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	<title>Musique dans la marge !</title>
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	<description>La musique est ma seconde respiration. Sans elle je serais mort, je meurs et je mourrai. Elle occupe ma vie depuis la tendre enfance. Dans cette section toutes les musiques ont droit de cit&#233;, de Jean-S&#233;bastien Bach &#224; John Coltrane : il n'y a pas de grande et de petite musique, de bonne et de mauvaise musique, il y a la musique qu'on aime parce qu'elle nous parle, nous &#233;meut et nous aide &#224; vivre en nous pr&#233;parant &#224; mourir heureux dans l'harmonie d'une coda &#224; &#233;crire. Critiques de gospel ou de jazz, chansons, conf&#233;rences, articles, pr&#233;sentation de livres&#8230; le bric-&#224;-brac est ici &#224; la mesure du foisonnement actuel de la musique, qui est, pour moi, la grande gagnante de la mondialisation culturelle. Ces pages seront un chantier perp&#233;tuel &#224; l'image du renouvellement permanent r&#233;alis&#233; &#224; partir d'un si petit nombre de notes ! La musique est l'antidote absolue.</description>
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	<item>
		<title>L&#233;o Ferr&#233;, une vie d'Artiste - Robert Belleret - Actes Sud Lem&#233;ac - 1996</title>
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		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

<category domain="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Chanson-Francaise-.html">Chanson Fran&#231;aise</category>

		<dc:subject>chanson &#224; texte</dc:subject>

		<description>Quelques remarques sur ce gros ouvrage r&#233;f&#233;rentiel qui pourrait devenir &quot;Le Belleret&quot; sur le grand po&#232;te-chanteur et compositeur L&#233;o Ferr&#233;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un &#233;norme livre passionnant, &#233;crit bien &#233;videmment par un passionn&#233;. Belleret, journaliste au &#171; Monde &#187; est un fan de Ferr&#233; depuis ses quinze ans et conna&#238;t tout ou presque de L&#233;o. Son livre est donc une sorte de bible de r&#233;f&#233;rence, surtout pour les d&#233;tails et la chronologie. Il s'agit bien s&#251;r d'un travail tr&#232;s long et m&#233;thodique, r&#233;alis&#233; par un professionnel de l'enqu&#234;te. Cela en fait un livre agr&#233;able &#224; lire malgr&#233; sa forte pagination. De plus, la qualit&#233; de l'&#233;dition, le format et le papier sont un incontestable plus pour le confort de lecture. C'est un livre broch&#233; tr&#232;s solide qu'on peut ouvrir compl&#232;tement sans crainte. Le papier est fin et permet d'&#233;viter une &#233;paisseur &#233;norme. Bref, un beau livre. Sur un formidable sujet.&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_61 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/ferre-belleret.jpg' width='395' height='698' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'avais ce livre dans ma biblioth&#232;que depuis plus de 10 ans, ils'agissait d'un cadeau de mes coll&#232;gues lors de ma derni&#232;re mutation. Mais je n'avais pas encore senti le d&#233;clic pour le lire, car il faut du courage pour se lancer dans la travers&#233;e au long cours d'une telle vie, le pav&#233; peut effrayer. 2007 fut le bonne ann&#233;e, mais j'ai d&#251; mettre pr&#232;s de deux mois &#224; lire compl&#232;tement l'ouvrage (en alternance avec d'autre titres plus brefs, car c'est une de mes f&#226;cheuses habitudes de mener plusieurs lectures de front).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui produit l'&#233;norme bouquin est la r&#233;union implicite de deux ouvrages en un. Bien s&#251;r Belleret ne le dit jamais, mais on s'en rend assez vite compte. Comme tous les afficionados il a eu du mal &#224; abandonner des &#233;l&#233;ments sur le bord du chemin pour all&#233;ger sa marche. Et, sans avoir pr&#233;m&#233;dit&#233; le fait, il a en r&#233;alit&#233; &#233;crit deux livres entrem&#234;l&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le premier est un biographie de L&#233;o Ferr&#233;, tr&#232;s pr&#233;cise&lt;/strong&gt;, fouill&#233;e, agr&#233;ment&#233;e de photographies et qui &#233;vite le style sensationnel pour tenter d'atteindre au c&#339;ur de l'homme Ferr&#233;. Parce que l'artiste est grand est-il aussi un grand homme ? Se demander cela a-t-il d'ailleurs un sens ? Un des grands m&#233;rites de ce livre est de nous permettre de rencontrer un &#234;tre humain complexe, pas toujours sympathique, assez souvent contradictoire. Il ne s'agit donc pas d'un hagiographie , m&#234;me si Belleret y succombe parfois au d&#233;tour d'une phrase. Mais dans l'ensemble, &#224; l'issue de cette longue vie, nous gardons le souvenir d'un homme int&#232;gre, qui peut &#234;tre cassant, qui a un certain go&#251;t pour le malheur et la solitude, un amoureux des femmes et du soleil, attach&#233; &#224; l'Italie o&#249; il a fait ses &#233;tudes secondaires en pensionnat. On d&#233;couvre que sa formation initiale est Sciens Po Paris, ce qui est assez hallucinant quand on y songe, mais L&#233;o est un fils de petit bourgeois mon&#233;gasque qui a d&#251; mener un long combat pour se rendre socialement libre, et au prix de son premier mariage, qui &#233;tait celui de sa classe sociale et de son avenir trac&#233;. Toute sa vie durant il se battra en lui-m&#234;me avec cette contradiction que les imb&#233;ciles lui ont souvent jet&#233; au visage : &#234;tre profond&#233;ment anar et malgr&#233; tout bourgeois. Mais L&#233;o est un anarchiste romantique, po&#233;tique. Il refuse l'ordre d'une soci&#233;t&#233;, mais ne s'en d&#233;barasse pas vraiment. Les pr&#233;occupations politiques des anars militants ne sont pas vraiment les siennes, mais il est fid&#232;le, comme Brassens et donnera de nombreux galas pour &#171; la cause &#187;. Il est une des grandes r&#233;f&#233;rences artistiques du milieu libertaire, &#224; juste titre. Mais ce que Belleret montre bien, et que l'on peut deviner si on &#233;coute ses chansons et po&#232;mes, c'est que la R&#233;volution est pour lui un objet po&#233;tique plus qu'un combat politique. Il doit composer entre trois forces : la vocation musicale, qui est la plus imp&#233;rative, la lucidit&#233; politique qui conna&#238;t des creux et des bosses, et la vie familiale et sociale o&#249; il a les m&#234;mes emmerdements que quiconque et m&#234;me un peu plus. Le livre nous fait tr&#232;s bien vivre cela &#224; ses c&#244;t&#233;s. Et nous sommes heureux du L&#233;o apais&#233; qui va se planter en Toscane, fait descendance, &#233;dite ses &#339;uvres et devient un artisan nomade qui parcourt les routes d'Europe. Au final, il ne m'est pas apparu forc&#233;ment sympathique, ce n'est pas n&#233;cessairement le genre de personne avec qui j'aurais aim&#233; passer quelques jours, en tout cas moins qu'avec Brassens ou Brel. Il est plus contrast&#233; que ces deux-l&#224;, il n'y pas le c&#244;t&#233; moral imm&#233;diat chez lui. Il sait et peut &#234;tre fortement antipathique. Mais il ne transige jamais avec son &#339;uvre. Il portera d'ailleurs au c&#244;t&#233; droit, comme le dormeur de Rimbaud une blessure jamais gu&#233;rie, celle de n'avoir &#233;t&#233; reconnu comme ce qu'il ambitionnait le plus, un compositeur. On comprend mieux ainsi que les derni&#232;res ann&#233;es de sa vie furent souvent pass&#233;es &#224; orchestrer et diriger des orchestres symphoniques : il n'avait plus rien &#224; prouver du c&#244;t&#233; de la chanson, il &#233;tait &#171; L&#233;o &#187; l'unique. Mais il aurait tant voulu &#234;tre aussi et surtout Monsieur Ferr&#233;, compositeur. Qu'il soit rassur&#233; &#224; titre posthume, il l'est bien, car plus on &#233;coute son &#339;uvre et plus ses climats musicaux deviennent puissants, plus on y retrouve l'influence de ses ma&#238;tres, Ravel, Debussy&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Mais le livre est aussi, tout au long du parcours, une analyse de l'&#339;uvre.&lt;/strong&gt; Une double analyse d'ailleurs : analyse chronologique passionnante et analyse th&#233;matico-litt&#233;raire, assez in&#233;gale celle-l&#224;. La partie la plus r&#233;ussie concerne tout le travail r&#233;alis&#233; autour de &#171; La m&#233;moire et la mer &#187;. J'ignorais &#233;videmment la gen&#232;se de ce texte extr&#234;mement puissant. Le talent de Belleret est de nous montrer, preuves &#224; l'appui, comme, &#224; partir d'un long texte unique, qui fut peu diffus&#233;, L&#233;o a travaill&#233; plus de trente ans, sortant des morceaux, recomposant, taillant, introduisant et camouflant. Voici une &#233;tude passsionnante, qui gagnerait d'ailleurs &#224; &#234;tre publi&#233;e &#224; part, sous forme d'un petit livre. Par contre, de nombreuses analyses de textes sont assez ordinaires et surtout elles sont tr&#232;s nombreuses et parfois lin&#233;aires. Quand L&#233;o sort un nouveau disque, Belleret cesse la biographie et nous gratifie d'une analyse s&#233;quentielle compl&#232;te des titres du dit-disque. On peut trouver cela un peu fastidieux. Bref, il y aurait eu avantage &#224; &#233;crire deux livres s&#233;par&#233;s. Du coup, l'analyse aurait d&#251; devenir th&#233;matique ou &#234;tre plus reserr&#233;e. Une excellente id&#233;e, par contre, est d'avoir donn&#233; aux intertitres des titres extraits de l'&#339;uvre de L&#233;o. Une autre bonne id&#233;e est d'avoir r&#233;alis&#233; des index forts complets en fin de volumes, tant sur toutes les chansons de L&#233;o cit&#233;es que sur les personnages et auteurs &#233;voqu&#233;s. Un gros travail tr&#232;s utile au chercheur ou au lecteur m&#233;ticuleux. Une tr&#232;s bonne discographie, compl&#232;te &#224; la date de l'&#233;dition , enrichit encore cet ouvrage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bref, vous avez deux livres pour le prix d'un gros simple. Il faut du courage pour s'y lancer, mais on n'est pas d&#233;&#231;u, on sort de ce long voyage avec L&#233;o marqu&#233; &#224; jamais, mieux arm&#233; pour &#233;couter son &#339;uvre et pr&#234;t &#224; d&#233;couvrir ce que nous n'en connaissons pas. Il faut acheter les int&#233;grales avec, et l&#224; c'est vraiment co&#251;teux ! Par contre, je ne sais pas si le livre a &#233;t&#233; depuis publi&#233; en collection de poche chez Actes Sud, mais dans ce cas-l&#224;, je crains beaucoup du changement de format pour le confort de lecture ; c'est tout le probl&#232;me des &#233;ditions Actes Sud : leurs livres sont vraiment pens&#233;s pour le format original. Il vaut donc mieux acheter la version broch&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<item>
		<title>L'improvisation du Jazz - Actes du colloque de Mons&#233;gur 2004</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

<category domain="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Musique-.html">Musique</category>

		<dc:subject>jazz</dc:subject>

		<description>un livre rassemblant une douzaine de contributions sur un th&#232;me fort du jazz.

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'improvisation du Jazz&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Actes du colloque Mons&#233;gur 2004
Presses Universitaires de Bordeaux&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_60 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/improvisation-jazz-coll-Mon.jpg' width='343' height='496' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce petit livre contient une douzaine de contributions dont la plupart ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es en 2004 lors du Colloque de Mons&#233;gur qui accompagne le festival des &#171; 24 heures du Swing &#187; une ann&#233;e sur deux. Thierry Maligne en est l'organisateur et la cheville ouvri&#232;re, il est aussi un des contributeurs. Les th&#232;mes sont assez divers, abordant des aspects g&#233;n&#233;raux ou des artistes pr&#233;cis : ainsi Steve Lacy et Django Reinhardt ont &#233;t&#233; abord&#233;s sp&#233;cifiquement, alors que des th&#232;mes plus vastes comme &#171; Improvisation et p&#233;dagogie &#187; ou &#171; improvisation et composition &#187; ouvraient des perspectives plus larges. Une table ronde r&#233;unissant des musiciens, comme Bernard Lubat ou Philippe Petit a &#233;t&#233; retranscrite.J'ai pr&#233;sent&#233; lors de ce colloque une contribution intitul&#233;e : &#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'improvisation est-elle un genre de vie ou une pratique musicale ?&lt;/strong&gt; &#187; que vous pouvez retrouver dans son int&#233;gralit&#233; sur le site. L'ouvrage peut &#234;tre command&#233; :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Presses Universitaires de Bordeaux
Universit&#233; Michel de Montaigne &#8211; Bordeaux 3 &#8211; Domaine universitaire &#8211; 33607 Pessac Cedex &#8211; France .&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le prix est de 20 &#8364;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cet ouvrage sera tr&#232;s utile aux professeurs de musique tout comme aux &#233;tudiants en musique, mais aussi aux passionn&#233;s de jazz.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>La Hache et le Violon - Alain Fleischer - le Seuil 2004 et 2005</title>
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		<dc:date>2007-08-06T21:17:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

<category domain="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Romans-.html">Romans</category>

		<dc:subject>Litt&#233;rature</dc:subject>

		<description>quelques notes sur un roman qui a fait parler de lui &#224; juste titre.

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&lt;a href="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Romans-.html" rel="directory"&gt;Romans&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://musiquesetmots.danslamarge.com/+-Litterature-+.html" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Assur&#233;ment ceci est est un bon roman. Je ne puis dire s'il deviendra un grand roman, seul le temps le dira et je ne serai plus l&#224; pour le savoir. Mais ce livre a tout ce qu'il faut pour le devenir, ensuite ce n'est plus que l'histoire complexe d'une transmission, d'une rencontre avec des g&#233;n&#233;rations de lecteurs, de choix scolaires et acad&#233;miques&#8230; Bref, une part non-n&#233;gligeable de hasard existe&#8230;&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_59 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/la-hache-et-le-violon.jpg' width='395' height='602' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le personnage principal de ce livre est un musicien et professeur de musique juif que nous rencontrons pour la premi&#232;re fois dans son appartement d'une ville d'Europe Centrale, hongroise plus pr&#233;cis&#233;ment, au c&#339;ur du ghetto, alors que &#171; la fin du monde d&#233;bute sous sa fen&#234;tre &#187;. Nous voici embarqu&#233; pour une tr&#232;s long premier mouvement qui narre l'improbable &#233;pid&#233;mie myst&#233;rieuse qui frappe les habitants de cette ville et dont nous suivons, p&#233;riode apr&#232;s p&#233;riode, l'avanc&#233;e ; Cela constitue en soi un roman de pr&#232;s de trois cents pages. Ce jeune musicien voit sa vie rythm&#233;e par trois jeunes filles toutes trois surnomm&#233;es Esther, qui se succ&#232;dent pour divers motifs dans son appartement. Esther du matin fait le m&#233;nage contre un salaire qui lui permet de poursuivre ses &#233;tudes, Esther de l'apr&#232;s-midi est une brillante &#233;tudiante en piano et Esther de la nuit est &#224; la fois la ni&#232;ce et la ma&#238;tresse de notre h&#233;ros. Fleischer entretient tout au long de cette partie l'id&#233;e que ces trois Esther sont une seule et m&#234;me personne qui compartimente sa vie autour du musicien. Et nous y croyons dur comme fer ( de hache) ! M&#234;me si cela traduit une vie bien compliqu&#233;e pour notre personnage. La Hache, c'est le nom que l'on donnera &#224; la mort donn&#233;e par cette &#233;pid&#233;mie incompr&#233;hensible, en liaison avec le bruit sec qui accompagne la frappe brutale du fl&#233;au qui ne touche en rien le corps des victimes, mais les abat comme un ch&#234;ne. Cette mort brutale est d'abord associ&#233;e &#224; la musique classique car les premi&#232;res victimes revenaient d'un concert quand elles furent frapp&#233;es. Fleischer d&#233;chaine alors son humour pour stigmatiser l'impuissance politique et m&#233;diatique. Son r&#233;cit est de la grande famille des grands r&#233;cits symboliques. La Hache est le totalitarisme dans ses diverses manifestations. Mais personne ne comprend vraiment cela et les dirigeants s'usent et se d&#233;consid&#232;rent en parades st&#233;riles jusqu'&#224; l'effondrement d&#233;finitif du syst&#232;me. La musique finit par &#234;tre, au contraire, identifi&#233;e comme LA protection id&#233;ale, apr&#232;s avoir essay&#233; toutes les variantes possibles de r&#233;gime (militaire, nationaliste, populaire&#8230;). Le ma&#238;tre de notre h&#233;ros, Chamansky est le cr&#233;ateur du violon du titre. Ce violon qui va d&#233;tourner Esther de l'apr&#232;s-midi du piano pour en faire une violoniste de talent, jouant sur un instrument parfait. Le destin de notre personnage bascule, car il &#233;pousera plus tard la fille d'une de ces Esther-l&#224;, devenue violoniste concertiste &#224; son tour. Le violon a sauv&#233; sa vie, d'une certaine fa&#231;on. R&#233;cit &#224; clefs, on peut relire de nombreuses fois cette partie, elle aura toujours quelque chose de nouveau &#224; d&#233;voiler ; c'est le propre des grands romans, et la tare des mauvais de n'&#234;tre pas &#171; relisible &#187;. Le style de cette premi&#232;re partie est travaill&#233; de mani&#232;re typiquement juive, par une r&#233;it&#233;ration de certains leitmotives, &#224; l'image de la musique kletzmer. J'ai song&#233; &#233;videmment au style du grand &#233;crivain yiddish, I.B.Singer. L'auteur nous rythme et nous prom&#232;ne ainsi avec ces &#233;l&#233;ments de rep&#232;re qui reviennent et sont devenus des &#233;vidences au bout des 289 pages.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les parties suivantes seront de plus en plus courtes et ne retrouveront que deux ou trois th&#232;mes du leitmotiv, &#171; la fin du monde &#187;, &#171; la fen&#234;tre &#187;, &#171; Esther &#187;. La seconde partie nous plonge au c&#339;ur de la Hache du XX&#232;me si&#232;cle, le nazisme. L'action est resserr&#233;e ; l'auteur voir, toujours depuis sa fen&#234;tre, les SS venir en force arr&#234;ter tous les &#233;l&#232;ves et profeseurs de l'&#233;cole de musique qui est en face de chez lui. Seul le concierge sera relach&#233;, il n'&#233;tait pas juif. On comprend vite que nous sommes embarqu&#233;s dans la logique des camps et de l'extermination, o&#249; les futures victimes de la solution finale sont accueillies par un orchestre jouant de la musique classique. Esther de l'apr&#232;s-midi est embarqu&#233;e. Commence alors un long r&#233;cit remarquable, celui d'un r&#234;ve o&#249; l'auteur est incarn&#233; dans le commandant du camp de Teresin, un officier SS. Il voit tout , comprend tout, nous explique tout, mais n'a aucune possibilit&#233; d'agir sur les faits. Esther de l'apr&#232;s-midi est la victime de cette p&#233;riode ; elle sert d'abord &#224; satisfaire le caprice du commandant, puis celui-ci l'exp&#233;die &#224; Birkenau o&#249; elle dispara&#238;t. Dans ce chapitre, Fleisher diss&#232;que formidablement bien la barbarie SS et la schizophr&#233;nie culturelle des nazis. Et ce autant avec ce qu'il dit qu'avec ce qu'il ne dit pas. C'est ici que l'on rejoint une autre caract&#233;ristique de son style : une &#233;criture de cin&#233;ma. Il travaille en longs plans-s&#233;quences, en flashbacks et en inserts, manie merveilleusement l'ellipse. C'est livre aussi visuel que sonore. C'est aussi dans cette partie qu'il d&#233;truit en quelques pages tout ce qu'il avait b&#226;ti dans la premi&#232;re partie sur les trois Esther. Il nous montre sans aucun doute qu'il s'agit de trois personnes diff&#233;rentes qui n'en ont fait qu'une par son imagination seulement. Sa ni&#232;ce, son amante est partie avec une troupe de th&#233;atre Yiddish en Palestine, avant la mise en &#339;uvre syst&#233;matique de l'extermination ; Esther de l'apr&#232;s-midi est morte &#224; Auschwitz. C'est avec Esther du matin qu'il va prendre la d&#233;cision de s'enfuir en Am&#233;rique, &#224; Chicago o&#249; il va retrouver son oncle Karoly. L&#224; commence une vie de pianiste associ&#233; &#224; la boxe, o&#249; il met au point une m&#233;thode d'entrainement des boxeurs de son oncle autour des rythmes de la musique classique. C'est une p&#233;riode assez banale qui ne portre aucun fruit. Esther meurt sans lui avoir donn&#233; d'enfant.. Il abandonne la boxe quand son oncle vend son &#233;cole et rejoint un orchestre symphonique o&#249; il est une sorte de sparring-partener des musiciens. Avec cet orchestre il va parcourir le monde, c'est ce qui nous am&#232;ne &#224; la troisi&#232;me &#233;poque, en Isra&#235;l en 2002.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre musicien a quatre-vingt dix ans, mais il a la force et la vigeur d'un homme de trente ans (est-il d'ailleurs ce vieillard ou son petit-fils, nous ne le saurons jamais). Il rencontre une violoniste superbe, appel&#233;e Esther dont il tombe amoureux et avec laquelle il va parcourir le monde. En 2002, ils sont &#224; J&#233;rusalem pour un concours de musique o&#249; il est jur&#233; et o&#249; Esther pr&#233;sente ses &#233;l&#232;ves. Et revient soudain &#171; La fin du monde sous ma fen&#234;tre &#187; qui avait disparu de l'&#233;poque am&#233;ricaine. Un attentat a lieu juste en face de l'h&#244;tel o&#249; il est, il assiste &#224; l'explosion, mais sans un bruit audible, derri&#232;re les vitres isol&#233;es du palace. Encore une fois, effet cin&#233;matographique assur&#233;. Dans la mare de sang, Esther et ses deux &#233;tudiants. Il d&#233;cide alors de s'installer en Isra&#235;l, seule terre qu'il peut envisager comme pays. Nous arrivons alors &#224; la derni&#232;re &#233;poque, situ&#233;e en 2042.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme la premi&#232;re, celle-ci nous fait basculer en plein fantastique. Isra&#235;l ne doit son salut qu'&#224; une diaspora chinoise de convertis au juda&#207;sme, d'abord venus en Isra&#235;l pour remplacer la main d'&#339;uvre juive d&#233;faillante, car il y a un exode de population juive devant l'&#233;tat de guerre permanent. Notre h&#233;ros chenu mais toujours vert rencontre alors une de ces juives chinoises, &#233;videmment rebaptis&#233;e Esther qu'il &#233;pouse et qui, cette fois, lui assurera une descendance nombreuse avec sept enfants, un peu comme dans les post&#233;rit&#233;s miraculeuses de la Torah. Puis ces chinois reviennent en Chine et se livrent &#224; une action incroyable : constituer Le Tr&#232;s Grand Isra&#235;l sur le territoire chinois, en tra&#231;ant un pays invisible, mais calquant Isra&#235;l en l'&#233;tirant aux dimensions de l'Empire du Milieu. Notre h&#233;ros habite dans la nouvelle J&#233;rusalem de Chine Yelousaleng. Il y est devenu une sorte de patriarche de 120 ans vigouerux comme un Priape dont la t&#226;che consiste &#224; ins&#233;miner de jeunes juives chinoises pour cr&#233;er une post&#233;rit&#233; de sang juif. Il a d&#233;j&#224; environ 7 000 descendants. Apparemment on se retrouve ici dans une autre parenth&#232;se du r&#233;cit. L&#224;, pas de Hache et de violon, sauf sur le blason de la ville. Mais que pourra-t-il advenir de ces nouveaux juifs chinois ? Le livree s'arr&#234;te l&#224;. Notre h&#233;ros r&#234;ve toujours de son Esther de la nuit, dont il attend le retour, qui ne peut avoir lieu que par sa mort.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que dire de ce livre ? Le style est d'abord un peu horripilant car d&#233;roulant une sorte de caricature litt&#233;raire juive ; puis on se laisse emporter. L'aspect extr&#234;mement visuel du r&#233;cit est un bel atout. L'imagination est fortement stimul&#233;e. Les trouvailles sc&#233;naristiques marchent &#224; fond, et je ne serais pas autrement surpris que Fleischer signe un jour une adaptation cin&#233;matographique de son livre. Mais je ne sais quel cin&#233;aste vivant aura le talent de mettre cela en images. Il faudrait un nouveau Fellini !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut cependant &#233;mettre des critiques. L'histoire peut &#234;tre jug&#233;e de deux points de vue oppos&#233;s avec pertinence. Soit comme un r&#233;cit &#233;sot&#233;rique extr&#234;mement bien construit, kafka&#239;en en quelque sorte. Soit comme une histoire un peu bacl&#233;e qui ne recule pas devant les facilit&#233;s pour aller au bout du r&#233;cit. Il y a sans doute des deux. La premi&#232;re partie est tr&#232;s r&#233;ussie, tr&#232;s homog&#232;ne et, avec quelques am&#233;nagements cela aurait fait un roman satisfaisant. La seconde s'encha&#238;ne assez bien, mais il faudrait sans aucun doute une conclusion plus claire qui fasse le lien avec la partie pr&#233;c&#233;dente : comment est-on pass&#233; du r&#232;gne de la musique et des musiciens se faisant &#233;lire &#224; la t&#234;te de l'appareil politique locale &#224; l'h&#233;g&#233;monie nazie. Le seul lien est fourni par le cadre temporel et les personnages, ce n'est pas du tout clair. Mais c'est avec les trois &#233;pisodes suivants, Chicago, Isra&#235;l et la Chine que l'histoire semble un peu brouillonne. Il me semble qu'il y a l&#224; des faiblesses du r&#233;cit. Le lecteur ne peut pas reconstruire tout ce qui manque. Il aurait besoin d'&#234;tre &#233;clair&#233;, mieux guid&#233;. C'est ce qui donne, quand on referme la derni&#232;re page un sentiment mitig&#233;, une sorte d'insatisfaction. Mais une autre hypoth&#232;se est que je ne sois pas assez intelligent pour comprendre ce livre, ce qui est tout &#224; fait possible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un bon livre donc, mais sans doute pas un grand livre, pour les d&#233;fauts signal&#233;s ci-dessus. Mais il faut le relire pour &#233;mettre un avis d&#233;finitif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Michel Dauriac &#8211; Ao&#251;t 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Trait&#233; de savoir-survivre par temps temps obscurs de Phillipe Val</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

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		<dc:subject>essais</dc:subject>

		<description>Un trait&#233; qui lorgne du c&#244;t&#233; de Spinoza et Freud mais ressemble en fait &#224; un Almanach Vermot un peu cuistre.

