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Pat metheny : The Way up, une oeuvre...

Publié le mardi 15 mars 2005

Pat Metheny : The Way Up - Nonesuch éditeur 7559-79876-2

Un peu partout la presse spécialisée musicale vient de consacrer articles et dossiers aux trente ans de carrière discographique du génial guitariste. Lequel est resté d’une formidable discrétion et d’une modestie assez exemplaire dans ce métier où les hypertrophies mégalomaniaques d’ego sont assez banales. Pat Metheny reste une des seules vraies stars du « jazz », capable de remplir un stade ou une énorme salle comme le faisaient Miles Davis ou Louis Armstrong en leur temps. Durant sa très prolifique carrière, il a toujours alterné les formations autour d’un pivot capital : le Pat Metheny Group. Les disques épurés, solos ou duos, luis sont nécessaires comme les formidables trio de « guitar hero ». Mais, très régulièrement, il revient au Pat Metheny Group, qui est son second poumon, l’autre hémisphère de son cerveau. Il y retrouve son alter ego dans la composition et l’interprétation, le pianiste-claviériste Lyle Mays, lui aussi terriblement discret, tellement qu’on oublie à quel point il est un grand interprète et compositeur.

Le cru de cette année 2005 est tout bonnement exceptionnel. « The Way Up » est ce que l’on appelle une œuvre. 68’10 de bonheur, de surprises, de maîtrise technique, harmonique, rythmique. La barre est ainsi placée très haut, hors de portée du commun des mortels. Le groupe est formé de six musiciens : P. Metheny aux guitares diverses, L. Mays aux claviers, Steve Robby à la basse et au violoncelle, Cuong Vu à la trompette et à la voix, Grégoire Maret à l’harmonica et Antonio Sanchez à la batterie. Conceptuellement il s’agit d’une seule composition de 68 minutes, qui a été découpée en quatre parties pour les besoins de la production. Deux mois d’écriture en tandem pour Lyle et Pat. La plus grande partie de cette œuvre est donc écrite, mais à l’écoute on se fait très vite piéger par l’immense talent de ces deux larrons : ça sonne souvent comme de l’impro !

Comme toutes les productions du PMG, il faut écouter, écouter et écouter encore pour trouver à chaque audition des pépites nouvelles. Une audition distraite ferait croire à une musique bien proprette pour ambiances diverses. Ce serait injuste et insultant pour ce disque. Tout y est parfaitement à sa place et j’avoue que l’on rêve de la tournée en l’entendant. Mais ce ne sera pas facile, car les parties de guitares et claviers sont souvent du « re-recording », donc impossibles à reproduire telles quelles sur scène, sauf à embaucher des musiciens ou à écrire uen version simplifiée, ce qui serait dommage. Bref, un incontournable à ajouter aux autres chefs d’œuvre du polyguitariste.

Jean-Michel Dauriac




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