total. Que Mac Orlan ait écrit « Quai des brumes » ou « La bandera », deux des grands succès adpatés par le cinéma, tout le monde ou presque l’a oublié : c’était au temps du cinéma en noir et blanc, autant dire au paléolitihique ! Cela permet aussi de méditer sur les modes en littérature et leur redoutable efficacité , dans le sens de la célébrité comme de l’oubli. Mac Orlan mérite de retrouver son rang de bon auteur français, aux côtés des Joseph Kessel, Pierre Benoît ou autres Georges Duhamel. Ca vaut largement Houellebecq ou Djian !

J.M. Dauriac 30 décembre 2006




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