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Trait&#233; de savoir-survivre par temps obscurs
&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Philippe Val Grasset &#8211; 241 pages Paris &#8211; 2007&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_57 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/traite-de-savoir-survivre-P.jpg' width='301' height='479' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce livre est le &#171; palais id&#233;al du facteur Cheval &#187; de Philippe Val. J'entends par l&#224; qu'il y a mis tout ce qu'il a r&#233;colt&#233; comme petits et gros cailloux tout au long de son existence. Et en cela le projet est estimable. Mais en cela seulement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car ce livre est, de mon avis de lecteur habitu&#233; &#224; lire des essais, un livre soit rat&#233;, soit inutile, ce qui, dans les deux cas est assez dommage pour l'auteur et pour les lecteurs qui ont pass&#233; des heures &#224; le lire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le projet, d'abord, n'est absolument pas clair. Le titre est sans doute une r&#233;f&#233;rence &#224; l'auteur f&#233;tiche de Val, Spinoza. Mais l'analogie s'arr&#234;te l&#224;. Il serait bien s&#251;r injuste d'exiger de Val qu'il atteigne &#224; la grandeur de Spinoza, et ce n'est pas du tout ainsi que je juge le livre. Mais m&#234;me Spinoza est trahi dans ce livre . En premier lieu par l'absence de rigueur dans la construction, en second lieu par l'absence de vrai projet.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car la vraie question qui m'a occup&#233; durant toute la lecture fut : &#171; O&#249; veut-il en venir ? &#187;. Un livre n'a de sens que s'il est identifiable, si, lorsque nous le refermons, la derni&#232;re page lue, nous pouvons in petto nous le r&#233;sumer d'une phrase ou deux. Or, ici cela est proprement impossible. Le titre pouvait laisser croire qu'il y aurait une ligne de conduite sur les &#171; temps obscurs &#187; , mais ceux-ci ne sont jamais d&#233;finis. Les rares allusions permettent cependant de voir que les id&#233;es politiques de Val se rapprochent du n&#233;ant. Il est &#171; d&#233;mocrate &#187;, c'est tout ! Ce qui n'a aucun sens historique, car Staline et Mao &#233;taient d&#233;mocrates aussi. En fait Val n'a plus aucune vision de ce monde et de ces temps qui sont effectivement &#171; obscurs &#187;. Mais pour lui la seule obscurit&#233; vient de la religion et de la nature. Une seule id&#233;e traverse tout le livre et aurait pu servir &#224; construire un vrai trait&#233; : le r&#244;le de la force naturelle qu'il appelle l' &#171; esp&#232;ce &#187;, qui est l'animalit&#233; physique de tous les &#234;tre vivants complexes. A cette esp&#232;ce tyrannique, il oppose la culture et la civilisation, mais sans prendre le temps ou la peine d'ordonner ses id&#233;es ; Des notations impressionnistes pars&#232;ment le livre, mais tout cela ne fait pas un construit solide. Le premier chapitre donne d'ailleurs la cl&#233; de ce d&#233;sordre. Philippe Val s'y d&#233;finit comme un autodidacte qui a construit un savoir au fil de ses nombreuses lectures. Or, ce qui caract&#233;rise souvent les autodidactes est l'incapacit&#233; &#224; organiser leur pens&#233;e, alors m&#234;me qu'elle peut s'av&#233;rer int&#233;ressante et originale. Ce livre en est un bonne illustration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi la r&#233;fexion est plac&#233; sous un double patronnage intellectuel majeur, celui de Baruch de Spinoza et de Sigmund Freud. Pour Val, ce sont deux g&#233;nies qui ont fond&#233; le monde moderne et lib&#233;r&#233; l'homme de tous les dieux et les traditions. Ce n'est &#233;videmment pas faux d'un point de vue ath&#233;e mat&#233;rialiste, mais un juif pratiquant ou un catholique &#233;rudit auront un tout autre point de vue sans qu'il soit plus faux que celui de notre auteur. Si la pens&#233;e de Spinoza est incontestablement une pens&#233;e majeure de l'Occident, &#224; c&#244;t&#233; de celles de Saint-Augustin, Thomas d'Aquin, Montaigne ou Marx, on peut se montrer plus sceptique sur l'apport de Freud, une fois l'engouement initial pass&#233;. Certains concepts et outils sont incontestables, comme le r&#244;le de l'inconscient ou la d&#233;finition des troubles mentaux et comportementaux. Par contre les interpr&#233;tations sont discutables et Val en reprend certaines sans nuances, ce qui ne peut que faire sourire. Mais, encore un fois, il y avait l&#224; un parrainage dual qui donnait mati&#232;re &#224; une r&#233;flexion int&#233;ressante. En r&#233;alit&#233; cette occasion est rat&#233;e. Il manque vraiment une pens&#233;e qui pense l'ensemble, une pens&#233;e qui ait conscience de la n&#233;cessit&#233; de penser le tout, comme le r&#233;p&#232;te &#224; sati&#233;t&#233; Val. Au bout du compte, il ne reste qu'un patchwork extr&#234;mement in&#233;gal qui part dans tous les sens. Le lecteur qui aurait achet&#233; le livre sur son titre en sera donc pour ses frais, car il n'aura pas l&#224; mati&#232;re &#224; mieux survivre, m&#234;me s'il aura pu glaner quelques id&#233;es et quelques jolies formules au cours de sa lecture. Pour ce faire, il aura d&#251; &#233;galement avaler des chapitres de niveau terminale litt&#233;raire faible, comme celui sur la p&#233;dophilie ou le langage de la nature, voire des parties tout bonnement insignifiantes, du style &#171; Comment la foi vient aux ath&#233;es &#187; ou &#171; Gauche et droite face &#224; l'esp&#232;ce &#187;. Au final les bons passages, comme &#171; La m&#233;lancolie &#187; ou &#171; La fragilit&#233; &#187; sont noy&#233;s dans l'insipide g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce livre ressemble donc &#224; la fois au &#171; Palais Id&#233;al &#187; et au brouillon du livre qu'il pourrait &#234;tre. Il est d'ailleurs surprenant qu'une maison d'&#233;ditions r&#233;put&#233;e comme Grassetr ait laiss&#233; passer cela ; il y a l&#224; confirmation que le monde &#233;ditorial est lui aussi gangr&#233;n&#233; par la recherche du profit &#224; court terme et n'a plus beaucoup d'ambition intellectuelle, &#224; quelques heureuses et notables exceptions. C'est un livre-foutoir o&#249; l'auteur juxtapose aussi bien un &#233;talage de savoir tout neuf qui fait &#171; nouveau riche &#187; et une banalit&#233; de pens&#233;e qui fait piti&#233;. Au total un trait&#233; &#224; &#233;viter.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Michel Dauriac &#8211; Juillet 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comment les riches d&#233;truisent la plan&#232;te - Herv&#233; Kempf - Le Seuil - 2007</title>
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		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

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		<dc:subject>essais</dc:subject>

		<description>une analyse d&#233;taill&#233;e avec pas mal de citations d'un livre qui ne d&#233;veloppe qu'une seule id&#233;e.

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_56 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/Sans-titre-1.jpg' width='164' height='240' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce petit livre (125 pages de texte r&#233;dig&#233;) traite en fait d'une seule id&#233;e, importante, &#224; laquelle le titre ne rend pas forc&#233;ment justice. En le lisant, en effet, j' ai plut&#244;t song&#233; &#224; un ouvrage des Editions Sociales (&#233;ditions du PCF) de la grande p&#233;riode Georges Marchais. Il y a comme un relent de lutte des classes dans ce titrage. Or, la lecture de l'ouvrage ne correspond nullement &#224; une quelconque approche nostalgo-marxiste de la question trait&#233;e. Le sujet est extr&#234;mement contemporain, m&#234;lant mondialisation et crise de l'environnement mondial. L'ouvrage a le grand m&#233;rite d'apporter une pierre au d&#233;bat qui doit avoir lieu et de m&#234;ler de mani&#232;re indissoluble le social (pour ne pas dire clairement le politique) et l'&#233;cologie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'id&#233;e de ce livre : la croissance est &#224; remettre en question car elle m&#232;ne &#224; la ruine finale de la plan&#232;te. Or, ce sont les dirigeants de tous types, l'oligarchie mondiale, qui consomment le plus et fixent les mod&#232;les que s'&#233;vertuent &#224; copier les strates sociales inf&#233;rieures de proche en proche. Il faut donc r&#233;duire la consommation des hyper-riches et de leurs copieurs pour infl&#233;chir le mod&#232;le et couper une croissance li&#233;e au gaspillage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur l'id&#233;e principale, telle que r&#233;sum&#233;e ci-dessus, je n'ai rien &#224; redire : il s'agit d'un constat d'&#233;vidence. Revenons un peu sur la d&#233;marche et sur le contenu, avant de formuler un avis global sur ce livre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Mais on ne peut comprendre la concommitance des crises &#233;cologique et sociale si on ne les analyse pas comme deux facettes d'un m&#234;me d&#233;sastre. Celui-ci d&#233;coule d'un syst&#232;me pilot&#233; par une couche dominante qui n'a plus aujourd'hui d'autre ressort que l'avidit&#233;, d'autre id&#233;al que le conservatisme, d'autre r&#234;ve que la technologie&lt;/strong&gt; &#187; page 9&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a effectivement un &#233;vident lien entre les menaces diverses et cumulables sur la Terre, notre cadre de vie et la fa&#231;on dont nous vivons, c'est &#224; dire en soci&#233;t&#233;s organis&#233;es plus ou moins coordonn&#233;es. C'est la grande faiblesse, et pour tout dire la vanit&#233;, de la d&#233;marche de Nicolas Hulot de ne pas vouloir voir ce lien manifeste et de faire croire que tout le monde est responsable &#233;galement et que l'on va s'en sortir par un effort commun. Le livre de Kempf dynamite le pseudo- consensus de Hulot.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le premier chapitre d&#233;roule le sc&#233;nario catastrophiste, celui qui h&#233;risse tant les poils hirsutes de Claude All&#232;gre. &#171; La catastrophe. Et alors ? &#187; est son titre.Il place cette r&#233;flexion sous le double patronage de Michel Loreau, biologiste, et de James Lovelock, physicien et inventeur de l'hypoth&#232;se &#171; Ga&#239;a &#187;, qui consid&#232;re la Terre comme un &#234;tre vivant, avec toutes les cons&#233;quences possibles. Suivent ensuite les pr&#233;sentations des diverses composantes de la grande crise que nous sommes en train de fabriquer par notre oeuvre :le r&#233;chauffement climatique, la crise de la biodiversit&#233;, l'empreinte &#233;cologique globale, le choc p&#233;trolier final... Il liste les divers sc&#233;narios possibles et montre que les r&#233;ponses actuelles sont d&#233;risoires, notamment en ce qui concerne cet objet non identifi&#233; qu'est le d&#233;veloppement durable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Car personne ne peut croire que la c&#233;l&#233;bration du &#171; d&#233;veloppement durable &#187;, qui se traduit par le mitage des paysages par les &#233;oliennes, la relance du nucl&#233;aire, la culture des biocarburants, l' &#171; investissement socialement responsable &#187;, et autres d&#233;marches des lobbies en qu&#234;te de nouveaux march&#233;s puisse ne serait-ce qu'infl&#233;chir le cours de choses. Le &#171; d&#233;veloppement durable &#187; est une arme s&#233;mantique pour &#233;vacuer le gros mot &#171; &#233;cologie &#187;.&lt;/strong&gt; &#187; page 33.
Et un peu plus bas :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le &#171; d&#233;veloppement durable n'a pour fonction que de maintenir les profits et d'&#233;viter le changement des habitudes en modifiant, &#224; peine, le cap.&lt;/strong&gt; &#187; page 33.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceci est v&#233;rifi&#233; par la d&#233;fense de ce concept mou faite par des pseudo-&#233;cologistes comme Al Gore ou Claude All&#232;gre, lesquels n'envisagent pas un instant de remettre en cause la croissance et donc les profits des b&#233;n&#233;ficiaires du syst&#232;me. Pour cela on minorise la crise par trois type de facteurs. D'abord, une approche &#233;conomique qui se cache derri&#232;re la croissance du PIB, ensuite l'ignorance crasse des &#233;lites en &#233;cologie scientifique et enfin le mode de vie des d&#233;cideurs compl&#232;tement coup&#233;s de la nature et des probl&#232;mes concrets que rencontrent d&#233;j&#224; les masses en lien avec cette crise &#233;cologique. Les d&#233;fenseurs th&#233;oriques des masses, les partis de gauche, en l'esp&#232;ce les socialistes sont &#233;galement disqualifi&#233;s :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, le socialisme, devenu le centre de gravit&#233; de la gauche, est fond&#233; sur le mat&#233;rialisme et l'id&#233;ologie du progr&#232;s du XIX&#232;me si&#232;cle. Il a &#233;t&#233; incapable d'int&#233;grer la critique &#233;cologiste. Le champ est ainsi libre pour une vision univoque du monde, qui jouit de sa victoire en n&#233;gligeant les nouveaux d&#233;fis&lt;/strong&gt;. &#187; page 36&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusion de cette pr&#233;sentation :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Si rien ne bouge, alors que nous entrons dans une crise &#233;cologique d'une gravit&#233; historique, c'est parce que les puissants de ce monde le veulent. [...] Candides camarades, il y a de m&#233;chants hommes sur terre. Si on veut &#234;tre &#233;cologiste, il faut arr&#234;ter d'&#234;tre ben&#234;t.
Le social reste l'impens&#233; de l'&#233;cologie. Le social, c'est-&#224;-dire, les rapports de pouvoir et de richesses au sein des soci&#233;t&#233;s. [...]
Il faut sortir de ce hiatus. Comprendre que crise &#233;cologique et crise sociale sont les deux facettes d'un m&#234;me d&#233;sastre. Et que ce d&#233;sastre est mis en oeuvre par un syst&#232;me de pouvoir qui n'a plus pour fin que le maintien des privil&#232;ges des classes dirigeantes.&lt;/strong&gt; &#187; pages 36 &amp; 37&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout &#224; fait d'accord, camarade Kempf, mais pourquoi ne pas employer le bon mot pour d&#233;signer &#171; les rapports de pouvoir et de richesses au sein des soci&#233;t&#233;s &#187;, &#224; savoir le mot &#171; politique &#187;. Le probl&#232;me &#233;voqu&#233; est en effet clairement un probl&#232;me de gouvernement, le social n'en &#233;tant que la traduction v&#233;cue. Je ne sais pas cette prudence s&#233;mantique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le chapitre suivant s'attache donc &#224; lier crise sociale et crise &#233;cologique &#224; partir de divers exemples v&#233;cus par l'auteur dans ses reportages pour &#171; Le Monde &#187;. Il commence par d&#233;crire la pauvret&#233; &#224; partir d'un exemple au Guatemala, puis &#224; Paris. Il &#233;largit ensuite cette analyse &#224; l'Europe, en montrant ainsi les diff&#233;rentes facettes de la pauvret&#233;. Puis il &#233;tablit le constat de la progression in&#233;luctable de la richesse depuis une vingtaine d'ann&#233;es. Autrement dit, le monde devient de plus en plus in&#233;galitaire. Il introduit alors la notion, incontestable d' &#171; oligarchie mondiale &#187;. Face &#224; ce constat il n'y a donc qu'une seule solution pour att&#233;nuer les in&#233;galit&#233;s, &#171; abaisser les riches &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;D'abord m&#233;caniquement, en abaissant le revenu m&#233;dian : si le revenu global des riches diminue, ou si le nombre de riches diminue, le revenu m&#233;dian s'abaisse. [...]Ceci, qui heurte le sens commun, doit se compl&#233;ter par une autre remarque : une politique visant &#224; r&#233;duire l'in&#233;galit&#233; chercherait aussi &#224; renforcer les services collectifs qui sont ind&#233;pendants des revenus de chacun.&lt;/strong&gt; &#187; page 54&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il fait ensuite le lien entre pauvret&#233; et mis&#232;re &#233;cologique :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Deuxi&#232;me constat : la pauvret&#233; est li&#233;e &#224; la d&#233;gradation &#233;cologique.&lt;/strong&gt; &#187; page 54&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En Chine par exemple, le ministre de l'Environnement d&#233;clare en 2004, &#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'environnement est devenu une question sociale qui stimule les contradictions sociales&lt;/strong&gt;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les pauvres sont en premi&#232;re ligne des victimes &#233;cologiques :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; L'impact du changement climatique s'exercera surtout sur les parties les plus pauvres du monde &#8211; par exemple en exacerbant la s&#233;cheresse et en r&#233;duisant la production agricole des r&#233;gions les plus s&#232;ches &#8211; alors que l'&#233;mission de gaz &#224; effet de serre provient essentiellement des populations riches.&lt;/strong&gt; &#187; page 56&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le chapitre suivant, Herv&#233; Kempf s'int&#233;resse aux puissants de ce monde, aux membres de cette oligarchie mondiale d&#233;finie pr&#233;c&#233;demment comme celle qui bloque toute &#233;volution vitale du syst&#232;me-monde. Les grands patrons sont &#233;videmment les premiers vis&#233;s, avec des chiffres hallucinants d'augmentation de salaires, primes, retraites dor&#233;es et stock-options. En 2004 d&#233;j&#224; on en &#233;tait &#224; 15 000&#8364; par jour en moyenne pour les patrons du CAC 40.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Entre 1995 et 2005, le revenu tir&#233; des dividendes a cr&#251; de 52% en France, selon une enqu&#234;te de l'hebdomadaire Marianne ; dans le m&#234;me temps, le salaire m&#233;dian a augment&#233; de 7,8% soit sept fois moins [&#8230;] &#171; Ce b&#233;n&#233;fice ne r&#233;sulte d'aucune prise de risque, d'aucun comportement entrepreneurial. C'est bien un enrichissement de rentier qui s'est fait sans effort &#187;, commente Robert Rochefort dans La Croix.&lt;/strong&gt; &#187; page 61.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a m&#234;me des personnes qui arrivent &#224; gagner plus d'un milliards de dollars par an en revenu : il s'agit des dirigeants des meilleurs fonds sp&#233;culatifs am&#233;ricains. Ce ph&#233;nom&#232;ne touche tous les pays, y compris la Russie, la Chine, l'Inde. La plan&#232;te compte actuellement environ 9 millions de millionnaires en dollars et tous les continents sont touch&#233;s, certes in&#233;galement, car ils ne sont que 100 000 en Afrique. Cette classe verrouille totalement l'acc&#232;s &#224; son club, en particulier en rendant les &#233;tudes sup&#233;rieures de haute qualit&#233; intouchables pour les revenus moyens. Elle se lance dans une course ostentatoire aux biens symboliques commes les yachts ou les r&#233;sidences. On atteint l&#224; le ridicule le plus achev&#233; mais dans un gaspillage coupable et scandaleux&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le chapitre suivant, l'auteur pr&#233;sente les travaux de Thorstein Veblen, am&#233;ricain n&#233; en 1857, professeur et chercheur en sociologie. Il publia en1899 un ouvrage appel&#233; &#171; Th&#233;orie de la classes de loisir &#187; qui connut un grand succ&#232;s, puis son auteur fut oubli&#233;. La th&#233;orie de Veblen est fond&#233;e sur le postulat que toute soci&#233;t&#233; humaine voit les classes sociales rivaliser entre elles et cr&#233;er des besoins purement ostentatoires. Pour Veblen, il n'est nul besoin d'augmenter toujours la production, il faut au contraire fixer les r&#232;gles de la consommation. La classe sup&#233;rieure d&#233;finit un type de comportement social et celui-ci est directement copi&#233; par la classe juste au-dessous de celle-ci ; de proche en proche tous les groupes agisssent de m&#234;me. Sa th&#233;orie retrouve aujourd'hui une actualit&#233; aig&#252;e et semble avoir &#233;t&#233; &#233;crite pour notre oligarchie et ses imitateurs. Kempf d&#233;crit ensuite les riches du d&#233;but du XXI&#232;me si&#232;cle, et plus particuli&#232;rement celle des Etats-Unis qui donne le la mondial. Apr&#232;s cela, il en vient &#224; la question-cl&#233; :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi, d&#232;s lors, les caract&#233;ristiques actuelles de la classes dirigeante mondiale sont-elles le facteur essentiel de la crise &#233;cologique ? Parce qu'elle s'oppose aux changements radicaux qu'il faudrait mener pour emp&#234;cher l'aggravation de la situation. [&#8230;] Pour &#233;chapper &#224; sa remise en cause, l'oligarchie rab&#226;che l'id&#233;ologie dominante selon laquelle la solution &#224; la crise sociale est la croissance de la production. Celle-ci serait l'unique moyen de lutter contre la pauvret&#233; et le ch&#244;mage. La croissance permettrait d'&#233;lever le niveau g&#233;n&#233;ral de richesse, et donc d'am&#233;liorer le sort des pauvres sans &#8211;mais cela n'est jamais pr&#233;cis&#233;- qu'il soit besoin de modifier la distribution de la richesse.&lt;/strong&gt; &#187; page 86&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce constat est coupl&#233; aux d&#233;gat d&#251;s &#224; la croissance dans le champ environnemental. L'auteur en vient donc &#224; poser les bonnes questions sur la croissance et la pauvret&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Alors ? La croissance r&#233;duit-elle l'in&#233;galit&#233; ? Non, comme le constatent les &#233;conomistes pour la derni&#232;re d&#233;cennie.
R&#233;duit-elle la pauvret&#233; ? Dans la structure sociale actuelle, seulement quand elle atteint des taux insupportables durablement, comme en Chine, o&#249; m&#234;me ce progr&#232;s atteint ses limites.
Am&#233;liore-t-elle la situation &#233;cologique ? Non, elle l'aggrave.
Tout &#234;tre sens&#233; devrait, soit d&#233;montrer que ces trois conclusions sont fausses, soit remettre en cause la croissance. Or on ne trouve pas de contestation s&#233;rieuse de ces trois conclusions dont conviennent mezzo voce plusieurs organismes internationaux et nombre d'observateurs. Et pourtant, personne parmi les &#233;conomistes patent&#233;s, les responsables politiques, les m&#233;dias dominants, ne critique la croissance, qui est devenue le grand tabou, l'angle mort de la pens&#233;e contemporaine.
Pourquoi ? Parce que la poursuite de la croissance mat&#233;rielle est pour l'oligarchie le seul moyen de faire accepter aux soci&#233;t&#233;s des in&#233;galit&#233;s extr&#234;mes sans remettre en cause celles-ci. La croissance cr&#233;e en effet un surplus de richesses apparentes qui permet de lubrifier le syst&#232;me sans en modifier la structure.&lt;/strong&gt; &#171; pages 88-89&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si la croissance se r&#233;alisait dans l'immat&#233;riel, sans toucher aux ressources et au cadre de vie, elle pourrait alors &#234;tre d&#233;fendue, mais ce n'est pas le cas, quoiqu'on en dise, avec le discours sur le tertiaire et la nouvelle &#233;conomie. Donc :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'humanit&#233; prend au s&#233;rieux l'&#233;cologie de la plan&#232;te, elle doit plafonner sa consommation globale de mati&#232;res, et si possible la diminuer&lt;/strong&gt;. &#187; page 90&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusion on ne peut plus limpide. &#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Mais les hyper-riches, la nomenklatura, se laisseront-ils faire ?&lt;/strong&gt; &#187; dit notre auteur. L&#224; est la question.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le chapitre suivant est sobrement titr&#233; &#171; La d&#233;mocratie en danger &#187;. Dans ce chapitre Kempf d&#233;montre ce que des observateurs attentifs ont signal&#233; depuis plus de cinquante ans, notamment Jacques Ellul, Cornelius Castoriadis ou Claude Lefort. Il y a autant &#224; redouter de d&#233;mocraties d&#233;voy&#233;es que de dictatures.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Plut&#244;t que de dictatures aussi violentes [que celles d'Hitelr ou Staline], la classe dirigeante pr&#233;f&#232;re l'ab&#226;tardissement de la d&#233;mocratie.&lt;/strong&gt; &#187; page 93&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Suit alors, apr&#232;s cette phrase, une longue citation d'Alexis de Tocqueville, d'une formidable clairvoyance sur l'individualisme d&#233;velopp&#233; par le capitalisme am&#233;ricain (pages 93-94). Kempf montre comment depuis le d&#233;but du XXI&#232;me si&#232;cle, le terrorisme fournit un formiodable alibi &#224; des masses effray&#233;es par les m&#233;dias au service de l'oligarchie. Les masses en venant elles-m&#234;mes &#224; r&#233;clamer ces mesures qui d&#233;truisent peu &#224; peu les libert&#233;s fondamentales. De nombreux exemples sont cit&#233;s, dont le Patriot Act des Etats-Unis, mais aussi les lois liberticides fran&#231;aises depuis une dizaine d'ann&#233;es. La Russie ou l'Allemagne ont &#233;galement la m&#234;me d&#233;marche, tout comme le Royaume-Uni. La seconde arme des puissants est la prison. Les chiffres cit&#233;s sont &#233;loquents, que ce soit aux Etats-Unis, en France ou Allemagne. En brandissant le terrorisme comme menace, on en vient donc &#224; criminaliser un peu partout la contestation politique. On &#233;largit ainsi le fichier des pr&#233;l&#232;vements ADN selon le bon vouloir des autorit&#233;s. La vid&#233;o-surveillance appara&#238;t alors comme le rem&#232;de s&#233;curitaire universel et tout le monde rench&#233;rit sur le Royaume-Uni et ses millions de cam&#233;ras. Les diverses puces &#233;lectroniques, cartes, t&#233;l&#233;phones portables organisent un gigantesque flicage de la soci&#233;t&#233;. Evidemment, Kempf est bien plac&#233;, &#233;tant journaliste, pour d&#233;crire la trahison des m&#233;dias et leur r&#244;le asservisseur dans cette caricature de d&#233;mocratie. Il prend les deux exemples de la guerre en Irak et la presse am&#233;ricaine et du r&#233;f&#233;rendum sur la Constitution Europ&#233;enne en France. Dans les deux cas, les m&#233;dias reproduisaient des avis qui n'avaient rien &#224; voir avec ce que les gens du pays pensaient vraiment. La conclusion de ce chapitre est donc que le capitalisme actuel et l'oligarchie n'ont plus besoin de la d&#233;mocratie et qu'elle devient m&#234;me un boulet. Il faut donc d&#233;tourner l'attention de masses par une actualit&#233; catastrophis&#233;e, avec la complicit&#233; active des dirigeants ; mais pendant ce temps l'enrichissement continue. Or, la crise &#233;cologico-sociale (que Kempf traite dans un chapitre politique !) n&#233;cessite un processus d&#233;cisionnaire d&#233;mocratique pour r&#233;ussir. Il faut un effort &#233;quitable de tous, ce que l'oligarchie ne veut absolument pas. On peut m&#234;me craindre une forme de dictature volontaire sur la grave question &#233;cologique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y donc urgence &#224; agir et en premier lieu &#224; d&#233;busquer trois principaux obstacles qui bloquent le chemin :
1.	la croyance en la croissance doit &#234;tre combattue ;
2.	renoncer &#224; croire que le progr&#232;s technologique va r&#233;soudre les probl&#232;mes &#233;cologiques
3.	Il n'y a pas de fatalit&#233; du ch&#244;mage qui est aujourd'hui une variable d'ajustement du capitalisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour les d&#233;g&#226;ts mentaux de ces croyances, voir ma critique du livre de &lt;a href=&quot;http://blogjeanmi.danslamarge.com/2007/07/22/ma-verite-sur-la-planete-claude-allegre-plonfayard-une-verite-qui-derange-mais-par-son-incongruite/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Claude All&#232;gre, &#171; Ma v&#233;rit&#233; sur la plan&#232;te &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour Kempf il y a un quatri&#232;me point &#224; d&#233;bloquer, la croyance entre une communaut&#233; de destin entre Europe et Am&#233;rique du Nord, croyance largement cr&#233;&#233;e et soutenue par le lobby &#233;conomique capitaliste des fMN.
Kempf liste ensuite les forces en pr&#233;sence, l'oligarchie d'abord, qui semble difficile &#224; d&#233;stabiliser, puis les m&#233;dias, leurs vassaux objectifs, vivant de la publicit&#233; pour le syst&#232;me, enfin la gauche, qui semble incapable de repenser sa place.. Il termine sur une petite note d'optimisme en mettant en avant la prise de conscience de plus en plus massive de la gravit&#233; de la situation &#233;cologique dans le monde. Il ach&#232;ve le livre par une parodie des chroniques de Marcel Dassault dans &#171; Jours de France &#187; qui n'apporte rien au propos.
Enfin, une vingtaine dep ages, (127 &#224; 148) sont consacr&#233;es &#224; des r&#233;f&#233;rences, m&#233;langeant articles de presse, livres&#8230; C'est confus et mal r&#233;f&#233;renc&#233;, on n'a absolument pas envie de chercher &#224; lire cela. Kempf aurait int&#233;r&#234;t &#224; revoir cette partie en reprenant les crit&#232;res bibliographiques classiques dont il a, semble-t-il voulu se d&#233;tacher &#224; tort.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un petit livre qui pose une bonne base de discussion, m&#234;me s'il ne va pas bien loin sur les solutions : comment refaire de la d&#233;mocratie, comment reprendre de le contr&#244;le du pouvoir politique ? Quels moyens concrets de limiter ou d&#233;sarticuler les oligarchies ? Quelle &#233;chelle de temps ? Pourquoi ne pas dire que c'est d'une r&#233;volution socio-politique qu'il s'agit ? Bref, un livre int&#233;ressant mais qui ne fera pas date.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Michel Dauriac &#8211; juillet 2007&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le fichier suivant, vous trouverez un r&#233;cent &#233;ditorial de Herv&#233; Kempf, paru dans le magazine &quot;L'&#233;cologiste&quot;, qui r&#233;sume fort bien son livre et en trace aussi les limites, tout en faisant une proposition concr&#232;te qui vaut mieux que le laxisme coupable actuel.&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_58 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;a href='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/zip/pour_un_RMA_herve_Kempf-2.zip'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/ecrire/img_pack/icones/zip-dist.png' height='48' width='47' alt='Zip - 5.7 ko' title='Zip - 5.7 ko' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Pour un RMA - Herv&#233; Kempf&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Ma v&#233;rit&#233; sur la plan&#232;te de Claude All&#232;gre - Plon Fayard 2007</title>
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		<dc:date>2007-07-22T21:32:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

<category domain="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Essais-.html">Essais</category>

		<dc:subject>essais</dc:subject>

		<description>Le compte-rendu (tr&#232;s) critique du dernier ouvrage du seul Immense savant fran&#231;ais, le seul qui a tout compris &#224; tout et peut s'exprimer sur tout : Claude All&#232;gre ! Roboratif tant c'est parfois rustique.

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_55 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/Allegre-ma-verite-sur-le-pk.jpg' width='398' height='664' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voici donc le dernier ouvrage de notre unique grand savant national, le dernier mammouth du savoir solide. Le titre &#224; lui tout seul est un po&#232;me. &#171; Ma v&#233;rit&#233; &#187; affiche d'embl&#233;e une certitude de l'auteur, qui est confirm&#233;e par le contenu du premier chapitre, qui je dois le dire m'a estomaqu&#233;. Stupidement titr&#233; &#171; Terre patrie &#187;, il devrait en fait s'appeler &#171; Exercice d'autoc&#233;l&#233;bration &#187;. J'ai d&#233;j&#224; derri&#232;re moi une longue vie de lecteur, mais je n'ai pas souvenance d'avoir lu un tel chapitre de valorisation personnelle dans aucun des livres lus. La personnalit&#233; de son altesse s&#233;r&#233;nissime All&#232;gre Ier y &#233;clate au grand jour. Voici donc un monsieur qui a vraiment fait tout ce qui est important dans le domaine des sciences de la Terre qui ne pourraient avoir avanc&#233; sans son aide. Qui plus est, depuis tout petit, le g&#233;nialissime Claude aime la nature, la conna&#238;t et la comprend. Il adore aussi les cartes et le d&#233;sert. Ce ne doit pas &#234;tre le m&#234;me d&#233;sert que son ancien coll&#232;gue Th&#233;odore Monod, car le moins que l'on puisse dire est qu'il n'en a pas retir&#233; les m&#234;mes le&#231;ons ! On est loin de l'humilit&#233; de Monod, qui avance sur la pointe des l&#232;vres ses rencontres ou ses publications (1000 en tout !). L&#224;, faites place, Monseigneur All&#232;gre arrive ! Un chapitre bouffi d'orgueil, qui m'a donn&#233; envie de jeter imm&#233;diatement le livre, mais, hormis le fait qu'il m'a &#233;t&#233; pr&#234;t&#233;, je me dois de poursuivre la lecture pour en conna&#238;tre le contenu et le discuter. Je ne nie pas que, dans sa sp&#233;cilait&#233;, Monsieur All&#232;gre soit une &#171; pointure &#187;, mais cela nous apporte la preuve que le savoir et l'intelligence sont deux choses dissociables.Apr&#232;s s'&#234;tre autoc&#233;l&#233;br&#233; dix pages durant, le ci-devant auteur conclut son chapitre par ce petit paragraphe :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La Terre est ma Patrie. Je me suis battu pour la conna&#238;tre ; voil&#224; pourquoi je me battrai contre ceux qui voudraient, sous pr&#233;texte de la d&#233;fendre, d&#233;truire notre civilisation.&lt;/strong&gt; &#187; page 20&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le chevalier blanc qui a pour mission de sauver la civilisation, c'est donc lui ! Face &#224; Claude All&#232;gre, seul ou presque, vaillant Bayard du XXI&#232;me si&#232;cle, se dresse une horde d'&#233;cologistes, d'&#233;conomistes, de dangereux gauchistes, altermondialistes, croyants divers qui veulent d&#233;truire l'Homme et sa civilisation ! Rien que &#231;a !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s ce morceau de bravoure personnelle, notre h&#233;ros embraye sur un chapitre deux appel&#233; &#171; N'ayons pas la m&#233;moire trop courte &#187; o&#249; il entreprend de nous narrer quelques histoires de savants dont il compte tirer des principes moraux qui le confortent. Successivement sont d&#233;crites les recherches et les vies de Wegener, Patterson, les forfaits du Club de Rome, la d&#233;licieuse histoire du trou dans la couche d'ozone et l'amiante de Jussieu. C'est une litote que de dire que les versions donn&#233;es sont tourn&#233;es de mani&#232;re &#224; aboutir &#224; la conclusion recherch&#233;e. C'est d'ailleurs une pratique courante, et on ne peut plus surprenante d'All&#232;gre que de conclure apr&#232;s l'introduction, sans avoir rien d&#233;montr&#233;. Bizarre pour un scientifique de ce niveau. Il en fait une belle d&#233;monstration dans le chapitre 3, pages 48-49. De ce chapitre d'histoires choisies (les histoires de l'oncle Claude), il tire la conclusion que la Science est pure et constitue la seule r&#233;ponse aux probl&#232;mes de nos soci&#233;t&#233;s, face &#224; la puissance d'une &#233;conomie pr&#234;te &#224; changer d'avis si elle y trouve son profit. Dans cette optique, la morale, la culture, les mentalit&#233;s et oserais-je le dire, le bonheur, n'ont pas de r&#244;le &#224; jouer. Le savant d&#233;tient la cl&#233;, il suffit de lui laisser les r&#234;nes et si on le fait pas , ce n'est que temps perdu. Passons sur le fait que ses r&#233;cits sont parfois erron&#233;s sur des d&#233;tails, tout le monde, m&#234;me Claude All&#232;gre a le droit &#224; l'erreur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le chapitre trois permet &#224; nouveau de mieux cerner la personnalit&#233; de l'auteur qui, de mon point de vue, comme le dirait un autre grand penseur du si&#232;cle pass&#233;, Thierry Rolland, ne donne pas envie de &#171; partir en vacances avec lui &#187;.Nous d&#233;couvrons un All&#232;gre plein d'humour qui titre ce chapitre &#171; Les vacances de Monsieur Hulot &#187;. Il n'a pas pu r&#233;sister &#224; ce qu'il doit tenir pour un trait d'esprit, mais qui s'av&#232;re n'avoir pas de vrai rapport avec le contenu, car de vacances pour Nicolas Hulot, il n'est nulle part question ! Ce chapitre est un d&#233;molition syst&#233;matique de l'animateur-&#233;cologiste, de son livre et de son &#171; pacte &#233;cologique &#187;.Certains des reproches faits &#224; Hulot sont tout &#224; fait justifi&#233;s, notamment sur la faiblesse r&#233;elle des propositions et le refus de prendre position en termes politiques. C'est toute la limite de la d&#233;marche de Nicolas Hulot ! Mais All&#232;gre en profite pour r&#233;p&#233;ter de mani&#232;re circulaire que le programme de Hulot ram&#232;nerait la France au Moyen Age et cr&#233;erait des centaines de milliers de ch&#244;meurs par an. On y trouve de belles saillies qui en disent long sur l'argumentation, comme celle-ci, page 54 :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Pour arr&#234;ter les &#233;missions de m&#233;thane, va-t-on &#233;quiper le cul des vaches de filtres absorbants ou va-t-on simplement les &#233;liminer ?&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce genre de propos subtil voisine avec des contre-v&#233;rit&#233;s tr&#232;s parisiennes, comme :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'agriculture bio de proximit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e ne fera qu'accentuer l'exode rural et notre d&#233;pendance alimentaire vis-&#224;-vis de l'ext&#233;rieur&lt;/strong&gt; &#187; page 55&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dommage qu'il n'ait pas eu connaissance des conclusions de la Conf&#233;rence Internationale &#171; Agriculture biologique et s&#233;curit&#233; alimentaire &#187; tenue en mai 2006 sous l'&#233;gide de la FAO, qui conclue que la conversion totale de l'agriculture mondiale en biologique permettrait d'augmenter les rendements de 56%, nonobstant les arr&#234;ts de pollution et les maladies li&#233;es &#224; l'empoisonnement lent cons&#233;cutif &#224; l'agriculture productiviste chimique ! Mais la FAO doit appartenir au complot jud&#233;o-ma&#231;onnique mondial qui se dresse contre la clairvoyance d'All&#232;gre ! Je vous fais gr&#226;ce d'autres attaques contre Hulot et les membres de sa fondation, pr&#233;sent&#233;s comme de vrais imb&#233;ciles ou des ayatollahs, c'est selon ! Je suis d'accord avec Claude All&#232;gre que la d&#233;marche d'Hulot a plut&#244;t st&#233;rilis&#233; le d&#233;bat environnemental des derni&#232;res pr&#233;sidentielles, car un pacte sign&#233; par tous perd toute pertinence, il ram&#232;ne la discussion &#224; un consensus mou qui ne peut amener des choix discriminants. De m&#234;me, certaines propositions concernant le passage de la route au rail sont r&#233;alistes. Par contre l'intransigeance vis-&#224;-vis de la croissance est grave. Voil&#224; un monsieur qui n'accepte pas de discuter des points nodaux du d&#233;bat, alors m&#234;me qu'il &#233;crit ailleurs dans ce livre que le propre de la discussion scientifique est de comparer des arguments et de trancher apr&#232;s sans chercher le consensus. Cela signifie donc que Claude All&#232;gre consid&#232;re que la croissance et le profit capitaliste ne sont m&#234;me pas discutables ; int&#233;ressant pour un militant du parti socialiste (mais en fait pas du tout surprenant) !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Car, sans croissance, il n'y a aucune politique de l'emploi ni aucune politique sociale possible, ni m&#234;me aucune politique qui serait accpet&#233;e par les citoyens.&lt;/strong&gt; &#187; page 51&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La pens&#233;e unique totalitaire est l&#224;, pas dans le fait de proposer un arr&#234;t de croissance. All&#232;gre n'est absolument pas comp&#233;tent en &#233;conomie, mais il se permet d'ass&#233;ner ce propos comme un v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e, reprenant ainsi l'antienne de tous les hommes politiques, tous format&#233;s par les diverses formes de groupes de pression des dirigeants du capitalisme. Et pour d&#233;tourner le propos, il se permet m&#234;me d'&#233;crire en concluant le chapitre 3 :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'id&#233;al serait-il un r&#233;gime &#233;colo-totalitaire ? Certes, je ne pense pas que Nicolas Hulot ait en t&#234;te l'instauration d'un tel r&#233;gime, mais je dis que la logique de son programme y conduit. Vladimir Illitch Oulianov ne pensait probablement pas, en 1917, que le r&#233;gime qu'il instaurait allait devenir un r&#233;gime de fer, privant les citoyens de libert&#233;. C'est la logique des programmes qui donne ce genre de r&#233;sultats.&lt;/strong&gt; &#187; page 56&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bravo, monsieur All&#232;gre, cela s'appelle l'amalgame, c'est un proc&#233;d&#233; de tyran classique pour an&#233;antir un adversaire en &#233;vitant de d&#233;battre du fond. Non, Hulot n'est pas L&#233;nine, cette comparaison est scandaleuse de la part de quelqu'un qui se gargarise de la d&#233;mocratie (mais que les manifestation d&#233;mocratiques de ses administr&#233;s ont fait virer de son minist&#232;re, &#224; la suite d'amalgames multiples stigamtisant le milieu enseignant !). La derni&#232;re phrase, si je la comprends bien, monsieur All&#232;gre, dit clairement que pour &#233;viter le risque de totalitarisme, il vaut mieux &#233;viter d'avoir un programme. De ce c&#244;t&#233;-l&#224; vous &#234;tes par&#233;, votre seul programme est votre glorification.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; La secte verte &#187;, c'est le titre du chapitre suivant. Apr&#232;s s'&#234;tre acharn&#233; sur Nicolas Hulot, notre savant s'en prend &#224; l'ensemble du mouvement &#233;cologiste. Il commence par poser le principe d'&#233;quivalence entre la religion, qu'il ex&#232;cre (voir un autre de ses chefs d'&#339;uvre &#171; Dieu et la science &#187;) et l'&#233;cologie et ses adeptes. Le moins que l'on puisse dire est que c'est une d&#233;marche discutable. Mais il a besoin de cela pour d&#233;velopper ensuite sa vindicte. Il attaque donc le mouvement &#233;cologiste sur la sup&#233;riorit&#233; accord&#233;e &#224; la nature sur l'homme, reprend son refrain sur le retour &#224; l'&#226;ge des cavernes, retape un coup sur la d&#233;croissance, ridiculise la position anti-nucl&#233;aire en apportant comme argument la seule distinction entre le nucl&#233;aire militaire, tr&#232;s dangereux, et le nucl&#233;aire civil inoffensif. Argument totalement fallacieux quand on voit les cas cor&#233;ens et iraniens. Argument qui fait absolument fi des risques d'accident et du probl&#233;me de la r&#233;manence des d&#233;chets. Il s'en prend ensuite aux OGM et balance l&#224; toute son agressivit&#233; primitive et finit pas s'en prendre &#224; l'aspect religieux de l'&#233;cologie et propose m&#234;me les futurs Dix Commandements qui seront appris par c&#339;ur &#224; l'&#233;cole d&#232;s que la secte verte aura pris le contr&#244;le de l'Education Nationale. C'est un peu long mais je ne r&#233;siste pas au plaisir de vous citer ce morceau de bravoure :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les Dix Commandements (selon le pacte de M. Hulot)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La nature tu aimeras, plus que l'Homme assur&#233;ment,
Nucl&#233;aire tu combattras, sans rel&#226;che contin&#251;ment,
OGM tu d&#233;truiras, sans coup f&#233;rir obstin&#233;ment,
Effet de serre tu abhoreras, sans comprendre &#233;videmment,
D&#233;sormais tu mangeras l&#233;gumes bio uniquement, Le mouton tu sacrifieras pour les loups et ours sauvagement ;
Economie : tu ignoreras ses contraintes naturellement,
Du bois tu te chaufferas en croyant bien faire tout bonnement,
Progr&#232;s technique tu combattras, sans &#233;tats d'&#226;me et constamment, la Plan&#232;te tu v&#233;n&#233;reras, sans les Humains &#233;videmment.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A apprendre par c&#339;ur, obligatoire au bac !&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je crois que cela se passe de commentaires d&#233;taill&#233;s ; le lecteur remarquera simplement &#224; la fois le m&#233;pris pour les &#233;cologistes cens&#233;s ne rien comprendre et la pratique de l'amalgame de la totalit&#233; du mouvement &#233;cologiste &#224; sa fraction la plus dure, effectivement totalitaires, la Deep Ecology, tr&#232;s bien identifi&#233;e mais minoritaire.
Il s'en prend ensuite &#224; ceux qu' il appellent les gourous de l'&#233;cologie. Avec son incomparable humour, il parodie Sergio Leone et les surnomme &#171; Le bon, la brute et le truand &#187;. ils sont donc trois &#224; subir son ire. Le bon, c'est Nicolas Hulot, dont il d&#233;j&#224; r&#233;gl&#233; le cas dans le chapitre pr&#233;cdent. Il va donc s'occuper des deux autres : Jos&#233; Bov&#233; et Al Gore. Bov&#233;, pour lui, c'est la brute. Le casseur violent, l'abruti anti-OGM. Visiblement, ce puits de culture qu'est Claude All&#232;gre n'a pas lu les livres de Jos&#233; Bov&#233;, sinon il saurait qu'il est capable de penser et parfois fort subtilement. Le truand, c'est Al Gore, pour lequel il a le plus profond m&#233;pris, qu'il consid&#232;re comme un nul. Certes sur l'aspect financier de la d&#233;marche de Gore, il n'a pas fondamentalement tort : Al Gore a trouv&#233; un cr&#233;neau porteur, cr&#233;&#233; des soci&#233;t&#233;s de conseil environnemental, d&#233;livre des conf&#233;rence factur&#233;es au prix fort, consomme de l'&#233;nergie &#224; tour de bras et compense carbone des p&#233;r&#233;grinations incessantes. Bref, pour lui, comme pour moi, ce n'est pas vraiment le mod&#232;le &#224; suivre. Mais au-del&#224; de cet avis, il y a la forme de la mise en cause, tant pour Bov&#233; que pour Gore ; On retrouve dans ces lignes la caract&#233;ristique principale de Claude All&#232;gre, la rusticit&#233;. Que cet homme aussi fruste, rustre et sans courtoisie aucune ait pu atteindre les sph&#232;res les plus hautes de l'Etat laisse perplexe, mais en m&#234;me temps confirme la pi&#232;tre opinion que l'on a des dirigeants politiques quand on se met &#224; gratter sous le vernis public. Lui n'a m&#234;me pas le vernis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La brute, c'est sans conteste Jos&#233; Bov&#233;. Son mode d'expression, c'est d'abord et avant tout la violence. Il a h&#233;rit&#233; cela de l'activisme qu'il pratique depuis mai 68. [Bov&#233; avait 14 ans en 68 !]&#8230; Bov&#233; c'est le far west &#233;cologique&#8230;.Il doit &#234;tre en prison et y rester.&lt;/strong&gt; &#187; pages 65-66&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; comme All&#232;gre traite les gens avec qui il n'est pas d'accord ! Sans commentaires !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ensuite All&#232;gre glose sur l'agressivit&#233; des Verts qui seraient des dangereux terroristes mena&#231;ant de mort tous les gens en d&#233;saccord avec eux, semant la peur partout&#8230; Et &#233;videmment la victime innocente est ce malheureux Claude All&#232;gre, pers&#233;cut&#233; depuis sa chronique de l'Express o&#249; il remettait en cause la part anthropique du r&#233;chauffement climatique. Il s'autorise ensuite &#224; faire une petit histoire de l'&#233;cologie o&#249; il n'y a que deux camps, ses amis, comme Edgar Morin ou George Charpak, et les autres, tous des int&#233;gristes ! Ces pages sont malhonn&#234;tes et naus&#233;abondes, encore plus que ce qui pr&#233;c&#232;de, ce qui n'est pas peu dire. Enfin nous arrivons &#224; la partie &#233;l&#233;gamment titr&#233;e : &#171; Principe de pr&#233;caution : pi&#232;ge &#224; cons &#187;. Ca a au moins le m&#233;rite d'&#234;tre clair et r&#233;v&#233;lateur, encore une fois, de la finesse argumentative du personnage. Pour lui, il ne sert &#224; rien de se m&#233;fier, la science ne peut errer, il n'est visiblement pas assez intelligent pour associer en m&#234;me temps deux id&#233;es, comme la science et le capitalisme et voir que c'est l'alliance des deux, coupl&#233;e &#224; l'impuissance politique assum&#233;e qui rendent le principe de pr&#233;caution n&#233;cessaire ; Il n'est pas assez cultiv&#233; non plus pour savoir que la r&#233;flexion sur le principe de pr&#233;caution &#233;mane de deux penseurs fran&#231;ais d'un autre calibre que lui, Jacques Ellul et Bernard Charbonneau, et ce d&#232;s les ann&#233;es cinquante. Pour lui, il est n&#233; en Allemagne en 1976 ! Bref, il fait preuve dans cette partie d'une stupidit&#233; &#233;clatante mais pas innocente, car elle &#233;tablit clairement qu'il est en fait tout &#224; fait r&#233;actionnaire, lib&#233;ral et donc un pur produit de la droite classique, ce qui rend tout &#224; fait l&#233;gitime ses contacts r&#233;cents avec Nicolas Sarkozy. Enfin, ce merveilleux chapitre se cl&#244;t sur des consid&#233;rations sur l'inutilit&#233; des &#233;lus et hommes politiques &#233;colos, surtout en France. Bref, si All&#232;gre souhaite se faire des amis, il n'a pas vraiment la mani&#232;re. Un chapitre-poubelle qui devrait &#234;tre distribu&#233; aux lyc&#233;ens et &#233;tudiants en d&#233;but de cours de biologie ! Au total quatre-vingt pages ahurissantes de vanit&#233; grenouillesque et de haine primaire, le tout &#233;crit sans aucune gr&#226;ce, car entre autres d&#233;fauts, Claude All&#232;gre n'a aucun talent d'&#233;criture, il se contente d'aligner les phrases, les jeux de mots grotesques et les insultes basiques. Et &#231;a se vend, gr&#226;ce &#224; la complicit&#233; du syst&#232;me m&#233;diatique pour lequel All&#232;gre est un bon &#171; client &#187;, car capable de dire quasiment n'importe quoi &#224; n'importe qui en direct ! Apr&#232;s ces quatre-vingts pages minables, il attaque enfin le contenu r&#233;el du livre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le chapitre 4 aborde donc enfin un th&#232;me pr&#233;cis, il s'agit du r&#233;chauffement climatique. C'est un chapitre assez volumineux de 40 pages qui pr&#233;sente nettement deux parties. La premi&#232;re est &#224; la fois une charge contre ceux qui croient au &#171; Global Warming &#187; et les m&#233;dias qui diffusent cette croyance. All&#232;gre y fait l'&#233;loge du doute scientifique. Certes, on retrouve la propension du savantissime &#224; m&#233;priser les autres, mais ce qu'il &#233;crit sur le doute et les m&#233;thodes de calcul des faits climatiques est int&#233;ressant. Il cite &#233;videmment en priorit&#233; ceux qui remettent en cause le ph&#233;nom&#232;ne anthropique, mais son propos est ici plus nuanc&#233; que dans certains entretiens qu'il a pu donner r&#233;cemment. Il n'&#233;vite pas les approximations et les bourdes, ou bien tranche des questions en d&#233;bat depuis des ann&#233;es, comme lorsqu'il affirme :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Songez qu'il y a 65 millions d'ann&#233;es, une &#233;norme &#233;ruption volcanique en Inde fut le principal responsable d'une extinction &#233;norme des esp&#232;ces, dont les fameux dinosaures.&lt;/strong&gt; &#187; page 107&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceci est la position de Claude All&#232;gre, absolument pas un fait &#233;tabli scientifiquement. Il n'existe en la mati&#232;re que des hypoth&#232;ses. Dans cette premi&#232;re partie, il critique le GIEC, groupe de travail international sur l'&#233;tude du climat, &#224; l'initiative de l'ONU. Seuls ceux qui en ont d&#233;missionn&#233; ont eu raison. La charge est lourde, mais elle n'est pas fausse, surtout quand on se souvient des tractations r&#233;centes pour arriver &#224; publier une synth&#232;se pour les d&#233;cideurs qui soit accept&#233;e par les grands pays ! La critique de Kyoto est tout &#224; fait valide sur le fond, mais la forme est toujours aussi peu raffin&#233;e. Dans la seconde partie de ce chapitre, il &#233;voque &#224; la fois les faits incontestables et les rem&#232;des possibles. Sur les faits, il est assez pr&#233;cis et exact, hormis le long d&#233;bat qu'il a men&#233; sur le C02 dont il conteste la mont&#233;e anthropique (ce qui est une absurdit&#233; au moins partielle, quand on conna&#238;t les chiffres produits annuellement par notre mode de vie occidental). Sur les solutions propos&#233;es, je suis assez en accord avec lui lorsqu'il dit que la meilleure strat&#233;gie est de s'adapter aux changements en cours. Il &#233;carte ainsi les hypoth&#232;ses farfelues de certains savants. Il a m&#234;me cette phrase assez &#233;tonnante :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Ces propositions sont &#224; classer avec celle de l'homme d&#233;miurge. L'homme est assezpuissant pour menacer les &#233;quilibres naturels, donc l'homme est assez puissant pour les contr&#244;ler ! L'homme est un dieu.&lt;/strong&gt; &#187; page 126&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les propositions &#233;voqu&#233;es sont celles qui consisteraient &#224; envoyer des compos&#233;s souffr&#233;s dans la stratosph&#232;res, &#224; r&#233;pandre du fer dans les oc&#233;ans, &#224; mettre des pompes sur le trajet du Gulf Stream&#8230; Je suis heureux qu'il n'adh&#232;re pas &#224; ces projets compl&#232;tements fous. Les solutions qu'il propose dans les pages de fin du chapitre sont cens&#233;es et se retrouvent dans de tr&#232;s nombreuses d&#233;marches &#233;cologiques. La seule exception notable est ce culte de la croissance qu'il ne peut visiblement pas remettre en cause. Il r&#233;p&#232;te encore plusieurs fois qu'il est hors de question de changer le mode de vie des Fran&#231;ais et d'emp&#234;cher les pays &#233;mergents d'y acc&#233;der, alors que tous les calculs d'empreinte &#233;cologqiue d&#233;montrent le contraire, mais sans doute ne croit-il pas non plus &#224; l'empreinte &#233;cologique ? Dans le bilan que l'on peut tirer de ce chapitre il faut dire que le contenu infiormatif est assez correct, que la discussion sur le doute est salubre et que les propositions sont &#224; consid&#233;rer. Au total, ce chapitre n'est pas du tout iconoclaste, sauf sur la question du lien CO2/&#233;l&#233;vation de temp&#233;rature, qui est effectivement discutable. Et pourtant il essaie &#224; tout prix, par un style agressif parfois de mettre en avant sa perspicacit&#233; et son originalit&#233;. Dans ce cas pr&#233;cis c'est rat&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous trouvons ensuite un chapitre titr&#233; &#171; L'&#233;nergie : quelles mutations ? Quelles &#233;ch&#233;ances ? &#187;. Dans ce d&#233;veloppement, Claude All&#232;gre &#233;num&#232;re les r&#233;serves suppos&#233;es en p&#233;trole, gaz, charcon, uranium et analyse &#224; peu pr&#232;s correctement l'avenir proche. Il est d'accord pour dire que le p&#233;trole commencera &#224; faire d&#233;faut vers 2070, que le charbon est garanti plus longtemps mais pose un probl&#232;me de CO&#178;. Les &#233;nergies renouvelables ne l'emballent pas, sauf la g&#233;othermie(r&#233;flexe de g&#233;ologue) et le solaire. Il ne compte pas sur elles pour prendre le relais.Il appuie son argumentation personnelle sur trois points : la s&#233;questration du CO&#178;, les voitures hybrides et le nucl&#233;aire. Sur le premier point, il est plus solide que sur les autres car il est r&#233;ellement comp&#233;tent dans l'&#233;tude des lieux o&#249; s&#233;questrer le CO&#178; sous terre. Il soutient l'enfouissement souterrain de CO&#178; combin&#233; avec des solutions salines pour fabriquer ainsi du calcaire. Ce n'est pas une mauvaise solution, m&#234;me si elle ne saurait &#234;tre exclusive du mainitient d'un boisement important et d'un oc&#233;an propre et actif. Sur la consommation d'&#233;nergie en automobile, sa seule r&#233;ponse est la voiture hybride, car il pense que la voiture &#224; hydrog&#232;ne est pour dans pas mal de temps. Le d&#233;veloppement des transports en commun n'est gu&#232;re &#233;voqu&#233; car une des obsessions du bon Professeur All&#232;gre est de ne pas toucher au niveau de vie des Fran&#231;ais qui doit toujours progresser (donc la croissance est obligatoire). La voiture hybride est donc la panac&#233;e. C'est quand m&#234;me un argument un peu court face &#224; l'importance de la crise &#233;nerg&#233;tique en vue. De plus, il n'est jamais fait une seule allusion aux g&#233;n&#233;rations futures dont il semble se battre l'oeil &#233;perdument. Le moins qu'on puisse dire est qu'il ne s'encombre pas de soucis moraux ! C'est d'ailleurs ce qui fait de lui un fan du nucl&#233;aire ; il propose m&#234;me que l'on motorise les super-tanker au nucl&#233;aire. Il &#233;vacue d'une p&#233;riphrase les risques d'accident qui ne sont jamais s&#233;rieusement &#233;voqu&#233;s, pour lui Tchernobyl n'existe pas ! Quand au d&#233;licat probl&#232;me des d&#233;chets &#224; longue dur&#233;e de radiation, on les enterre, mais mieux encore, gr&#226;ce aux surg&#233;n&#233;rateurs il n'y en a plus : tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes d'Areva. Ce chapitre surprend par la faiblesse de son analyse de fond et son absence de consid&#233;rations &#233;thiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le suivant, sobrement titr&#233; &#171; Organismes g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s &#187;, est du m&#234;me tonneau. All&#232;gre nous a d&#233;j&#224; dit tr&#232;s cr&#251;ment ce qu'il pensait du principe de pr&#233;caution, il ne sera donc jamais &#233;voqu&#233; ici. Les OGM sont pos&#233;s comme absolument non probl&#233;matiques, alors que de tr&#232;s nombreux autres savants, dont Jean-Marie Pelt, qui n'est pas un &#226;ne, sont tr&#232;s prudents et ont des arguments r&#233;els pour cela. Pour All&#232;gre, l'OGM est quasiment miraculeux. Son texte m&#232;ne deux t&#226;ches de front : ridiculiser les faucheurs et les opposants d'une part, et de l'autre faire l'apologie du futur estampill&#233; OGM.Il pr&#233;sente donc l'ensemble de l'argumentaire des industriels du secteur, &#224; tel point que l'on peut s'interroger sur d'&#233;ventuels liens financiers entre eux et lui, tant la flagornerie est forte. Ce chapitre est sans nul doute celui qui montre le mieux le caract&#232;re scientiste born&#233; de notre savant. Le doute dont il fait un argument pour son livre ne l'effleure pas une seule fois. Il n'a visiblement pas eu connaissance des cas de barri&#232;re des esp&#232;ces qui ont &#233;t&#233; franchies, de modifications perverses. Il croit dur comme fer que la famine sera &#233;radiqu&#233;e par les OGM (cela a-t-il &#233;t&#233; le cas lors de la R&#233;volution Verte ?), que les savants cherchent avant tout &#224; gu&#233;rir les maladies orphelines par la g&#233;n&#233;tique. Il n'ccepte donc aucun compromis en la mati&#232;re. Son argument le plus fort est que la France ne doit pas &#234;tre distanc&#233;e dans la course &#224; l'innovation et &#224; la production agricole. Qu'il y ait des risques absolument non soup&#231;onnables et soup&#231;onn&#233;s ne le concerne pas. Il &#233;carte d'un revers de main l'argument de &#171; Terminator &#187; qui oblige les paysans &#224; racheter chaque ann&#233;e leurs semences, en niant le fait que cela soit tr&#232;s grave pour des millions de paysans pauvres. Il pr&#233;tend que toute l'histoire de l'agriculture est OGM, mettant sur le m&#234;me plan les croisements-s&#233;lections des paysans depuis le n&#233;olithique et les manipulations g&#233;n&#233;tiques de laboratoire des derni&#232;res d&#233;cennies. Voici un vrai mensonge prof&#233;r&#233; sans vergogne. Dans ce chapitre-l&#224; aussi, l'argumentation rel&#232;ve plus de l'incantation que de la d&#233;monstration et n&#233;glige tous les points qui f&#226;chent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le chapitre suivant, &#171; L'eau et la Terre &#187; est de loin un des meilleurs, avec celui qui le suit, &#171; Biosph&#232;re, biodiversit&#233; &#187;. l&#224;, notre grand homme ne peut nier les &#233;vidences. Il donne donc, assez sobrement des informations connues qu'il n'alt&#232;re pas et propose des solutions non-originales qui font largement consensus dans le milieu &#233;cologique. Ce n'est pas du vrai All&#232;gre comme on l'aime !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il &#233;crit ensuite un chapitre sur l' &#171; Ecologie des villes &#187;, qui reprend un livre de lui paru en 1993. Ce chapitre est &#224; vrai dire assez insignifiant. Il reprend des th&#233;matiques ultra-connues, commes les diverses pollutions urbaines de l'air, de l'eau, des sols et sous-sols, ainsi que le probl&#232;me des d&#233;chets urbains. Cela ressemble &#224; un assez laborieux devoir impos&#233;. Il n'y a, l&#224; aussi, pas l'ombre d'une r&#233;flexion de fond sur la ville et l'urbanit&#233; comme signifiant. Visiblement cela d&#233;passe ses capacit&#233;s sp&#233;culatives et ne l'int&#233;resse nullement. Il y a pourtant une vraie r&#233;flexion &#224; mener sur ce qui est en passe de devenir le mod&#232;le dominant mondial..&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais le meilleur est pour la fin, avec le chapitre &#171; L'&#233;conomie &#233;cologique &#187;. En soi, Claude All&#232;gre n'innove nullement, je dirais m&#234;me qu'il est un peu ringard par rapport &#224; ses grands amis am&#233;ricains qui ont pris en 2006 le grand virage vert de leur industrie et adopt&#233; comme slogan explicite &#171; Green is gold &#187; (ce qui est vert est de l'or !). Il veut d&#233;montrer que la croissance &#224; venir va se faire sur le besoin &#233;cologique et que la solution &#224; tous les probl&#232;mes &#233;voqu&#233;s pr&#233;c&#233;demment est simplement technologique. Pour ce faire, il se lance dans un exercice qu'il ne ma&#238;trise absolument pas, celui d'uned&#233;monstration &#224; partir d'auteurs de la discipline. L&#224; on est carr&#233;ment dans le ridicule lorsqu'il essaie d'utiliser L&#233;ontief pour &#233;tayer sa d&#233;marche. Visiblement il n'a lu que Daniel Cohen (ce qui est une excellente r&#233;f&#233;rence), mais seulement son dernier livre, ce qui est bien dommage ! Le chapitre se termine par une liste des secteurs industriels qui vont se d&#233;velopper sur les bases de l'&#233;cologie all&#233;grienne. C'est un simple r&#233;sum&#233; des quelques propositions qui ont &#233;t&#233; faites au cours des chapitres pr&#233;c&#233;dents. Rien d'original, juste les obsessions du monsieur, d&#233;j&#224; cit&#233;es. Il termine par des conseils politiques au plus haut niveau, lui qui s'est av&#233;r&#233; &#234;tre un fin tacticien quand il fut ministre !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Faisons le bilan de ce livre que je vous d&#233;conseille d'acheter, car il vaut mieux prot&#233;ger la for&#234;t que d'enrichir Claude All&#232;gre (il n'a m&#234;me pas fait imprimer son livre sur du papier recycl&#233;, le bougre !). Un livre dont le premier tiers est un vil r&#232;glement de compte avec tous ceux qu'il m&#233;prise, et &#231;a fait du monde. Des pages-torchons. Ensuite 150 pages sur des th&#232;mes o&#249; il se borne &#224; reprendre des faits extr&#234;ment bien connus, &#224; proc&#233;der parfois &#224; des approximations, &#224; promouvoir des positions sans d&#233;monstration. Bref, un livre vraiment pas rigoureux, surprenant pour un aussi grand savant. Il y a vraiment de nombreux livres que je vous conseille de lire &#224; la place de celui-ci si vous &#234;tes concern&#233;s par l'avenir de notre esp&#232;ce et de notre plan&#232;te.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Michel Dauriac &#8211; juillet 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comment je suis redevenu chr&#233;tien de Jean-Claude Guillebaud</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

<category domain="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Essais-.html">Essais</category>

		<dc:subject>essais</dc:subject>

		<description>Une recension assez pr&#233;cise du dernier ouvrage &#224; ce jour de l'essayiste Jean-Claude Guillebaud ; une mani&#232;re de faire le point apr&#232;s six livresmarquants

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &#171; Comment je suis redevenu chr&#233;tien &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;J.Claude Guillebaud&lt;/strong&gt; Albin Michel &#8211; 2007 Paris - 182 pages&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En &#233;crivant ce livre, JCG fait le point sur son parcours personnel depuis une quarantaine d'ann&#233;es, ce qui nous permet de refaire le chemin avec lui. De ses vingt ans de journaliste, comme grand reporter il dit surtout le paradoxe majeur : celui d'&#234;tre au c&#339;ur de l'histoire du monde &#224; un tournant et en m&#234;me temps cette vision horizontale qui ne donne aucun outil s&#233;rieux pour saisir ce &#224; quoi on assiste. Il raccroche le bloc-note au bout de vingt ans, non sans avoir obtenu le prix Albert Londres (ce qu'il ne dit pas car il est tr&#232;s modeste) et gagn&#233; une r&#233;putation de grand professionnel. Il n'arrivait pas &#224; se d&#233;tacher du monde et des hommes broy&#233;s par l'Histoiretoire ; il ne pouvait avoir l' &#171; indiff&#233;rence professionnelle &#187; n&#233;cessaire pour durer dans ce m&#233;tier (cf l'&#233;pisode du Vietnam narr&#233; page 29). Il devient &#233;diteur au Seuil et commence alors sa seconde existence professionnelle.&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_54 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/redevenu-chretien-JCG.jpg' width='362' height='562' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ici commence v&#233;ritablement le r&#233;cit personnel de ce livre-ci.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;JCG dit de cette p&#233;riode de plus de dix ans (1981-1995) qu'il est redevenu &#233;tudiant, se mettant &#224; lire tout ce qui lui est n&#233;cessaire pour poss&#233;der les outils qui lui manquaient. Il parcourt les sciences humaines, rencontre les penseurs fran&#231;ais qui les animent, comme Edgar Morin, Jacques Derrida, Ren&#233; Girard ou R&#233;gis Debray. Il mesure mieux ainsi tout ce qu'il ne sait pas, malgr&#233; un bagage solide acquis en formation initiale. Il a d&#233;j&#224; publi&#233; de nombreux livres, surtout des r&#233;cits de voyage ou de reportages, mais il se trouve alors dans une phase particuli&#232;re : il n'ose rien &#233;crire de &#171; s&#233;rieux &#187; durant toutes ces ann&#233;es, se contentant de publier des livres dans la lign&#233;e de ses pr&#233;c&#233;dents ouvrages. Il attendra 1995 pour &#233;crire son premier essai, &#171; La trahison des Lumi&#232;res &#187;, au titre r&#233;f&#233;rentiel &#224; Benda et &#224; sa &#171; trahison des clercs &#187;. D&#233;bute alors une recherche sur les questions primordiales de l'existence, chacun de ses livres s'interrogeant sous un certain angle la qu&#234;te de sens de la vie. Presque tous ces livres sont prim&#233;s. Tous sont bons, utiles et lus par un public fid&#232;le qui le suit de parution en parution . Son &#339;uvre est celle d'un passeur entre les chercheurs, souvent incapables de communiquer avec le public ordinaire , et ce &#171; grand public &#187; mythique qui est la base du peuple cultiv&#233; de notre pays. Car il faut &#234;tre curieux et cultiv&#233; pour lire ses livres. Chacun d'eux est le r&#233;sultat d'un prodigieux travail d'enqu&#234;te que l'on peut mesurer, si l'on a fait de la recherche en sciences humaines, par la diversit&#233; des notes, des ouvrages lus et cit&#233;s, souvent r&#233;sum&#233;s, ce qui interdit la tricherie du fumiste, si r&#233;pandue de nos jours. Les six livres parus depuis 1995 constituent une formidable encyclop&#233;die philosophique contemporaine de la pens&#233;e occidentale. Car JCG est suffisamment humble pour ne pas aller l&#224; o&#249; il n'est pas comp&#233;tent. Il laisse donc hors du champ de sa r&#233;flexion les cultures qu'il ne conna&#238;t pas assez bien pour en parler s&#233;rieusement. Belle le&#231;on qui devrait &#234;tre mieux retenue !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce livre, il explique comment pas ses longues recherches pour &#233;crire ces six gros livres il est redevenu chr&#233;tien. Pour qui le lit depuis l'origine dans ses essais, comme moi, il me semblait totalement &#233;vident que cet homme-l&#224; n'&#233;tait pas un intellectuel standard de notre beau pays, ath&#233;e, mat&#233;rialiste, anti-religieux et anticl&#233;rical. Mais sa m&#233;thode pr&#233;cautionneuse de pr&#233;sentation des diverses hypoth&#232;ses ne permettait pas de savoir exactement sa position. Il &#233;tait clair qu'il &#233;tait p&#233;tri d'humanisme, mais quid du rapport au christianisme ? &#171; Comment je suis redevenu chr&#233;tien &#187; est donc l'occasion pour les lecteurs fid&#232;les de JCG de mieux comprendre les &#233;tapes par lesquelles il est pass&#233; pour en arriver &#224; ce livre. Il est finalement tr&#232;s inscrit dans son &#233;poque : comme tous les jeunes hommes de sa g&#233;n&#233;ration, 24 ans en 1968, il a abandonn&#233; en route tout rapport &#224; la religion, naturellement, sans d&#233;chirement moral, comme quelque chose d'inutile, qu'on oublie sans s&#8216;en rendre compte puisqu'il n'en est nul besoin. Dans le grand &#233;branlement de ces ann&#233;es 1970, un monde nouveau semblait se construire, sur des utopies qui se r&#233;v&#233;l&#232;rent tr&#232;s vite meurtri&#232;res. Le communisme sovi&#233;tique ne trompait plus personne d&#233;j&#224;, le r&#234;ve mao&#239;ste fut de courte dur&#233;e, le castrisme et le gu&#233;varisme semblaient exotiques. La violence aveugle de la Bande &#224; Baader, des Brigades Rouges ou d'Action Directe menait dans une impasse suicidaire. Le monde s'embrasait un peu partout : Liban, Vietnam, Afghanistan, Iran, Irak&#8230; A ces ann&#233;es de retour &#224; la dure r&#233;alit&#233; succ&#233;d&#232;rent en France les ann&#233;es-fric ; JCG devient &#233;diteur et commence &#224; revenir &#224; l'essentiel. Il passera alors par trois &#233;tapes qu'il nommera &#171; cercles &#187; par hommage &#224; Dante sans doute (ou &#224; Soljenytsine)). Ces trois cercles travers&#233;s sont embo&#238;t&#233;s et correspondent &#224; une prise de conscience de plus en plus nette de la puissance du christianisme..&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le premier cercle est celui des &#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;sources de la modernit&#233;&lt;/strong&gt; &#187;. Celui-ci est le fruit des &#233;tudes s&#233;rieuses et pouss&#233;es que JCG a men&#233;es durant dix ans et qui interrogent les trois premiers livres de sa s&#233;rie : &#171; La trahison des Lumi&#232;res &#187;, &#171; la Tyrannie du plaisir &#187; et &#171; La refondation du monde &#187;. En &#233;crivant ces ouvrages, l'auteur fait un panorama complet de la pens&#233;e occidentale, tant dans ses sources que dans sa contemporan&#233;it&#233;. Il est alors in&#233;vitable qu'il soit interpel&#233; par l'apport des penseurs chr&#233;tiens, v&#233;ritables balises de notre culture. Car il y a bien Aristote et Platon, Montaigne et Montesquieu, Nietzsche et Heidegger, mais il y a aussi les P&#232;res de l'Eglise, Saint-Augustin, Thomas d'Aquin, Luther, Rousseau et bien d'autres dont Descartes et Pascal, ou Spinoza&#8230; A l'issue de cette longue recherche tr&#232;s productive, le constat que dresse JCG est &#233;vident : la modernit&#233; et une bonne part de nos valeurs la&#239;ques ont leur source dans le christianisme. Quand il publie &#171; La refondation du monde &#187;, il est d&#233;j&#224; sorti de premier cercle et entr&#233; dans le deuxi&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Celui-ci est titr&#233; &#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La subversion du christianisme&lt;/strong&gt; &#187; ; Et l&#224;, enfin, JCG est oblig&#233; de se d&#233;voiler et de dire l'influence consid&#233;rable qu'eut sur lui Jacques Ellul, qui fut d'abord son professeur &#224; Bordeaux, puis un de ses auteurs au Seuil. Guillebaud fut l'&#233;diteur du livre titr&#233; ainsi, qui est sans nul doute un des plus grands et des plus forts d'Ellul. Il assista &#224; la gen&#232;se de ce livre qui n'a pas pris une ride. Il fut, dit-il, frapp&#233; par la &#171; probit&#233; &#187; d'Ellul dans cet ouvrage. Et c'est exactement le mot qui convient &#224; sa d&#233;marche. Dans ce livre Ellul met &#224; jour les deux faces du paradoxe chr&#233;tien qu'il doit assumer. D'un c&#244;t&#233; le christianisme est totalement subversif par son message, tant au plan social que politique et religieux, il faut donc proclamer ce message d&#233;rangeant et pas un autre ; de l'autre, ce message a &#233;t&#233; totalement subverti par les grandes religions qui ont &#171; tu&#233; &#187; le caract&#232;re subversif initial en l'institutionnalisant. Mais tout chr&#233;tien doit assumer ensemble les deux termes du paradoxe ; il est impossible de faire autrement. JCG a r&#233;alis&#233; &#224; quel point Ellul disait vrai. Il en a &#233;t&#233; d&#233;finitivement marqu&#233;. Et il est bien qu'il rende hommage &#224; Jacques Ellul de cette mani&#232;re si pr&#233;cise, car il reste pour l'heure celui qui a su le mieux affirmer la force et la fragilit&#233; de la foi chr&#233;tienne, et le vivre ainsi, sans &#233;dulcorer le message. JCG parle d'ailleurs &#224; prop os de &#171; La subversion du christianisme &#187; de livre libertaire. Il a parfaitement raison. Ellul assumait compl&#232;tement ce paradoxe suppl&#233;mentaire d'&#234;tre un chr&#233;tien converti et un anarchiste qui se d&#233;fie compl&#232;tement de l' Etat et de tout autorit&#233; humaine. L&#224;, on sent bien que Guillebaud cale, a peur. Il reprend les propos du ma&#238;tre en les &#233;dulcorant un peu. Sa nature profonde est l&#224; ; JCG n'est pas un combattant, c'est un homme de raison, pond&#233;r&#233; et respectueux. Il a cependant saisi et assimil&#233; en lui-m&#234;me ce qu'Ellul voulait communiquer par son ouvrage : le caract&#232;re extr&#234;mement progressiste et r&#233;volutionnaire de l'Evangile, alors m&#234;me que le discours &#171; tendance &#187; est aujourd'hui &#224; la ringardisation des chr&#233;tiens par la mise en avant de ce qui en est la plus grosse caricature.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le troisi&#232;me cercle est celui de &#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;la foi comme d&#233;cision&lt;/strong&gt; &#187;. Le dernier livre de JCG en est la trace la plus nette. &#171; La force de conviction &#187; est en effet sous-titr&#233; &#171; A quoi pouvons-nous croire ? &#187; Dans ce livre-l&#224;, JCG d&#233;voile plus clairement sa position et montre le r&#244;le positif qu'a jou&#233; et que peut jouer la foi chr&#233;tienne, &#224; c&#244;t&#233; d'autres convictions. On sent, en lisant ce livre que l'auteur est plus assur&#233; sur ce qu'il croit lui-m&#234;me. La critique est aussi plus s&#233;v&#232;re sur les autres croyances du temps ; bref, l'engagement personnel de ce livre-l&#224; est plus perceptible. JCG le dit lui-m&#234;me, il est au bord du plongeoir : va-t-il sauter ? Sauter dans ce qui est le grand vide que rien ne peut expliquer, la foi. Il croit, il se retrouve chez lui au milieu des croyants juifs et chr&#233;tiens, il a maintenant la conviction de la valeur du christianisme ; Mais a-t-il cette foi du fid&#232;le, au sens &#233;tymologique ? La r&#233;citation du credo lui pose toujours probl&#232;me sur certains passages. Il est clair en le lisant qu'il n'est pas encore pass&#233; de l'autre c&#244;t&#233; du miroir, celui o&#249; notre intelligence accepte de ne pas savoir et de ne pas comprendre. La r&#233;surrection, la vie &#233;ternelle, le pardon des p&#233;ch&#233;s&#8230; tout cela n'est pas rationnel. C'est l&#224; qu'intervient cette volont&#233; personnelle qui vient &#224; la rencontre du Dieu crucifi&#233; et saisit sa Parole comme la v&#233;rit&#233;. Il a l'honn&#234;tet&#233; de dire qu'il en est l&#224;, qu'il n'a pas eu l'illumination, le chemin de Damas ou le pilier de Notre-Dame. On saluera aussi dans cette troisi&#232;me partie les propos qui rendent &#224; nos fr&#232;res juifs toute leur place dans l'origine de notre foi et de notre culture. Il serait vraiment utile que cette attitude se g&#233;n&#233;ralise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voici donc un petit livre qui n'est pas aussi tonitruant que l'&#233;tait le &#171; Dieu existe ; je l'ai rencontr&#233;&#233; d'Andr&#233; Frossart. Il s'agit plus d'un bilan de cheminement que du r&#233;cit d'une conversion. JCG est finalement rentr&#233; chez lui, dans sa famille spirituelle. Il y est bien, mais discret, pas assur&#233; de tout. Mais apr&#232;s tout qui peut &#234;tre assur&#233; de tout en la mati&#232;re ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Terminons par la tr&#232;s belle citation d'Albert Camus qui ouvre le livre :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Ce que le monde attend des chr&#233;tiens est que les chr&#233;tiens parlent &#224; haute et claire voix, et qu'ils portent leur condamnation de telle fa&#231;on que jamais le doute, jamais un seul doute ne puisse se lever dans le c&#339;ur de l'homme le plus simple. C'est qu'il sortent de l'abstraction et qu'ils se mettent en face de la figure ensanglant&#233;e qu'&#224; prise l'histoire aujourd'hui.&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Expos&#233; fait au couvent des Dominicains de La tour-Maubourg en 1948 &#8211; &#171; Actuelles- chroniques 1944-1948 &#187; Gallimard 1950.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Michel Dauriac &#8211; juillet 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un monde de ressources rares - Erik Orsenna &amp; le Cercle des &#233;conomistes - Perrin - 2007</title>
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		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

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		<dc:subject>essais</dc:subject>

		<description>Une analyse tr&#232;s s&#233;v&#232;re de ce livre au titre prometteur mais qui s'av&#232;re en fait un &#233;norme anesth&#233;siant socio-politique. De la vraie pens&#233;e unique !

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un monde de ressources rares&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Cercle des &#233;conomistes Perrin &#8211; Descartes &amp; Cie
&amp; Erik Orsenna 207 pages &#8211; 2007 Paris&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voici un livre au titre prometteur et qui s'inscrit fort bien dans une question d'actualit&#233; urgente sur le devenir des hommes et leurs activit&#233;s. En quatri&#232;me de couverture, un petit texte en italique :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la suite et l'esprit de l'ouvrage d'Erik Orsenna &#171; Voyages au pays du coton&lt;/strong&gt; &#187;, ce livre d&#233;cortique les enjeux d'une strat&#233;gie efficace pour lutter contre la raret&#233; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L&#224;, j'aurais franchement d&#251; me m&#233;fier ! Mais au lieu de bien me fixer sur &#171; strat&#233;gie efficace pour lutter contre la raret&#233; &#187;, je me suis surtout laiss&#233; prendre par le d&#233;but de la phrase. J'avais bien aim&#233; le livre cit&#233; (voir critique de cet ouvrage sur ce site :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://blogjeanmi.danslamarge.com/2006/06/04/voyage-aux-pays-du-coton-%e2%80%93-petit-precis-de-mondialisation-erik-orsenna-%e2%80%93-fayard-2006/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://blogjeanmi.danslamarge.com/2006/06/04/voyage-aux-pays-du-coton-%e2%80%93-petit-precis-de-mondialisation-erik-orsenna-%e2%80%93-fayard-2006/
&lt;/a&gt;
,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;j'ai donc achet&#233; celui-ci.&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_49 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/monde-de-ressources-rares.jpg' width='537' height='730' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les premi&#232;res pages noient le poisson sous des consid&#233;rations personnelles de notre aimable acad&#233;micien socialiste. Il y fait &#233;tat de sa profession d'&#233;conomiste et de sa passion constante pour cette discipline, y compris dans son &#339;uvre litt&#233;raire. Sympathique mais anecdotique. On y revient sur le coton, on se retrouve dans une de ces r&#233;unions post-coloniales avec les chefs d'Etat africains. Bref c'est encore la chiraquo-Mitterrandie !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ensuite, le vif du sujet : &#171; Aujourd'hui la raret&#233; &#187;. Partie programmatique qui annonce le plan du livre, extr&#234;mement construit, comme un bon cours universitaire ou un rapport international. Aussi froid et impersonnel &#233;galement. Le chapitre un est un des plus int&#233;ressants du livre, car il donne la vision de la raret&#233; par les &#233;conomistes et leur cr&#233;neau d'activit&#233; :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Ce livre se veut guide d'action, &#224; partir d'une analyse rigoureuse de ce que sont les raret&#233;s aujourd'hui et propose quatre grandes modalit&#233;s d'un r&#234;ve, celui d'une vraie gouvernance &#233;conomique mondiale&lt;/strong&gt; &#187; page 26&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Un monde de ressources rares exige des progr&#232;s de la r&#233;gulation &#187; page 27&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;avec ces deux citations tout est dit : les &#233;conomistes veulent le pouvoir mondial, &#233;tant bien compris que c'est l'&#233;conomie qui doit diriger la plan&#232;te. La raret&#233; se g&#232;re avec plus de r&#233;gulation, donc plus d'&#233;conomistes, de gauche sociale-d&#233;mocrate de pr&#233;f&#233;rence. De cette profession de foi d&#233;coule une des rares vraies propositions de ce livre :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Nous appelons d&#232;s &#224; pr&#233;sent &#224; l'&#233;largissement du G8 aux principales puissances &#233;mergentes. Nous soutenons &#233;galement la cr&#233;ation d'une Agence Internationale de l'Environnement et du D&#233;veloppement durable. Mais n'oublions pas pour autant que nombre de sujets doivent &#234;tre appropri&#233;s et g&#233;r&#233;s au niveau local. C'est notamment le cas pour l'eau, l'agriculture, la sant&#233;, la qualification et l'innovation&lt;/strong&gt; &#187; page 27&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; pour le glocal. Pour en arriver &#224; ces propositions qui sont les plus percutantes du livres il a fallu des Rencontres avec plus de 150 intervenants de haut niveau, &#233;conomistes connus et personnalit&#233;s &#233;conomiques, cornaqu&#233;s par Christian de Boissieu ! Face &#224; l'urgence de la raret&#233;, il n'y a pour ces grands esprits que des agences internationales, un G quelque chose et une gestion locale dont les contenus ne seront nulle part pr&#233;cis&#233;s. Un peu plus loin deux petits morceaux de phrase :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La gouvernance reste &#224; inventer pour ces raret&#233;s &#8230;&lt;/strong&gt; &#187; page 28&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Notre ambition d'&#233;conomistes est de lutter contre la raret&#233;, sans faire le moins du monde le proc&#232;s de la croissance.&lt;/strong&gt; &#187; page 29.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au moins c'est clair ! J'aurais d&#251; jeter le livre &#224; ce moment-l&#224;, car tout &#233;tait dit, mais par une curiosit&#233; malsaine, un peu comme le bless&#233; l&#233;ger qui soul&#232;ve son pansement pour voir la plaie, j'ai continu&#233;. En clair, pour ceux qui ne seraient pas habitu&#233;s &#224; la langue de bois de ce peuple merveilleux des &#233;conomistes de cour, voici des experts qui nous annoncent qu'ils n'ont aucune id&#233;e de la fa&#231;on dont on pourrait g&#233;rer cela (la gouvernance, cet affreux mot-valise ne dit rien d'autre !) et qui nous rassurent sur le fond : pas de risque de cibler la croissance, dogme infaillible de l'&#233;conomiste de pouvoir. L'un d'entre eux serait-il capable, monsieur Orsenna par exemple, de m'expliquer, &#224; moi pauvre cr&#233;tin des Alpes et aux dizaines de millions de ses cons citoyens non &#233;clair&#233;s, comment on en est venu &#224; la raret&#233; qui se pointe sur le p&#233;trole, les minerais, l'eau... ? Cela n'aurait donc rien &#224; voir avec la production, facteur num&#233;ro un de la croissance ? L'acier fabriqu&#233; depuis deux cents ans par les grands pays du monde n'expliquerait donc pas la rar&#233;faction du fer ? Pas plus que les automobiles produites pas dizaines de millions chaque ann&#233;e n'expliqueraient la prochaine crise du p&#233;trole, la derni&#232;re, celle de sa fin ? Donc, on ne fait pas de lien entre production, gaspillage et disparition de ressources non-renouvelables. Voil&#224; qui est fort dr&#244;le, mais qui, sans aucun doute ne fera pas ciller la plupart des lecteurs du livre, tellement lobotomis&#233;s par la spirale vertueuse &#171; emplois-consommation-croissance-emplois&#8230; &#187;. On ne peut &#233;voquer les raret&#233;s sans, au moins, poser comme une des hypoth&#232;ses, un autre mode de vie et un autre syst&#232;me &#233;conomique que la dictature du PIB croissant. Sinon, il s'agit de malhonn&#234;tet&#233; intellectuelle ! Et c'est ce que fait ce livre tout au long de ces pages, o&#249; effectivement, jamais la croissance n'est attaqu&#233;e, pas plus que le syst&#232;me capitaliste ou financier en sa l&#233;gitimit&#233; profonde. Une fois ces limites absolues pos&#233;es, nos chers &#233;conomistes peuvent alors d&#233;rouler une glose de type &#233;narque qui ne dira rien de d&#233;sagr&#233;able et ressemblera, quant au fond, &#224; un d&#233;bat Sarkozy-Royal sur la croissance. Il suffit ensuite de poser quatre principes directeurs qui donneront les quatre parties suivantes et on a la bonne disssertation anesth&#233;siante voulue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Quatre principes g&#233;n&#233;raux se d&#233;gagent : les principe d'urgence (deuxi&#232;me partie), le principe d'innovation (troisi&#232;me partie), le principe de d&#233;veloppement durable et &#233;quilibr&#233; (quatri&#232;me partie) et celui d'une nouvelle gouvernance mondiale (cinqui&#232;me partie)&lt;/strong&gt; . &#187; page 30&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Emballez, c'est pes&#233; ! Ensuite, comme on dit en sport, on &#171; d&#233;roule &#187; la r&#233;thorique. On pr&#233;sente les quatre th&#232;mes, avec au passage des phrases absurdes, comme celle-ci :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; Le climat appara&#238;t aujourd'hui comme un bien public collectif, et en m&#234;me temps un sujet majeur de dissenssions internationales &#187; page 30&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux fautes en une seule phrase : un bien public est toujours collectif, bravo pour le pl&#233;onasme ! Et surtout, ce n'est pas le climat qui est un bien public, ce qui n'a pas de sens (interrogez donc un climatologue !), mais les constituants du climats que sont l'eau et l'air.
Ce chapitre de probl&#233;matique se cl&#244;t d'ailleurs par une phrase qui contient toute la contradiction sui generis de nos &#233;conomistes. M&#233;ditez sur cette doublette de phrases !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; La r&#233;ponse aux nouvelles raret&#233;s n'implique donc pas de renoncer &#224; la croissance, au contraire. Elle impose, par exemple d'accepter le renouveau du nucl&#233;aire et le d&#233;veloppement d'OGM. Mais elle suppose aussi le changement profond des modes de consommation des pays d&#233;velopp&#233;s, un progr&#232;s des formes de redistribution et surtout une refondation de la gouvernance mondiale&lt;/strong&gt; &#187; page 32&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Imaginons que Tchernobyl n'ait jamais eu lieu, que les OGM ne produisent jamais aucun cancer ou aucune mutation en cha&#238;ne dans le monde vivant ! A quoi bon s'embarrasser de ce fichu principe de pr&#233;caution qui nuit tant &#224; la croissance et aux FMN. Ce sont des propos qui peuvent, plus tard dans l'histoire, devenir ceux d'assassins publics, quand les g&#233;n&#233;rations futures feront faces &#224; nos d&#233;chets nucl&#233;aires et aux maladies aff&#233;rentes, quand les OGM auront modifi&#233; la biosph&#232;re. Mais la seconde phrase est dr&#244;latique qui parle sans le nommer d'une obligatoire asc&#232;se de consommation en Occident. Il faudra alors bien du talent pour expliquer que consommer moins, avoir moins de pouvoir d'achat est encore de la croissance, surtout au bon populo qui a bien retenu le message simplificateur qu'on lui mart&#232;le depuis cinquante ans (voir au-dessus).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout ceci est tir&#233; du seul vrai premier chapitre du livre !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il serait tout aussi ais&#233; de se livrer &#224; une analyse critique serr&#233;e du contenu de chaque chapitre et cela s'av&#232;rereait tr&#232;s &#233;clairant sur la faiblesse r&#233;elle du sens, masqu&#233;e par la r&#233;thorique, plus ou moins complexe selon les r&#233;dacteurs. Car un autre des probl&#232;mes de ce livre est que les auteurs sont inconnus. Mais il est tr&#232;s facile de se rendre compte des diff&#233;rences de style, certains chapitres &#233;tant du pur jargon absolument inintelligible &#224; qui n'a pas fait d'&#233;tudes d'&#233;conomie, mais dont le sens profond est tout aussi creux que le reste. Car en fait, ce livre est un catalogue d'&#233;vidence et de poncifs, sans aucune vraie proposition, un simple listing de certaines exp&#233;riences r&#233;alis&#233;es dans le monde. Aucune vision du monde n'habite ces pauvres &#233;conomistes de haut niveau, mais ils en sont fiers puisque la seule finalit&#233; de leur discipline est d'exercer la gouvernance mondiale de la raret&#233;, dont l'outil majeur est la fixation des prix. On croirait lire un manuel d'initiation &#224; l'&#233;conomie et le br&#233;viaire d'une secte un peu simpliste. Plut&#244;t que de diss&#233;quer chaque chapitre, je pr&#233;f&#232;re donner au lecteur, que je ne prends pas pour un imb&#233;cile, des extraits particuli&#232;rement r&#233;v&#233;lateurs de la d&#233;marche.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Il est urgent que les pays industrialis&#233;s r&#233;alisent que la relation entre les riches et les pauvres, et la gestion de l'aide d&#233;passent de loin le seul imp&#233;ratif de solidarit&#233; et conditionnent l'efficacit&#233; d'une gestion collective de la raret&#233; dans ses diff&#233;rentes formes&lt;/strong&gt;. &#187; page 51&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'en termes choisis cela est dit ! Si tu n'aides pas ton semblables (pour en pas dire ton prochain ou l'Autre) par humanit&#233;, fais-le par souci &#233;conomique : nous trouvons l&#224; toute l'id&#233;ologie r&#233;sum&#233;e de l'humanitaire instrumentalis&#233;e par les pouvoirs &#233;conomiques et politiques (&#233;coulement des surplus de march&#233;, conqu&#234;te de nouveaux march&#233;s par changement de r&#233;gimes alimentaires, bouleversement des modes de vie et valeurs&#8230;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Continuons donc cette promenade au merveilleux pays de l'&#233;conomie !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Page 71 : &#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'objectif ne consiste plus &#224; atteindre l'autonomie alimentaire, &#233;videmment impossible dans les pays d&#233;velopp&#233;s, demandeurs de vari&#233;t&#233;, mais la s&#233;curit&#233; alimentaire.&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'expression &#171; autonomie alimentaire &#187; est mise l&#224; seulement pour ne pas citer le concept &#233;conomique de &#171; souverainet&#233; alimentaire &#187; port&#233; par les altermondialistes. Celui qui aura lu attentivement ce qui pr&#233;c&#232;de remarquera que ce passage est en contradiction ferme avec les propos de la page 32 rapport&#233;s plus haut sur le n&#233;cessaire changement de mode de consommation. La s&#233;curit&#233; alimentaire est un concept de la m&#234;me famille que la s&#233;curit&#233; &#233;nerg&#233;tique, dont on a pu mesurer la fragilit&#233; lors de deux chocs p&#233;troliers et des crises li&#233;es &#224; la guerre du Golfe ou celle d'Irak actuellement. Une crise alimentaire ne cr&#233;&#233;e pas seulement une tension sur les prix et d&#233;placements, mais elle am&#232;ne des populations &#224; la disettes, la famine et la mort ! Le capitalisme a tu&#233; l'agriculture dans son localisme pour en faire l'industrie de la terre. Le XXI&#232;me si&#232;cle pourrait &#234;tre celui d'un retour aux dures contraintes de l'alimentation &#224; se procurer sur place, crise des &#233;nergies oblige !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un magnifique exercice de contorsionniste digne de Houdini, page 77 :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; Le d&#233;fi du pr&#233;sent si&#232;cle, c'est de produire davantage d'&#233;nergie pour alimenter le d&#233;veloppement &#233;conomique des pays &#233;mergents et des pays les plus pauvres tout en g&#233;rant de fa&#231;on soutenable le changement climatique. C'est le sens du d&#233;veloppement durable. Il ne s'agit donc pas d'un troisi&#232;me choc p&#233;trolier mais plut&#244;t d'un changement de paysage&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y aurait tout un article &#224; &#233;crire sur cette seule citation, tant elle est &#224; la fois cynique, ghrotesque, mensong&#232;re et pleine de contradictions. Je me bornerai &#224; donner les axes critiques.
&#171; Produire davantage d'&#233;nergie &#187; appara&#238;t donc &#224; nos savants comme le d&#233;fi ; alors que tous les sp&#233;cialistes de g&#233;ologie mini&#232;res, sauf Claude All&#232;gre, la science ait son &#226;me !, savent que les ressources naturelles, dont &#233;nerg&#233;tiques, ont &#233;t&#233; consomm&#233;es sans retenue depuis deux cents ans et qu'on s'achemine vers la rar&#233;faction. Il est donc criminel d'&#233;crire qu'il faut produire plus ; c'est h&#226;ter le saccage et laisser nos successeurs nus. Pour quelles finalit&#233;s cela ? &#171; Alimenter le d&#233;veloppement &#233;conomique des pays &#233;mergents et des pays les plus pauvres &#187;. Apr&#232;s la croissance, voici l'autre pilier du mod&#232;le intouchable, un autre des impensables. Concept occidental s'il en est, ce mod&#232;le est le cheval de Troie de l'exploitation capitaliste et lib&#233;rale, la cinqui&#232;me colonne des multinationales, le malheur des pays du Sud. Nous leur offrons &#224; la fois le mod&#232;le et l'&#233;chec de ce mod&#232;le ! Mais nos &#233;conomistes raisonnables ne se posent aucune question. Il faut continuer, m&#234;me si cela ressemble &#224; un suicide collectif et &#224; une mise sous tutelle implacable de quatre milliards d'individus sur six aujourd'hui et bien plus demain. Le ratrapage et l'&#233;galisation des niveaux de d&#233;veloppement sont tout bonnement impossibles, d'abord techniquement en raison de l'empreinte &#233;cologique qu'ils supposent, mais surtout parce que les in&#233;galit&#233;s sont le moteur de la croissance capitaliste ; Il y a donc l&#224; un double mensonge. Cette citation l&#232;ve d&#233;finitivement le masque sur le &#171; d&#233;veloppement durable &#187;, cette imposture m&#233;diatique occidentale, qui fait comme si on pouvait n&#233;gocier avec le climat comme avec un syndicat ! Enfin, la derni&#232;re phrase plaira beaucoup au lecteur attentif par sa clart&#233; et sa pr&#233;cision, digne d'un po&#232;me romantique,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous en voulez encore, vous n'&#234;tes pas rassasi&#233;s ? Tir&#233; de la partie courageusement titr&#233;e &#171; Imposer un d&#233;veloppement durable et &#233;quilibr&#233; &#187;, et du chapitre &#171; Les exigences du climat &#187;, page 120, voici ce que nous lisons :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le rapport du groupe &#171; facteur 4 &#187; a &#233;t&#233; rendu public en 2006 (&#171; Division par quatre de gaz &#224; effet de serre de la France &#224; l'horizon 2050 &#187;, la	Documentation Fran&#231;aise 2006), un peu avant la pr&#233;sentation du rapport Stern en Grande-Bretagne. Dans les deux rapports, l'exigence d'une croissance suffisante pour l'essor de l'emploi, la progression du niveau de vie et la gestion des r&#233;formes structurelles est rappel&#233;e. Il ne s'agit donc pas de se r&#233;fugier dans la fausse solution de la &#171; d&#233;croissance &#187;, mais de r&#233;duire le contenu de la croissance en GES, sp&#233;cialement en CO2&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L&#224; au moins c'est clairement dit : la fausse solution s'appelle la &#171; d&#233;croissance &#187;, qui a droit &#224; des guillements comme on met des gants pour sortir les poubelles ! Ce passage est aussi assassin que les pr&#233;c&#233;dents, car il ram&#232;ne les enjeux de survie de la Terre et des Hommes aux seul Gaz &#224; effet de serre. Ceci s'appelle une m&#233;tonymie invers&#233;e, faire prendre le particulier pour le g&#233;n&#233;ral ! Je suis partag&#233; entre la col&#232;re et la piti&#233; envers ce c&#233;nacle de pseudo-penseurs : feignent-ils d'ignorer que le probl&#232;me porte sur une ensemble de facteurs interd&#233;pendants et que les GES sont un &#233;piph&#233;nom&#232;ne l&#224;-dedans, ou bien sont-ils vraiment convaincus des &#226;neries qu'ils &#233;crivent et font publier ? Je penche pour la premi&#232;re hypoth&#232;se. Produire toujours plus, c'est consommer toujours autant et plus de mati&#232;res premi&#232;res en voie de rar&#233;faction, c'est &#233;lever le niveau de vie, donc pousser m&#233;caniquement &#224; la consommation mat&#233;rielle, donc &#224; la croissance des besoins, donc de l'emploi et donc des indicateurs de croissance et on continue. Il est irresponsable de faire croire aux gens, et ici aux Fran&#231;ais, que c'est en roulant dans une voituire hybride (qui rejette moins de CO2) qu'ils vont r&#233;gler le probl&#232;me. C'est se faire les complices objectifs d'un homicide de masse dont les grandes firmes, leurs actionnaires anonymes et une infime minorit&#233; d'humains sont les promoteurs et b&#233;n&#233;ficiaires. Accepter de discuter de la croissance, de sa fin, de son ralentissement ou de son remplacement par autre chose n'est pas revenir au Moyen age et &#224; la bougie ; on peut donner du mieux-&#234;tre &#224; tout le monde sur cette plan&#232;te, mais pas en produisant plus ; en acceptant que nous, les riches nous r&#233;duisions notre consommation, d'ailleurs souvent compulsive et d&#233;bile, donc de facto notre pouvoir d'achat, mais en m&#234;me temps que soient mis en place des moyens coercitifs de redistribution r&#233;elle et de limitation des profits, seule condition pour que cela se fasse. Faire confiance au March&#233; et &#224; l'humanisme des grands patrons et actionnaires est un leurre pitoyable indigne de gens cultiv&#233;s comme nos auteurs. J'en d&#233;duis donc qu'ils sont compl&#232;tement ali&#233;n&#233;s par le syst&#232;me qui les forme et les emploie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lisez maintenant attentivement la citation qui suit, tir&#233;e du chapitre suivant :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;En r&#233;alit&#233;, la situation est plus grave encore et plus complexe aussi. Car il faut ajouter que le scandale des in&#233;galit&#233;s se double d'un risque majeur : la consommation acc&#233;l&#233;r&#233;e des ressources et l'accumulation des pollutions pourraient bien signifier, sinon la fin de la vie de notre satellite du moins un fonctionnement irr&#233;versiblement et gravement endommag&#233;. En outre, il n'y pas de pilote dans le vaisseau. Certes, un pays, les Etats-Unis pr&#233;tend piloter. Mais le plus puissant est-il le meilleur pilote ?&lt;/strong&gt; &#187; page 127&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si vous ne trouvez pas de contradiction flagrante entre ce passage et le pr&#233;c&#233;dent, consultez imm&#233;diatement un neurologue ! Ici sont soulign&#233;s les risques &#233;vidents en deux domaines en particulier, les ressources et les pollutions. Les cons&#233;quences dramatiques sont effleur&#233;es avec des termes forts, comme &#171; fin de vie &#187;, &#171; irr&#233;versiblement &#187;, &#171; gravement endommag&#233; &#187;. On comprend bien que les auteurs de ce chapitre ne sont pas les m&#234;mes que le pr&#233;c&#233;dent ! Comme faire une pens&#233;e un tantinet coh&#233;rente avec de telles oppositions !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Page 130 : &#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'est donc pas &#233;tonnant que de nombreuses grandes entreprises mondiales soient parties prenantes (c'est le cas par exemple au sein du WBCSD, World Business Council on Sustainable development) d'un d&#233;veloppement durable qui repr&#233;sente d'abord pour elles la garantie d'une profitabilit&#233; &#224; long terme&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voici lev&#233;e toute &#233;quivoque sur les motivations des grandes entreprises. Seul un profit &#224; long terme les motive dans leur engagement vers le d&#233;veloppement durable. C'est tout &#224; fait exact. Peut-on faire confiance &#224; ces entreprises pour sauver la plan&#232;te et ses habitants ? Ce n'est pas leur objet ni leur objectif . C'est comme faire confiance &#224; un alcoolique d&#233;sintoxiqu&#233; pour g&#233;rer un stock de vins et spititueux : il faut une bonne dose de foi ou de cr&#233;dulit&#233;, c'est selon. L&#224;, je suis carr&#233;ment sceptique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le m&#234;me chapitre, page 135, cette phrase claire :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;volution du monde semble donc engag&#233; dans une impasse, sans que la majorit&#233; des acteurs responsables de cette &#233;volution en aient une claire conscience et sans qu'une simple esquisse de gouvernement mondial puisse organiser les arbitrages indispensables&lt;/strong&gt;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On y est : dans l'impasse. De plus les d&#233;cideurs n'ont absolument pas pris la mesure de la gravit&#233; des faits. Et de plus, il n'y a aucun espoir actuel que les probl&#232;mes puissent &#234;tre r&#233;gl&#233;s par des d&#233;cisions mondiales car les structures n'existent pas. Au moin cela a-t-il le m&#233;rite d'&#234;tre clair. Il y a bien s&#251;r, l&#224; encore un mensonge par omission : on laisse croire au lecteur qu'un tel gouvernement serait &#224; m&#234;me de r&#233;gler les probl&#232;mes. C'est totalement faux : les grandes entreprises mondiales ne laisseront jamais une quelqconque institution internationale prendre des mesures contraires &#224; leurs int&#233;r&#234;ts r&#233;els. Ce qui ne s'est jamais fait jusqu'&#224; pr&#233;sent dans le capitalisme ne se fera pas, puisqu'il est pos&#233; comme condition &#224; toute r&#233;flexion par nos auteurs qu'on ne touche pas au syst&#232;me !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La cinqui&#232;me partie pose donc la gouvernance mondiale comme une n&#233;cessit&#233; et d&#233;veloppe quelques aspects dans des chapitres o&#249; la raret&#233; (selon l'&#233;conomie) fait retour. Et que lisons-nous page 173 ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; Le sous-d&#233;veloppement est essentiellement un probl&#232;me de raret&#233; relative en biens vitaux, en capital, en divers biens publics, en connaissances, en appropriation des techniques, en capital humain.&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le sous-d&#233;velopp&#233; est celui qui manque de tout cela, que nous avons en surplus et que nous pouvons lui vendre d'une mani&#232;re ou d'une autre. Que le sous-d&#233;velopp&#233; appartienne &#224; une civilisation bien plus brillante et ancienne que la n&#244;tre, que ses valeurs soient beaucoup plus spirituelles que mat&#233;rielles, que nous soyons incapables de comprendre cela est le constat qu'il faut dresser de la lecture de ce livre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous voulez savoir comment se finit ce merveilleux voyage au pays des &#233;conomistes ? Alors lisez :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L &#8216;augmentation de la raret&#233; et l'accroissement des valeurs des biens environnementaux entra&#238;neront donc progressivement des zones marchandes nouvelles. &#171; Demain, nos successeurs ne s'&#233;tonneront pas quand on leur parlera de droits de propri&#233;t&#233; sur l'eau, de droits &#224; polluer ni de devoir payer pour acc&#233;der &#224; l'usage de biens environnementaux &#233;l&#233;mentaires&#8230; C'est l'une des principales le&#231;ons de l'histoire de la civilisation. La raret&#233; appelle la propri&#233;t&#233;. &#187; On retrouve ici une observation classique. L'&#233;conomie est la science de la gestion de la raret&#233;.&lt;/strong&gt; &#187; page 190&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voici le monde superbe que ces &#233;conomistes et dirrigeants d'entreprise nous promettent, un monde o&#249; nous paieront pour l'eau, l'air, la for&#234;t, le paysage&#8230; Le tout en s&#8216;abritant comme des cr&#233;tins lobotomis&#233;s derri&#232;re une &#171; science &#187; qui n'en est absolument pas une, puisque tout ce que les &#233;conomistes savent &#224; peu pr&#232;s faire est d'expliquer le pass&#233;, et encore !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En conclusion, ce livre est extr&#234;mement dangereux et parfaitement r&#233;v&#233;lateur de ce qui nous attend si nous ne reprenons pas le pouvoir sur nos vies. La l&#233;gitimit&#233; des &#233;conomiste spour diriger le monde est nulle, surtout au regard de leurs &#339;uvres dans la seule histoire du XX&#232;me si&#232;cle. Ya basta !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Michel Dauriac Juin 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Un si&#232;cle vu d'en bas, par Yves Dauriac</title>
		<link>http://musiquesetmots.danslamarge.com/Un-siecle-vue-d-en-bas-par-Yves.html</link>
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		<dc:date>2007-06-24T13:01:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

<category domain="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Livres-.html">Livres</category>

		<dc:subject>essais</dc:subject>

		<description>compte-rendu d'un livre personnalis&#233; qui rend compte du XX&#232;me si&#232;cle par un homme engag&#233; dans l'action politique et &#233;ducative.

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voici un petit livre dont le titre sonnera comme un r&#233;f&#233;rence &#224; l'histoire proche, une expression du ci-devant citoyen Jean-Pierre Raffarin, ex-premier ministre de Jacques Chirac et grand lib&#233;ral devant l'Eternel. Lequel parlait de &#171; La France d'en bas &#187; comme de celle qu'il connaissait et repr&#233;sentait ; belle escroquerie m&#233;diatique encourag&#233;e par le moutonnisme journaleux toujours enclin &#224; r&#233;p&#233;ter les m&#234;mes formules surtout si elles n'ont pas de sens. Ce choix de titre n'est pas le fruit du hasard : l'auteur, Yves Dauriac est un fin connaisseur de la politique fran&#231;aise dont il est un militant de base depuis soixante ans. Homme de gauche qui a pay&#233; pour la fid&#233;lit&#233; &#224; ses convictions, il est aussi un historien-g&#233;ographe de m&#233;tier, professeur, proviseur et collaborateur, entre autres du &#171; Maitron &#187;, ce dictionnaire incomparable des militants ouvriers fran&#231;ais. Elu local, militant des droits de l'homme, de l'Unesco, pionnier du rapprochement franco-allemand d&#232;s son origine, Yves Dauriac est un homme d'action qui r&#233;fl&#233;chit. Il nous livre ici sa vision de l'histoire sur trois quarts de si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_48 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/siecle-en-bas-Dauriac-Yves.jpg' width='476' height='710' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Vu d'en bas &#187;, certes, car v&#233;cu par un citoyen ordinaire qui n'a pas b&#233;n&#233;fici&#233; de pouvoirs et de passe-droit, mais certainement pas &#171; vu par en bas &#187;, au sens o&#249; cet homme n'est pas un b&#233;otien, mais bel et bien un homme cultiv&#233; qui poss&#232;de les cl&#233;s de compr&#233;hension du monde et de sa politique. Il y ajoute un engagement socialiste jamais trahi, mais sans verser dans le parti-pris subjectif et hargneux. Ainsi, &#224; propos d'un homme qu'il a combattu politiquement, &#233;crit-il :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Aussi Giscard d'Estaing, qui a senti ses aspirations, et qui, en d&#233;pit d'une allure un peu grand seigneur, est un homme ouvert et g&#233;n&#233;reux, va donner une teinte sociale &#224; son mandat.&lt;/strong&gt; &#187; page 92&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On trouverait aussi des propos respectueux de l'adversaire sur le G&#233;n&#233;ral de Gaulle qu'il a pourtant combattu constamment. Mais bien s&#251;r l'analyse reste une analyse socialiste de l'histoire, celle de la grande tradition jaur&#233;sienne de la SFIO.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une fois ces remarques faites sur l'auteur et son approche historique, venons-en au contenu &#224; proprement parler. Le choix r&#233;dactionnel est explicit&#233; dans le sous-titre : il s'agit de chroniques, assez courtes qui encha&#238;nent les moments de l'histoire. Une quarantaine de textes balisent ainsi l'histoire du si&#232;cle de la boucherie de 1914 &#224; nos jours. L'histoire de France y tient une place pr&#233;pond&#233;rante, c'est le terrain sur lequel l'auteur est le plus pointu et celui sur lequel il a agi. Mais l'histoire mondiale est aussi bien pr&#233;sente, avec ses grands s&#233;ismes et ses moments-cl&#233;s. De loin en loin, des pages de documents hors-textes en noir et blanc donnent de bons contrepoints, notamment par des unes de presse d'&#233;poque. Mais, pour qui conna&#238;t l'auteur assez intimement, comme moi, certaines chroniques sont des tranches d'autobiographie qui ne disent pas leur nom. Ainsi celle intitul&#233;e &#171; Une jeunesse entre espoir et inqui&#233;tude &#187; porte trace de sa vie et je ne r&#233;siste pas &#224; l &#8216;envie de citer ce passage :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Pour ceux qui ont la chance de poursuivre &#233;tudes ou apprentissage scolaire, une s&#233;gr&#233;gation tr&#232;s nette s'&#233;tablit. Les &#171; riches &#187; vont au Lyc&#233;e ou au Coll&#232;ge, vers le Baccalaur&#233;at et les professions prestigieuses : m&#233;decins, avocats, professeurs officiers. Les enfants des petits employ&#233;s, ouvriers, plus rarement paysans, vont &#224; l'Ecole Primaire Sup&#233;rieure ou Pratique, ou au Cours Compl&#233;mentaire pour acc&#233;der en trois ans, avec un Brevet El&#233;mentaire &#224; un travail r&#233;mun&#233;r&#233;. Pour les petites gens, l'Ecole Normale d'Instituteurs est la voie royale, mais il y a aussi, la Poste, les Banques, le Tr&#233;sor, les Ponts et Chauss&#233;es, les Chemins de Fer, et m&#234;me, pour les techniques, les Arts et M&#233;tiers&lt;/strong&gt; &#187; page 34&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Yves Dauriac parle l&#224; en connaissance de cause, lui qui est fils de sous-officier de gendarmerie et petit-fils de paysans p&#233;rigourdins tr&#232;s modestes. Sa vie professionnelle a en effet commenc&#233; par le passage &#224; l'EN de La Rochelle et le m&#233;tier d'instituteur, partag&#233; avec son &#233;pouse qui fut de tous ses combats. C'est par un travail personnel et solitaire qu'il passa ses dipl&#244;mes d'histoire et g&#233;ographie et se pr&#233;senta ensuite au CAPES et &#224; l'Agr&#233;gation. Fils de petites gens il l'est et n'usurpe pas son appartenance au peuple, vrai nom de la &#171; France d'en bas &#187;, cette m&#233;prisante formule d'un bourgeois poitevin. De la m&#234;me mani&#232;re, la chronique titr&#233;e &#171; Vie ouvri&#232;re et paysanne des ann&#233;es trente &#187; est fond&#233;e sur une tranche de vie du jeune Dauriac. Ainsi ce livre pr&#233;sente-t-il une histoire incarn&#233;e, loin des discours acad&#233;miques. Mais la rigueur de l'information en fait aussi un ouvrage de r&#233;f&#233;rence ; et l'on ne peut que d&#233;plorer qu'un &#233;diteur connu n'ait pas cru bon de produire ce livre. Mais ceux-ci sont prisonniers d'un microcosme de r&#233;seau qui exclut le provincial et l'inconnu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ouvrage se termine par un derni&#232;re chronique sobrement titr&#233; &#171; R&#233;flexions personnelles &#187;, qui est en fait, une &#233;pure de bilan de vie. Que penser du si&#232;cle pass&#233; ? Comment agir aujourd'hui ? L'auteur d&#233;gage l'aspect passionnant de ce si&#232;cle vingti&#232;me, les progr&#232;s incontestables accomplis, mais on le sent, in fine, assez prudent sur l'avenir radieux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; Les gigantesques progr&#232;s scientiques rendront-ils plus heureux ? Rabelais avec son &#171; science sans conscience n'est que ruine de l'&#226;me &#187; en doutait d&#233;j&#224;.
Rien de bien nouveau donc dans les soci&#233;t&#233;s humaines, mais la diffusion rapide et universelle de l'information nous sensibilise davantage au sort de la plan&#232;te enti&#232;re. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Nous nous devons d'agir maintenant en tant que Citoyen du Monde&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187; page 126&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est le mot de la fin. On comprend bien que le socialiste Yves Dauriac n'a pas trahi l'internationalisme prol&#233;tarien . Cependant on le sent un peu d&#233;sabus&#233; sur le progr&#232;s et ses finalit&#233;s. Le bonheur comme sens de la vie fait alors retour. En lisant ces lignes je ne puis que penser aux mots d'un autre sage, H&#233;breux lui, qui a &#233;crit il y bien longtemps :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Que reste-t-il &#224; l'homme de toute la peine qu'il se donne sous le soleil ? [&#8230;] Ce qui a &#233;t&#233;, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y rien de nouveau sous le soleil&lt;/strong&gt;. &#187; Eccl&#233;siaste chapitre 1 versets 3 et 9.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut souvent atteindre le soir de sa vie pour revenir &#224; la nature humaine, intangible et d&#233;cevante. Ce livre est tout autant un bilan personnel qu'un survol historique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je recommande cet ouvrage aux professeurs d'histoire de coll&#232;ges et de lyc&#233;e, aux documentalistes de France, qui devraient tous et toutes en avoir un dans leur rayonnages, pour aoffrir un autre &#233;clairage sur l'histoire, aux c&#244;t&#233;s de la belle collection &#171; Terre Humaine &#187; de Jean Malaurie. Ce livre est de la m&#234;me famille.
Vous pouvez le commander chez l'&#233;diteur :
Atlantica-S&#233;guier : pays basque &#8211; 18 all&#233;e Marie-Politzer 64200 Biarritz
Vous pouvez aller voir leur catalogue en ligne sur : www.atlantica.fr
Vous pouvez r&#233;agir sur ce livre en nous contactant sur ce site, nous transmettrons &#224; l'auteur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Michel Dauriac*&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* la similitude de nom ne rel&#232;ve pas des hasards, l'auteur de ce livre est l'oncle de l'auteur de cet article. Contrairement &#224; ce que l'on pourrait penser, je n'&#233;cris pas l&#224; un article de complaisance, mais un propos objectif sur un livre-t&#233;moignage important. Que l'on ait senti l'affection et l'estime qui me lient &#224; mon oncle (et ma tante) n'emp&#234;che en rien de faire un travail critique s&#233;rieux. J'attends vos remarques avec impatience.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>bonne nouvelle : Le capitalisme est en train de s'autod&#233;truire est un livre tr&#232;s s&#233;rieux et fort utile</title>
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		<dc:date>2007-04-21T21:15:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

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		<dc:subject>essais</dc:subject>

		<description>Une pr&#233;sentation d 'un petit ouvrage d'&#233;conomie financi&#232;re plut&#244;t technique mais qui donne de tr&#232;s bons outils pour d&#233;battre de l'avenir de ce syst&#232;me unique actuel qui r&#233;gente nos vies sur la plan&#232;te enti&#232;re

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&lt;a href="http://musiquesetmots.danslamarge.com/+-essais-+.html" rel="tag"&gt;essais&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le capitalisme est en train de s'autod&#233;truire&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Patrick Artus Marie-Paule Virard&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;couverte poche 137 pages &#8211; 2005/2007&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_47 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/capitalisme-auto-destructio.jpg' width='364' height='558' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce livre au titre provocateur est &#233;crit par deux auteurs fervents partisans de l'&#233;conomie de march&#233; et du capitalisme. Le titrage n'est donc pas une proph&#233;tie joyeuse et r&#233;volutionnaire, et il ne faut pas s'attendre &#224; y trouver des propositions de substitution au mod&#232;le dominant actuel. Il s'agit d'un constat alarmiste et alarmant sur les &#171; mauvaises pratiques &#187; du bon syst&#232;me capitaliste qui serait d&#233;voy&#233; par des d&#233;rives suicidaires, qui doivent &#234;tre corrig&#233;es car dangereuses :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; Or ces d&#233;rives mettent en p&#233;ril, en r&#233;alit&#233;, le maintien de la croissance et de la rentabilit&#233; du capital dans le long terme, pr&#233;cipitant l'&#233;conomie mondiale dans une impasse&lt;/strong&gt;. &#187; page 6.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui pourrait avoir une cons&#233;quence dramatique pour nos auteurs : les populations (traduisez le populo salari&#233; prol&#233;tarien)pourraient m&#234;me en venir &#224; ha&#239;r le capitalisme et &#224; se retourner contre lui (ce qui s'appelle une situation r&#233;volutionnaire), le pire des sc&#233;narios pour nos auteurs. Tiens, les auteurs, &#224; propos, parlons-en : Patrick Artus est directeur des &#233;tudes &#233;conomiques de la Caisse des D&#233;p&#244;ts et Consignations et professeur &#224; Polytechnique, Marie-Paule Virard est r&#233;dactrice en chef du magazine &#171; Enjeux-Les Echos &#187;. On le voit, deux supporters appoint&#233;s du syst&#232;me capitaliste lib&#233;ral. Or leur ouvrage fournit le plus bel arsenal r&#233;volutionnaire contre le capitalisme du XXI&#232;me si&#232;cle, avec des d&#233;finitions, des exemples et des synth&#232;ses extr&#234;mement claires. Car il s'agit d'un bon livre d'&#233;conomie. Certes, ce n'est pas vraiment &#224; la port&#233;e du grand public, mais &#231;a tombe bien, ce n'est pas &#233;crit pour lui. Visiblement ce petit livre a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; pour les chefs d'entreprise, les actionnaires et les gestionnaires divers, bref tout ce que l'on pourrait appeler la &#171; capitalosph&#232;re &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'ouvrage se trouvent des encadr&#233;s explicatifs qui seront fort utiles &#224; ceux qui voudront pouvoir mieux argumenter sur le terrain de la politique &#233;conomique et financi&#232;re. Par exemple pages 36-37, une remarquable synth&#232;se en deux pages intitul&#233;e &#171; Qui supporte le poids des crises ? &#187; o&#249; l'analyse des crises r&#233;centes, de 1973 &#224; 2004 est faite en terme des &#171; amortisseurs &#187; principaux. O&#249; l'on apprend que si les entreprises partageaient le poids des crises dans les ann&#233;es 1970 et 80 avec l'Etat, depuis ce sont les m&#233;nages et l'Etat qui se d&#233;brouillent seuls pour faire face aux crises. Pendant celles-ci la grosse distribution des dividendes se poursuit. Car c'est &#224; cela que ce livre s'attaque : si le capitalisme est min&#233; dans ses fondements c'est par les strat&#233;gies &#224; court terme des acteurs qui veulent r&#233;aliser des plus-values massives et tr&#232;s rapides.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui pose probl&#232;me n'est pas le fait que les entreprises fassent des b&#233;n&#233;fices importants, c'est ce qu'elles en font&lt;/strong&gt; &#187; page 49.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On notera comment est ainsi &#233;vacu&#233; en une phrase le probl&#232;me de l'exploitation initiale du travail, car le b&#233;n&#233;fice est bien ce qui est gagn&#233; de mani&#232;re absolue et non relative comme c'est le cas du chiffre d'affaires. Un b&#233;n&#233;fice important implique en particulier des salaires compress&#233;s, ce qui est le sujet du chapitre 1. Cela ne g&#234;ne nos auteurs que parce qu'il y a l&#224; un obstacle &#224; la croissance (le chapitre 2 est &#171; Dans le pi&#232;ge &#224; croissance faible &#187;) et non parce qu'il y a ainsi des millions de travailleurs pauvres dans tous les grands pays ainsi que des masses au ch&#244;mage. Aucune consid&#233;ration humaine et &#233;thique dans ce livre ; mais ce n'est pas nouveau, l'&#233;conomie n'est nullement une science morale, elle le proclame urbi et orbi !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'autre &#233;l&#233;ment du pi&#232;ge est donc la croissance faible mise en regard de l'extraordinaire accroissement des b&#233;n&#233;fices, dividendes distribu&#233;s et diverses valorisations boursi&#232;res. Ce que les auteurs d&#233;noncent avec de tr&#232;s bons argument, c'est ce hold-up pratiqu&#233; par les gestionnaires financiers sur ce qui devrait &#234;tre l'investissement des entreprises. C'est le &#171; court-termisme &#187; comme ils le surnomment. Soyons clairs, nos deux auteurs se battent l'oeil des salari&#233;s :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Bref, il y a des secteurs o&#249; une augmentation g&#233;n&#233;ralis&#233;e des salaires n'est pas envisageable, sauf &#224; prendre le risque d'acc&#233;l&#233;rer le processus de d&#233;localisations et de destruction d'emplois&lt;/strong&gt; &#187; page 55.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le retour du bon vieux chantage &#224; l'emploi que les salari&#233;s de tous les pays d&#233;velopp&#233;s connaissent si bien : &#171; bosse et tais-toi ; estime-toi heureux d'avoir un boulot ; dehors il y en a trois millions qui veulent le tien et ailleurs des millions qui nous attendent ! &#187;.Cela ne pse aucun, probl&#232;me aux &#233;conomiste puisque les chiffres de leur &#171; Coran incr&#233;&#233; &#187; le dit ! Pour eux le probl&#232;me des salaires existe mais il n'est pas majeur. On peut toujours s'inspirer de ce beau pays qui se nomme les Etats-Unis o&#249; un syst&#232;me d'imp&#244;t n&#233;gatif a &#233;t&#233; mis en place sous l'administration Clinton (grand d&#233;mocrate de gauche comme tout le monde le sait ). Un encadr&#233; tr&#232;s clair pages 62-63 r&#233;sume fort bien l' &#171; Earned Income Tax Credit &#187;. Voil&#224; la solution : une sorte de RMI additionn&#233; aux salaires de mis&#232;re conc&#233;d&#233;s par les entreprises. L'Etat paie &#224; la place des soci&#233;t&#233;s qui peuvent ainsi engraisser les actionnaires et les PDG ! Elle est pas belle, l'&#233;conomie moderne !Une autre fa&#231;on de donner du pouvoir d'achat sans augmenter les salaires est de faire vraiment jouer la concurrence : l&#224;, nos auteurs atteignent au grandiose en prenant l'exemple de l'entente des trois &#171; majors &#187; de la t&#233;l&#233;phonie mobile sur le prix du SMS. Il est vrai que les familles fran&#231;aises se nourrissent et se logent avec des SMS, tout le monde le sait ! Une autre solution est de reconqu&#233;rir des parts de march&#233; &#224; l'exportation en se sp&#233;cialisant sur des productions porteuses : l'Allemagne l'a fait et elle est la bonne &#233;l&#232;ve de la classe ! Et tant pis si cette strat&#233;gie est suicidaire compte tenu des probl&#232;mes &#233;nerg&#233;tiques &#224; l'horizon et des pertes de libert&#233; des peuples encha&#238;n&#233;s au commerce mondial par les multinationales globales anonymes et apatrides ! Le m&#234;me discours d'Adam Smith et Ricardo, comme si rien ne s'&#233;tait pass&#233; depuis.
Mais, une fois exp&#233;di&#233;e l'affaire du pouvoir d'achat et des salaires, on en vient &#224; ce qui chagrine vraiment nos auteurs : la &#171; course d&#233;raisonnable &#187; au profit. Toute la seconde partie du livre d&#233;veloppe, critique, illustre d'exemples et de d&#233;finitions le r&#244;le de la sph&#232;re financi&#232;re et de ses divers acteurs. L&#224;, ami lecteur, tu trouveras des outils fort appr&#233;ciables. Par exemple, pages 74-75, un encadr&#233; &#171; La mesure de la profitabilit&#233; par le ratio ROE &#187;, le fameux &#171; Return on Equity &#187; qui a servi &#224; fixer la fameuse barre des 15% de rentabilit&#233; annuelle formant l'horizon ind&#233;passable des placements &#224; court terme. Nos auteurs &#233;crivent clairement &#224; ce propos :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un objectif de rendement des fonds propres excessif produit en effet naturellement des biais de comportement peu favorables &#224; l'&#233;conomie en g&#233;n&#233;ral et p&#233;nalisant &#224; moyen terme pour les entreprises elles-m&#234;mes (et donc pour leurs actionnaires comme pour leurs salari&#233;s)..&lt;/strong&gt; &#187; page 85&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi ces pratiques de recherche maximale des profits ? Pour satisfaire les nouveaux rois des march&#233;s, les fonds d'investissement ou les fonds de pension. Le chapitre 5 leur est consacr&#233;. En gros les &#171; m&#233;chants &#187; sont les investisseurs, leurs complices les banques et le gendarme inop&#233;rant les Etats (ceci est strictement exact). Les investisseurs agissent selon un concept que nos auteurs construisent en analogie &#224; Ren&#233; Girard, le &#171; mim&#233;tisme rationnel &#187;. En gros tous vont toujours dans le m&#234;me sens, et ce faisant essaient de pr&#233;server leur part de march&#233;, mais ils annulent ainsi le jeu des r&#233;gulations classiques de la bourse et accroissent les risques de crise majeure, laquelle est in&#233;vitable pour nos auteurs ! L'exemple de la crise asiatique de 1997-1998 est pr&#233;sent&#233; en illustration de cet effet (pages 94 &#224; 98).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sans la &#171; complicit&#233; &#187;, la &#171; permissivit&#233; &#187; des banques centrales, le mim&#233;tisme rationnel des investisseurs n'aurait pu pousser aussi loin le prix des actifs&lt;/strong&gt; &#187; page 99&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette qu&#234;te de profit &#224; tr&#232;s court terme se fait donc au d&#233;triment des investissement productifs &#224; moyen terme, mais aussi au d&#233;triment des futurs b&#233;n&#233;ficiaires de ces fonds. Les faillites ou la crise internationale en vue risque de priver des familles de toute retraite dans de nombreux pays du monde ! Pour continuer &#224; verser des dividendes extraordinaires, les financiers sont amen&#233;s &#224; inventer des instruments de plus en plus complexes. L'encadr&#233; page 102-103 est titr&#233; &#171; Les instruments financiers complexes &#187; et donne d'excellentes d&#233;finitions des quatre types principaux de produits invent&#233;s pour attirer l'actionnaire et le boursicoteur : hedge funds (fonds d'investissements de capitaux), les CDOs (collaterized debt obligations &#8211; sp&#233;cialis&#233;s dans les achats d'obligations d'entreprise), les produits structur&#233;s et les actifs illiquides, ces deux derniers &#233;tant les plus complexes et les plus risqu&#233;s, mais aussi les moins transparents. Cette valorisation excessive se fait pas le biais de l'endettement, ce que l'on appelle les LBO (Leveraged buyout). Emprunter massivement aupr&#232;s des banques (les complices) pour acheter des entreprises, les restructurer pour augmenter la profitabilit&#233; (ce qui signifie toujours licenciements) et payer ainsi les int&#233;r&#234;ts des emprunts ; puis revendre le tout ou &#171; par appartement &#187; selon ce qui est le plus int&#233;ressant. Cette m&#233;thode est une sorte de &#171; cavalerie &#187; comme on disait autrefois d'une comptabilit&#233; truqu&#233;e, une fuite en avant o&#249; l'entreprise est un simple enjeu et ne re&#231;oit rien. Exemple donn&#233; par les auteurs du fabricant fran&#231;ais de briques Terreal, achet&#233; 470 millions d'euros en 2003 et revendu &#233;t&#233; 2005 pour 860 millions d'euros ! Cela n'a &#233;videmment rien &#224; voir avec la progression de la production de l'entreprise et sa valeur r&#233;elle. Il ne peut y avoir qu'une seule issue &#224; ce syst&#232;me : l'explosion g&#233;n&#233;rale. Le tout est de savoir quand. Conclusion autiste mais formidable des auteurs :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'&#233;pargne mondiale (que le FMI estimait &#224; environ 11 000 milliards de dollars en 2005) &#233;tait investie &#224; bon escient, la plan&#232;te &#233;conomie serait peut-&#234;tre &#224; l'aube d'une nouvelle &#232;re de cr&#233;ation de richesses. Mais les signes sont de plus en plus nombreux que l'abondance d'argent frais encourage les comportements qui peuvent se r&#233;v&#233;ler dangereux pour l'&#233;conomie mondiale.&lt;/strong&gt; &#187; page 113.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et ce ne sont pas de dangereux subversifs altermondialistes ou anarchistes qui l'&#233;crivent !
Le dernier chapitre est l'&#233;l&#233;ment principal de proposition des auteurs. Il s'agit de s'attaquer aux normes de r&#233;gulation bancaires et boursi&#232;res. En effet disent nos auteurs, si tous les investissements n'&#233;taient pas trait&#233;s de la m&#234;me mani&#232;re, tout irait bien. Ainsi face &#224; ce syst&#232;me d&#233;lirant, il suffit de distinguer court terme, moyen terme et long terme et le tour est jou&#233; ! Tant de na&#239;vet&#233; laisse pantois ! A aucun moment les auteurs n'&#233;mettent le moindre doute sur la pertinence du mod&#232;le capitaliste &#224; simplement durer. A l'absence de toute consid&#233;ration morale s'ajoute donc ce que l'on peut appeler au moins un aveuglement total, au pire une stupidit&#233; qui interpelle. Voici un extrait de la conclusion qui me semble illustrer ce dernier point :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Tout cela ne peut que d&#233;boucher inexorablement sur une &#233;conomie de croissance faible (insuffisance de la demande et de l'offre si les investissements &#224; horizon long ne sont pas r&#233;alis&#233;s, si les salaires sont inutilement comprim&#233;s), sur des faillites (si les risques &#171; catastrophiques &#187; cach&#233;s se r&#233;alisent) et, in fine, sur un rejet du capitalisme par les opinions (si la d&#233;formation du partage des revenus ne conduit qu'&#224; la distribution de cash aux actionnaires)&lt;/strong&gt; &#187; page 135.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est beau et vrai comme du Marx (Karl pas Groucho !). On notera que pour nos deux auteurs, qui sont sans nul doute des gens intelligents et cultives, mais lobotomis&#233;s par la pens&#233;e unique de leur microcosme, la croissance &#233;conomique est un &#171; impensable &#187; absolu. Dirig&#233;s par des gens tous semblables car tous clon&#233;s dans les m&#234;mes &#233;coles de formation &#233;conomique ou commerciale, nous avons des raisons de nous inqui&#233;ter. Cette remarque politique mise &#224; part, je ne saurais trop vous pousser &#224; lire ce livre et &#224; l'annoter : les capitalistes vous donnent des armes formidables pour les remettre en cause et les faire douter ! &#199;a ne se refuse pas !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Michel Dauriac &#8211; Avril 2007 -&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une br&#232;ve histoire de l'avenir - Jacques Attali</title>
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		<dc:date>2007-04-21T17:24:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

<category domain="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Livres-.html">Livres</category>

		<dc:subject>essais</dc:subject>

		<description>une analyse sans complaisance d'un ouvrage construit sur une fausse bonne id&#233;e et une perspective dangereusement trompeuse

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une br&#232;ve histoire de l'avenir&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Attali Jacques 423 pages &#8211; 2006 &#8211; Fayard&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je tiens Jacques Attali pour une des intelligences les plus fines de notre &#233;poque en France, et ceci sans tenir compte de son pedigree absolument &#233;poustouflant de b&#234;te &#224; concours (ENA, Polytechnique, IEP). Je suis toujours estomaqu&#233; lorsque je l'entends r&#233;pondre &#224; une interview par la pertinence de ses analyses et leur originalit&#233; contextuelles. Je comprends &#233;videmment tr&#232;s bien que Fran&#231;ois Mitterrand ait souhait&#233; s'attacher ses services, lui qui &#233;tait, bien plus qu'un autre, capable de d&#233;celer la sup&#233;riorit&#233; d'un esprit. Ce que je vais dire maintenant de ce livre ne modifie en rien mon opinion, mais je serais malhonn&#234;te si je laissais l'admiration dicter cette critique.&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_46 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/attali-histoire-avenir.jpg' width='395' height='630' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce livre est intelligent, vain et dangereux &#224; la fois. J'essaierai, moi qui n'atteint pas le brio intellectuel de l'auteur, de dire pour quoi un agr&#233;g&#233; de province ose &#233;vancer cet avis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Intelligent d'abord. Ce n'est pas une tautologie de dire qu'un homme intelligent &#233;crit un livre intelligent. Mircea Eliade, autre esprit sup&#233;rieur du XX&#232;me si&#232;cle, &#233;crivait dans une chronique intitul&#233;e &#171; Despre geniul &#187; (en fran&#231;ais &#171; A propos du g&#233;nie &#187;) qu'il &#233;tait frapp&#233; de ce que des esprits g&#233;niaux dans leur domaine pouvaient formuler en dehors de celui-ci des stupidit&#233;s colossales dignes du cr&#233;tin de base. Il en concluait que le g&#233;nie &#233;tait sp&#233;cifique &#224; une activit&#233; mais n'incluait pas que l'ensemble de la personnalit&#233; et de ses production soient toutes g&#233;niales. Peut-&#234;tre Jacques Attali est-il un ex&#233;crable jardinier et un pi&#232;tre bricoleur... Mais quand il nous livre &#171; Une br&#232;ve histoire de l'avenir &#187;, il nous fait cadeau (moyennant 20 &#8364;) d'un ouvrage qui pose une question universelle et intemporelle : quel temps fera-t-il demain ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Evangile de Matthieu, chapitre 16, versets 2 &amp; 3 : &#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; J&#233;sus leur r&#233;pondit : &#171; Le soir, vous d&#238;tes : Il fera beau, car le ciel est rouge ; et le matin : il y aura de l'orage aujourd'hui, car le ciel est d &#8216;un rouge sombre. Vous savez discerner l'aspect du ciel et vous ne pouvez discerner les signes des temps !&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis que l'homme a commenc&#233; &#224; s'hominiser il veut conna&#238;tre son avenir. Et depuis lors il ne sait pas qu'il augmente ainsi son malheur. Mais ceci est une autre histoire Qu'un auteur prolifique, reconnu pour la valeur de ses analyses se laisse aller au plaisir proph&#233;tique, il n'y a l&#224; rien de plus normal, surtout quand il est, comme Jacques Attali, initi&#233; &#224; la pens&#233;e juive dont la symbolique et le proph&#233;tisme sont deux des mamelles. Tout homme qui commence &#224; poss&#233;der des outils d'analyse, qu'ils soient pragmatiques (l'aspect du ciel) ou conceptuels (les signes des temps) se livre r&#233;guli&#232;rement dans ses conversations ou controverses amicales &#224; cet exercice pr&#233;dictif. Le plus souvent sur des points tr&#232;s pr&#233;cis et &#224; court terme, usant de la m&#233;thode intuitive de l'extrapolation. C'est ici que nous retrouvons Jacques Attali. Il parfaitement compris l'int&#233;r&#234;t intellectuel (comme math&#233;matique) de cette m&#233;thode &#224; laquelle ont recours de nombreux m&#233;tiers. Il s'en sert donc comme support de sa d&#233;marche, laquelle est expliqu&#233;e selon le principe qu'il a d&#233;couvert en travaillant sur l'Andalousie et Averro&#232;s : d'abord en quelques mots pr&#233;senter le th&#232;me du livre &#171; Pour leur [nos enfants et petits-enfants] laisser une plan&#232;te fr&#233;quentable, il nous faut prendre la peine de penser l'avenir, de comprendre d'o&#249; il vient et comment agir sur lui : C'est possible : l'Histoire ob&#233;it &#224; des lois qui permettent de la pr&#233;voir et de l'orienter. &#187; Il reprend ensuite en quelques lignes puis en quelques pages, ce qui constitue l'avant-propos. Si l'on &#233;tait mauvaise langue, on dirait que c'est ce que les journalistes ont lu de son livre pour en rendre compte Le vocabulaire principal nouveau y est mis en situation (hyperempire, hyperconflit, hyperd&#233;mocratie, infra-nomades, ubiquit&#233; nomade, objets nomades, intelligence universelle, relationnelle ;..) ; une bonne partie de ce vocabulaire vient d'ailleurs des livres ant&#233;rieurs et en particulier de &#171; L'homme nomade &#187;. Cet avant-propos est clair, p&#233;dagogique, pr&#233;cis et personnel, bref intelligent. On y trouve cette remarquable qualit&#233;, sans doute la plus grande pour un penseur, l'art de la synth&#232;se. Autre id&#233;e importante : l'avenir se construit avec et sur le pass&#233;. Donc cette br&#232;ve histoire de l'avenir commence par un survol historique classique. Et l&#224;, surprise, quel est le th&#232;me choisi par Attali ? Non pas une g&#233;opolitique comme il semblerait logique qu'il le fasse, mais une br&#232;ve histoire du capitalisme. Ce qui signifie clairement que l'auteur pense que la g&#233;o-&#233;conomie est d&#233;cisive dans l'histoire du monde, soit dans une position marxiste, ce qui surprendrait chez Jacques Attali, soit dans une analyse lib&#233;rale privil&#233;giant le poids de l'&#233;conomie et consacrant donc la faiblesse, voire la mort du politique. La suite du livre confirme largement cette seconde hypoth&#232;se. En ce qui concerne la technique utilis&#233;e pour pr&#233;senter cette br&#232;ve histoire du capitalisme, Jacques Attali choisit de raconter la succession des neufs &#171; coeurs &#187; du processus qui l'a constitu&#233;, autour de neufs villes d&#233;cisives, soit Bruges,Venise, Anvers, G&#234;nes, Amsterdam, Londres, Boston, New York et Los Angeles. Chaque &#171; coeur &#187; &#233;tablit une forme du capitalisme qui met en avant un progr&#232;s et une technique : par exemple, Venise s'ouvre aux &#233;lites &#233;trang&#232;res et en tire son succ&#232;s, ce que l'auteur appelle &#171; une le&#231;on pour l'avenir &#187;. Le but de ce rapide survol est donc de d&#233;gager les &#171; le&#231;ons pour l'avenir &#187; du pass&#233; capitaliste. C'est une partie int&#233;ressante, all&#232;gre et synth&#233;tique ; certes on pourrait argumenter et discuter les choix ou la chronologie choisis, mais telle quelle cette d&#233;monstration est assez coh&#233;rente. Mais &#224; l'issue de cette lecture, je me suis fait une r&#233;flexion tr&#232;s pr&#233;cise : il e&#251;t &#233;t&#233; &#233;l&#233;gant de rendre &#224; Braudel ce qui lui appartient. Car la d&#233;monstration doit tout aux &#171; &#233;conomies-monde &#187; et aux &#171; villes-mondes &#187; de l'historien fran&#231;ais, comme les notions de &#171; coeur &#187;, milieu ou p&#233;riph&#233;rie. Le lecteur, m&#234;me cultiv&#233;, qui ne conna&#238;t pas Braudel attribuera &#224; Jacques Attali ces outils, les trouvera g&#233;niaux et augmentera ainsi la taille de la statue du commandeur. Je trouve cette omission grave, et peut-&#234;tre signifiante... De ce rappel bref du pass&#233;, l'auteur sort donc des outils qui seront r&#233;utilis&#233;s dans les parties suivantes consacr&#233;es &#224; l'avenir, mais pas toujours tr&#232;s explicitement, ce qui nuit &#224; la rigueur de la d&#233;monstration. Les 150 premi&#232;res pages du livre sont donc une histoire classique, du pass&#233;. Ensuite commence le pr&#233;dictif, d&#233;roul&#233; en quatre temps : la fin de l'Empire am&#233;ricain et les trois &#171; vagues &#187; de l'avenir, l'hyperempire, l'hyperconflit et l'hyper d&#233;mocratie. Le principe de dur&#233;e ob&#233;it grosso modo &#224; l'analogie des &#232;res g&#233;ologiques : chaque partie nouvelle est deux fois plus courte ou presque que la pr&#233;c&#233;dente. Ce qui ob&#233;it &#224; la difficult&#233; croissante de l'exercice et &#224; sa cr&#233;dibilit&#233; d&#233;croissante. Car plus on avance dans le futur et moins cela devient cr&#233;dible. C'est ici que l'on atteint le second caract&#232;re de ce livre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Vanit&#233; des vanit&#233;s, tout est vanit&#233; et poursuite du vent&lt;/strong&gt; &#187; &#233;crivait l'auteur du Qoh&#233;let, livre de la bible juive. Mais il y a des degr&#233;s dans la vanit&#233; ; pour parodier notre auteur du jour, je dirais qu'il y a une infra-vanit&#233; et une hyper vanit&#233;. Ce gradient emporte le lecteur au fur et &#224; mesure qu'il avance dans la lecture de l'ouvrage. Certes, on n'atteint jamais le ridicule achev&#233; du livre d'Alexandre Adler, &#171; J'ai vu finir le monde ancien &#187;, o&#249; une sorte de sommet ind&#233;passable semble vaincu. Mais une fois la derni&#232;re page tourn&#233;e et malgr&#233; la doxologie finale que je ne peux r&#233;sister au plaisir de citer, le lecteur regrette que l'auteur se soit ainsi fourvoy&#233; dans une fausse bonne id&#233;e et il regrette encore plus de l'y avoir suivi ; mais on ne quitte pas un livre en cours, m&#234;me s'il naufrage, il y a des principes de lecture !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Immense chantier dont chaque &#233;l&#233;ment constitue, &#224; lui seul, une r&#233;forme majeure, en France comme ailleurs.
Si les futurs dirigeants de notre pays apprennent &#224; comprendre les lois de l'Histoire [tiens, revoil&#224; les &#171; signes de temps &#187; !] et analysent clairement les trois vagues de l'avenir, ils sauront faire en sorte qu'il soit encore possible de vivre heureux en France et d'y mettre en oeuvre un id&#233;al humain fait de mesure et d'ambition, de passion et d'&#233;l&#233;gance, d'optimisme et d'insolence.
Pour le plus grand b&#233;n&#233;fice de l'humanit&#233;&lt;/strong&gt; &#187; page 423&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Amen !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais avant d'en arriver &#224; ce vibrant appel hugolien, il aura fallu lire des hypoth&#232;ses de plus en plus absurdes au fur et &#224; mesure de l'avanc&#233;e de la pagination. La &#171; fin de l'empire am&#233;ricain &#187; est non seulement cr&#233;dible, mais elle est dans la logique de tout ce que l'Histoire nous apprend effectivement. Pas besoin d'un talent m&#233;diumnique pour l'annoncer, elle est d&#233;j&#224; en marche sous nos yeux. Ce qui en sortira est effectivement en grande partie li&#233; &#224; l'&#233;volution r&#233;cente d'un hypercapitalisme sans contrepoids. L&#224; aussi, de tr&#232;s nombreux ouvrages traitent fort bien de cela et bien mieux que ce livre-ci : je songe en particulier au livre de Michel Beaud &#171; Le basculement du monde &#187; , s&#233;rieux et moins port&#233; sur l'emphase du voyant. Mais c'est apr&#232;s cette partie que les choses se g&#226;tent vraiment. L&#224;, Jacques Attali enfile la tunique pourpre d'un Nostradamus aux petits pieds et camoufle le ridicule de ses pens&#233;es sous un lexique bourr&#233; de n&#233;ologismes qui ne font pas longtemps illusion quand on les soumet &#224; une analyse conceptuelle serr&#233;e. Ainsi &#171; l'hyperempire &#187; n'est que la forme &#233;volu&#233;e de la globalisation, les &#171; ubiquit&#233;s nomades &#187; ne sont rien d'autres que NTIC (nouvelles technologies de l'information et de la communication), les &#171; infra-nomades sont les &#171; lumpen-prol&#233;taires &#187; de Marx, etc, etc... Il y a donc ici une proc&#233;d&#233; clair visant &#224; camoufler la vanit&#233; de la tentative derri&#232;re une s&#233;mantique de pseudo-sp&#233;cialiste, un peu comme R&#233;gis Debray (tiens, un autre &#171; poulain &#187; de Tonton !) et sa &#171; m&#233;diologie &#187;, affligeante de banalit&#233;. Ainsi il n'y aurait pas assez de mots dans notre belle langue pour que ces grands esprits puissent &#224; l'aise exprimer leurs id&#233;es ! Cela s'appelle de la cuistrerie, et ce n'est pas tr&#232;s glorieux. Mais c'est sur le fond que l'exercice r&#233;v&#232;le le plus son caract&#232;re inutile : d'hyperempire en hyper d&#233;mocratie, on glisse de plus en plus dans le futile, le troisi&#232;me th&#232;me repr&#233;sentant une sorte d'horoscope pseudo social-lib&#233;ral qui frise parfois la nullit&#233; Deux ou trois exemples de la profondeur de pens&#233;e :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;J&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/strong&gt;'appelle ici &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;biens essentiels&lt;/i&gt; [expression novatrice attalienne soulign&#233;e par les caract&#232;res italiques] ceux auxquels chaque &#234;tre humain doit avoir droit pour mener une vie digne, pour participer au bien commun&lt;/strong&gt; &#187; page 386.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le principe essentiel sera donc l'acc&#232;s au &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;bon temps&lt;/i&gt;.&lt;/strong&gt; &#187; page 387, lequel, vous ne vous en doutiez pas est effectivement ce que nous appelons tous le bon temps, mais pas en italique !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il d&#233;finit aussi pour nous le concept de &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;bien commun&lt;/i&gt; &#187; qui est &#171; .&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;.la protection de l'ensemble des &#233;l&#233;ments qui rendent possible et digne la vie : climat, air, eau, libert&#233;, d&#233;mocratie, culture, langues, savoirs...&lt;/strong&gt; &#187; page 383. Soit tout simplemen la Terre et la culture humaine, deux vieux mots trop us&#233;s ! Et cela continue avec ces magnifiques n&#233;ologismes que sont donc les &#171; infrahumains &#187; et les &#171; transhumains &#187;.. A propos, quel est le sexe des &#171; transhumains &#187; ? Mais hormis ces mots d&#233;finis et red&#233;finis par de tels tissus de banalit&#233;s, il n'y a qu'une glose vide porteuse d'aucun vrai projet de soci&#233;t&#233;. Et c'est l&#224; que le mot vanit&#233; prend tout son sens. Ce propos est vain car il n'a pas de contenu r&#233;el. C'est le &#171; relationnel &#187;, c'est &#224; dire l'humanitaire et les oNG qui seront porteurs de l'avenir du monde. On retrouve la pens&#233;e de &#171; g&#233;ants intellectuels &#187; de notre pays, comme Andr&#233; Glucksman ou Pascal Bruckner, qui sont les esprits les plus puissants de leur rue, au moins ! Si vous voulez faire passer un bon moment &#224; vos convives lors d'un d&#238;ner mondain, lisez-leur quelques pages du chapitre sur l'hyperd&#233;mocratie ; succ&#232;s assur&#233;. Si vous voulez leur filer les jetons et plomber l'ambiance, pr&#233;f&#233;rez le chapitre sur l'hyperconflit, assez gore. Enfin si vous avez des &#171; d&#233;clinologues &#187; &#224; votre table, le chapitre sur la France, in fine les fera s'esbaudir de contentement ! Mais au del&#224; du caract&#232;re creux de tout ce qui concerne les trois formes futures &#233;voqu&#233;es, je trouve ce livre dangereux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dangereux, non pas comme &#171; Mein Kampf &#187; ou &#171; Le protocole des Sages de Sion &#187;, bien s&#251;r ! Un danger soft et peut-&#234;tre vain d'ailleurs ! Je me situe ici au plan des id&#233;es qui sous-tendent le livre. Que Jacques Attali n'ait jamais &#233;t&#233; un dangereux r&#233;volutionnaire, comme son camarade R&#233;gis Debray, tout le monde le sait. Mais qu'il veuille &#224; tel point nier le poids du politique dans l'histoire est presque &#233;mouvant, psychanalitiquement parlant ! Au sortir de ce livre, vous ne saurez absolument pas si les bonnes id&#233;es sont &#224; droite, &#224; gauche, au centre ou ailleurs, vous ne saurez d'ailleurs rien sur le cadre institutionnel, les rapports de force, les luttes de classe, les r&#233;voltes, les trahisons, les innovations sociales... Cela n'existe pas pour monsieur Attali qui est au-dessus des partis et du Politique. Le &#171; relationnel &#187; est la solution. Et qu'est-ce que le relationnel, mesdames et messieurs ? C'est tout simplement le nouveau nom attalien de l'altruisme ou de l'amour du prochain, selon les conceptions du monde. Il suffira que l'humanit&#233; ait eu les jetons un bon coup pour qu'elle s'en remette aux sentiments bons, g&#233;n&#233;reux, altruistes... qui nous habitent tous en masse. Les transhumains comme les infrahumains, tous bons et tous copains ! Voil&#224; l'avenir qu'il a vu pour nous car &#171; le po&#232;te voit toujours plus loin que l'horizon &#187; comme le disait si bien ce vieux stalinien d'Aragon ! Mais cette occultation de toute id&#233;e politique est en fait une manoeuvre volontaire pour que le capitalisme dont l'auteur d&#233;crit les m&#233;faits ne soit pas attaqu&#233; dans ses fondements ! Le premier impens&#233; de ce livre est donc la politique. Etrange pour quelqu'un qui fut le conseiller du Prince, au sens machiav&#233;lique le plus pur du mot ! Mais il y a un second impens&#233; encore plus net dans ce livre, c'est la Terre et ses ressources. Tout se passe, quand on lit attentivement ce livre (et je l'ai fait !) comme s'il n'y avait aujourd'hui aucun probl&#232;me d'&#233;nergie &#224; l'horizon, pas de r&#233;chauffement climatique, pas de pollution, pas de morts industrielles dues aux modes de travail et de fabrication des produits, etc... Rien. Le n&#233;ant. Le monde se fait, se d&#233;fait et se reconstruit dans un univers isotropique. Et l&#224;, monsieur Attali, c'est carr&#233;ment criminel ! Car vous &#234;tes trop intelligent et trop ins&#233;r&#233; dans les r&#233;seaux mondiaux, avec PlaNet Finances, par exemple pour ne pas savoir que l'avenir se joue d'abord l&#224;, dans le traitement que nous infligeons au monde sensible. L&#224;, votre livre est dangereux plus qu'il n'est vain, car il entretient la double illusion que l'avenir du monde sera a-id&#233;ologique et sans soucis environnementaux, alors que si les orientations mondiales, nationales et locales ne changent pas radicalement, il sera peut-&#234;tre d&#233;j&#224; trop tard &#224; la fin du XXI&#232;me si&#232;cle pour une bonne partie de l'humanit&#233;, et encore un fois les pauvres (les &#171; infrahumains &#187; de votre monde a-politique !).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ecrire un tel livre quand on a votre intelligence et votre exp&#233;rience du monde est une petite infamie. Si vous lisez ces lignes, je vous lance un d&#233;fi : contactez-moi, rencontrons-nous et parlons. Et si vous le voulez &#233;crivons ensemble un autre livre, un o&#249; les voix se confronteraient pour dire les divergences de vue. Comme vous je ne suis l'homme d'aucun parti politique, un petit homme qui essaie de pr&#233;server sa libert&#233; de pens&#233;e dans un monde et une soci&#233;t&#233; fran&#231;aise o&#249; tout formate les esprits pour le grand esclavage consum&#233;riste suicidaire global. Ne me d&#238;tes pas que vous avez renonc&#233; &#224; changer l'avenir que ce capitalisme ignoble nous pr&#233;pare !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Michel Dauriac&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Affinity Quartet, &#231;a d&#233;m&#233;nage au 440 de M&#233;rignac !</title>
		<link>http://musiquesetmots.danslamarge.com/Affinity-Quartet-ca-demenage-au.html</link>
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		<dc:date>2007-04-21T16:22:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

<category domain="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Espace-Jazz-.html">Espace Jazz</category>

		<dc:subject>jazz</dc:subject>

		<description>un petit compte-rendu critique d'un excellent concert intimiste d'un tr&#232;s bon groupe aquitain

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&lt;a href="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Espace-Jazz-.html" rel="directory"&gt;Espace Jazz&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Samedi soir 10 mars 2007, le quartet Affinity se produisait dans un bar &#224; musiques de M&#233;rignac, le &quot;440&quot;. Pour un Bordelais moyen, aller &#224; M&#233;rignac un samedi soir &#233;couter de la musique c'est comme aller en province pour un Parisien. Ils y sont donc assez rares, ce qui laisse la place aux autres et c'est pas plus mal.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ambiance sympa, avec un v&#233;ritable accueil et surtout un authentique coin non-fumeur, ce que j'appr&#233;cie grandement (vivement octobre 2007 qu'on en finisse avec la fumasserie passive !). Autre bon point, &#231;a commence &#224; l'heure ! On n'est plus habitu&#233;, &#224; force de poireauter des dizaines de minutes, ce qui fait boire un peu plus, c'est toujours bon pour le comptoir ! mais tr&#232;s mauvais pour le respect du spectateur. Car l'exactitude n'est pas qu'une convention bourgeoise voire royale, mais une authentique forme de courtoisie envers ceux qui se sont d&#233;plac&#233;s pour &#233;couter. Et tant pis pour les retardataires !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;adresse de leur site :&lt;a href=&quot;http://affinityquartet.free.fr/index.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt; http://affinityquartet.free.fr/index.htm &lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Samedi soir 10 mars 2007, le quartet Affinity se produisait dans un bar &#224; musiques de M&#233;rignac, le &quot;440&quot;. Pour un Bordelais moyen, aller &#224; M&#233;rignac un samedi soir &#233;couter de la musique c'est comme aller en province pour un Parisien. Ils y sont donc assez rares, ce qui laisse la place aux autres et c'est pas plus mal]
Deux sets denses de standards sur base rythmique funk et latino, mais subtilement vari&#233;e. On d&#233;bute par &quot;Caravan&quot;, histoire de se chauffer sans trop de risques et de donner des gages au public. Puis on embarque dans des morceaux moins connus, tant au point de vue du tempo que des rythmes. Affinity assure vraiment. On sent la complicit&#233; de longue date et tout cela baigne dans l'huile de sc&#232;ne. Chacun prend ses chorus avec entrain et sans barguigner : basse, piano, et saxo ; le seul qui ne chorusera pas c'est le batteur (Philippe Valentine), mais de fait, si l'on est attentif &#224; son jeu, et je l'&#233;tais, assis &#224; deux m&#232;tres de lui, il est clair qu'il choruse tout le temps, &#224; sa fa&#231;on. Un vrai spectacle &#224; lui tout seul. L'&#233;couter et le regarder permet de comprendre comment faire parler une batterie. J'admire surtout la grande pr&#233;cision rythmique et le dosage des frappes. Avec un tel batteur, il est facile d'avoir l'impression de voyager dans un wagon pullman. Ce qui permet aux trois autres larrons de s'en donner &#224; coeur joie &#224; tour de r&#244;le. Francis Fontes assure la tenue du piano de mani&#232;re tr&#232;s efficace et subtile, notamment dans les accompagnements toujours structurants mais jamais lourds. A la basse, Dominique Bonadei est celui qui assure la coordination de l'ensemble. Il prend ses tours avec autorit&#233; et jubilation comunicatives. Jeu de basse tr&#232;s dynamique, sans perdre le caract&#232;re m&#233;lodique, chose assez rare pour &#234;tre signal&#233;e. Aux sax t&#233;nor ou soprano, Herv&#233; Fourticq asssure la chaleur cuivr&#233;e du son. Ce n'est pas un coltranien, de toute &#233;vidence, et ce n'est pas un reproche, simplement un constat. Il y a des influences des grands saxophonistes mainstream dans son jeu, &#224; la fois rapide et pr&#233;cis. La m&#233;lodie est toujours l&#224; dans le chorus, &#224; fleur de rythme. L'alternance des deux instruments permet d'&#233;viter l'uniformit&#233;. J'ai song&#233; plusieurs fois &#224; Stan Getz en l'&#233;coutant ou alors au Sonny Rollins et Coltrane des ann&#233;es 1950. Je dois avouer que c'est exactement le style de jeu que j'aime. Donc, j'ai beaucoup appr&#233;ci&#233; ses interventions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le deuxi&#232;me set se termine en feu d'artifice par une tr&#232;s longue version de &quot;Manteca&quot; qui nous laisse scotch&#233;s sur nos chaises. Je repars avant le boeuf - j'aime pas vraiment les bovins musicaux ! - en emportant pour moi tout seul des bouff&#233;es de morceaux dans le silence automobile de ma nuit banlieusarde (putaing voil&#224; une vraie phrase litt&#233;raire comme on aime dans les m&#233;dias). So long et plus si affinity !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J.M. Dauriac, le lendemain .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>L'Ensemble Orchestral de Bordeaux &#224; Saint-Emilion</title>
		<link>http://musiquesetmots.danslamarge.com/L-Ensemble-Orchestral-de-Bordeaux.html</link>
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		<dc:date>2007-04-21T16:18:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

<category domain="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-J-aime-aussi-beaucoup-le-classique-.html">J'aime aussi beaucoup le classique !</category>

		<dc:subject>Musique classique</dc:subject>

		<description>compte-rendu rapide et &#224; chaud d'un concert donn&#233; par cet orchestre pour l'ouverture de la saison culturelle dans la Coll&#233;giale de la cit&#233; du vin par excellence

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Ensemble Orchestral de Bordeaux : &#171; Tous ensemble, tous ensemble&#8230; &#187; pour la d&#233;mocratisation de la musique classique !
&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;
Dimanche 25 mars 2007 &#8211; Saint-Emilion &#8211; Eglise coll&#233;giale &#8211; temps gris et pluvieux &#8211; pas de vent &#8211; temp&#233;rature fra&#238;che . 16 heures.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avis d'air musical sur la cit&#233; du Patrimoine Mondial de l'Humanit&#233;, ce soir l'Ensemble Orchestral de Bordeaux se produit, pour l'ouverture de la saison artistique de Saint-Emilion. La premi&#232;re constatation est qu'il y a beaucoup de monde, et dans l'auditoire, une proportion assez importante de jeunes. La seconde est que le lieu est magnifique -mais frisquet, car pas facile &#224; chauffer vus les volumes ! &#8211; et garantira une acoustique splendide. Le programme est all&#233;chant, avec deux immenses compositeurs au menu : Joseph Haydn (1732-1809) et Ludwig van Beethoven (1770-1827).&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_43 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/EOB_collegiale2.jpg' width='400' height='267' alt='(JPG)' /&gt;&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;L'orchestre en action - Photo Bernard Lamarque BordeauxActu.com&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le concert se d&#233;roule en deux parties : Le premier concerto pour violoncelle et orchestre de Hyadn ouvre la s&#233;ance. L'orchestre est en formation moyenne, surtout des cordes. Le violoncelle solo est assur&#233; par Isabelle Brangier, musicienne bordelaise de formation, qui fera preuve tout au long de cette &#339;uvre tr&#232;s m&#233;lodique d'un beau toucher et d'un vibrato bien contr&#244;l&#233;.&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_42 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/EOB_collegiale1.jpg' width='380' height='253' alt='(JPG)' /&gt;&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Isabelle Brangier, violoncelliste solo sur Haydn - Photo Bernard Lamarque BordeauxActu.com&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le chef, Lionel Gaudin-Villard, fondateur de l'orchestre m&#232;ne ses troupes de main de ma&#238;tre. Sur cette premi&#232;re partie, on peut reprocher &#224; l'orchestre de manquer de puissance dans les &#171; forte &#187;, mais c'est le tour de chauffe et je n'&#233;tais pas forc&#233;ment id&#233;alement place, en position lat&#233;rale. Au fur et &#224; mesure que le concerto avance dans ses trois mouvements, la machine s'huile et finit tr&#232;s unie. Une belle composition de Haydn dont il faut savoir reconna&#238;tre la place majeure qu'il occupe dans la musique classique occidentale, alors que Mozart lui a ravi, assez injustement la vedette tout en s'inspirant largement de lui. Les &#339;uvres de Haydn poussent &#224; la perfection le style classique et poss&#232;dent un sens permanent de la m&#233;lodie qui n'est jamais sacrifi&#233;e &#224; l'harmonie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la seconde &#339;uvre, on change de cylindr&#233;e : l'orchestre s'&#233;toffe de musiciens, surtout chez les &#171; soufflants &#187;, avec des hautbois, des fl&#251;tes en nombre double. On atteint ainsi la trentaine de musiciens. Mais s'ajoutent aux instrumentistes une bonne soixantaine de choristes et quatres solistes. Au r&#233;pertoire ce jour une pi&#232;ce ma&#238;tresse, la Messe en Ut majeur de Beethoven. Un morceau de roi, qui s'&#233;tale largement dans le temps et use de toute la palette vocale et instrumentale. Au solo, Clotilde Fiter-Lecomte, soprano, Nadine Gabard, mezzo-soprano, Pierre Rousseau, t&#233;nor et Herv&#233; Hennequin, basse. L&#224;, le moteur rugit d&#232;s le d&#233;part, et il n'est plus question de manque de puissance ; les timidit&#233;s initiales sont oubli&#233;es. L'&#339;uvre emporte la fougue du jeune chef qui transmet son &#233;nergie &#224; l'ensemble. Une messe est un exercice de style vocal, avec ses textes en latin immuables et ses mots rares accroch&#233;s &#224; des m&#233;lodies complexes. L'ensemble &#224; quatre voix des solistes fonctionne bien, servi par une acoustique de qualit&#233;. Le matelas de l' &#171; Ensemble vocal de Bordeaux &#187;, li&#233; &#224; l'orchestre de mani&#232;re organique, apporte &#224; la fois moelleux et puissance. On salue les nuances bien marqu&#233;es tant au plan instrumental que vocal et la conduite sans bavure de Lionel Gaudin-Villard qui &#224; l'&#339;il sur tout, et comme tous les bons chefs d'orchestre vit son &#339;uvre de bout en bout. Un gros succ&#232;s &#224; l'applaudim&#232;tre, un morceau de rappel, et c'est fini ! Presque deux heure de concert, et on ne s'est pas ennuy&#233; une seconde.&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_44 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/EOB_collegiale3.jpg' width='253' height='380' alt='(JPG)' /&gt;&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Lionel Gaudin-Villard, chef de l'EOB - Photo Bernard Lamarque BordeauxActu.com&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'Ensemble Orchestral de Bordeaux est un bel orchestre qui doit m&#251;rir comme tous les grands orchestres. Il doit apprendre &#224; vivre en sc&#232;ne et &#224; donner d&#232;s le d&#233;part le meilleur de lui-m&#234;me. Il doit op&#233;rer cette fusion symbiotique qui ne vient qu'en jouant et dans la continuit&#233; de direction. Il a d'ores et d&#233;j&#224; de la qualit&#233; et un bon chef : Lionel Gaudin-Villard est un grand chef dans un corps menu, ce qui l'anime d'une &#233;nergie irr&#233;pressible quand il dirige. Habit&#233; il est du d&#233;but jusqu'&#224; la derni&#232;re note.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'id&#233;e de jouer dans des lieux d&#233;centralis&#233;s par rapport &#224; Bordeaux me semble excellente : ce n'est qu'&#224; cette condition que le public le pluslarge pourra venir d&#233;couvrir la grandeur de cette musique &#233;ternelle. L'orchestre s'est dot&#233;e en janvier 2007 d'une nouvelle structure associative, attentive aux besoins de musiciens.&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_45 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/EOB_collegiale_franck.jpg' width='280' height='229' alt='(JPG)' /&gt;&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Franck Dijeau, pr&#233;sident de l'EOB - photo Bernard Lamarque BordeauxActu.com&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Elle est pr&#233;sid&#233;e par Franck Dijeau, directeur de l'&#233;cole de musique de Cenon et de l'IREM &#224; Bordeaux ; un Directeur G&#233;n&#233;ral, Fr&#233;d&#233;ric Hauselman, compl&#232;te l'organigramme de ce vaisseau qui a tout maintenant pour voguer dans les eaux hauturi&#232;res du succ&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Michel Dauriac&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>La maison du retour - Jean-Paul Kauffmann - Nil &#233;ditions 2006</title>
		<link>http://musiquesetmots.danslamarge.com/La-maison-du-retour-Jean-Paul.html</link>
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		<dc:date>2007-03-07T13:23:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

<category domain="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Livres-.html">Livres</category>

		<dc:subject>Litt&#233;rature</dc:subject>

		<description>Comment &#233;crire avec gr&#226;ce un livre sur un sujet &#224; la fois tr&#232;s peu fourni et tr&#232;s personnel, sans verser dans le voyeurisme, l'impudique ou le clich&#233; ? R&#233;ponse en lisant &quot;La maison du retour&quot;

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&lt;a href="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Livres-.html" rel="directory"&gt;Livres&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://musiquesetmots.danslamarge.com/+-Litterature-+.html" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La maison du retour
&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;J.P Kauffmann&lt;/strong&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Nil &#233;ditions 2006 296 p&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Peut-on dire d'un livre qu'il est gracieux sans que cela soit imm&#233;diatement compris comme une minoration ? Ce livre a de la gr&#226;ce. Le contraire de la lourdeur, de la m&#233;canique et de l'&#233;criture au kilom&#232;tre.&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_41 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/la-maison-du-retour.jpg' width='304' height='487' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il ne s'agit nullement d'un roman, comme le titre pourrait le laisser croire. Je n'ai pas lu les autres livres de Kauffmann (mais je vais sans doute revenir sur mes pas en la mati&#232;re), et cependant j'ai l'impression que de puis &#171; Le bordeaux retrouv&#233; &#187;, son premier livre apr&#232;s sa captivit&#233;, dont il nous livre la gen&#232;se et le d&#233;cor d'&#233;criture, il ne fait que creuser le m&#234;me sillon, comme tout &#171; auteur &#187; tel que les &#171; Cahiers du cin&#233;ma &#187; ou &#171; T&#233;l&#233;rama &#187; les d&#233;finissaient en leur temps. Mais fait-on autre chose qu'arriver ? comme le chantait si bien Jacques Brel ? Ce n'est donc pas un roman. Ce n'est pas un essai non plus, il n'y &#224; la aucune place pour un raisonnement et une d&#233;monstration th&#233;matique. Et pourtant elle y est, solide mais tacite. Peut-&#234;tre est des m&#233;moires ? Je dirais plut&#244;t que c'est un r&#233;cit de reconstruction, tout &#224; la premi&#232;re personne. Les &#233;crits que je pr&#233;f&#232;re sont ceux-l&#224; : les auteurs ne se d&#233;robent pas derri&#232;re ce vous impersonnel de l'universit&#233; ou ce &#171; on qui est un con &#187; comme le rappelle Kauffmann au d&#233;tour d'une page. Tu &#233;cris, alors signe de ton nom, &#224; la pointe de ton bic ou de ton Mont-Blanc, les mots que tu faits na&#238;tre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J.P Kauffmann raconte un r&#233;cit en trois ou quatre mouvements. J'appelerais d'ailleurs assez volontiers ce livre &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Concerto pour survivant, maison de campagne et personnages classiques&lt;/i&gt; &#187;. J'ai en effet &#233;t&#233; sensible &#224; la construction musicale de l'ouvrage, &#224; ces &#233;changes permanents entre lui et les autres, r&#233;unis en orchestre complet ou en duo, triplette&#8230; Th&#232;me de l'&#339;uvre r&#233;sum&#233; parfaitement par le titre. Au retour de ces trois ann&#233;es de captivit&#233; au Liban, dont toute la France se souvient encore, il lui est impossible de recommencer comme avant. Il est convalescent comme il l'&#233;crit et doit g&#233;rer ce retour. Il cherche alors la maison qui va &#234;tre ce lieu de retour au monde, faute de ne jamais pouvoir &#234;tre un retour &#224; la normale. Et il la cherche finalement dans l'endroit le plus improbable apparemment : les Landes de Gascogne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;premier mouvement&lt;/strong&gt; est &quot;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;la qu&#234;te de la maison&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&quot;. Expos&#233; du motif et &#233;change m&#233;lodique &#224; trois voix : Jean-Paul, sa femme Jo&#235;lle et le marchand de biens local, Lapouyade. Une partie tr&#232;s british par son humour pince-sans-rire. Le personnage de Lapouyade &#233;volue au fil des reprises du th&#232;me, prend de l'&#233;paisseur, du myst&#232;re et finit par devenir un des leitmotivs du livre. Et comme dans les bons drames, c'est au moment le plus inattendu, alors que nous n'esp&#233;rons plus que LA maison choisit son nouveau propri&#233;taire. &#171; Les Tilleuls &#187;, une ancienne maison de ma&#238;tre inhabit&#233;e depuis la seconde guerre mondiale o&#249; elle a servi de lupanar de luxe &#224; l'arm&#233;e allemande. Pourquoi elle ? Parce que c'&#233;tait elle simplement&#8230; &#233;vidence spirituelle et magn&#233;tique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;second mouvement&lt;/strong&gt; pourrait &#234;tre titr&#233; &#224; la Berlioz : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Castor et Pollux refondent Les Tilleuls&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;. C'est la p&#233;riode originelle, fondatrice, celle dont on sent bien qu'elle fut la pr&#233;f&#233;r&#233;e et la meilleure de l'auteur. Il s'installe dans cette maison en chantier et &#171; surveille &#187; les deux ouvriers portugo-landais qui retapent le lieu sous la conduite d'un ami architecte, Urbain, un autre des leitmotivs du livre, qui sera d'ailleurs crois&#233; &#224; la fin avec Lapouyade dans une sorte de choral polyphonique conclusif ouvert. L'homme bless&#233; se r&#233;concilie avec cette nature landaise et avec ses semblables fr&#233;quent&#233;s &#224; dose hom&#233;opathique. Un beau mouvement o&#249; Haydn et Virgile sont les refrains obs&#233;dants du rite quotidien. Et puis un jour la nouvelle tombe : les travaux sont termin&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Troisi&#232;me mouvement&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Et la maison devint familiale&#8230;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;. Ce qui aurait pu &#234;tre le &#233;ni&#232;me discours sur le retour au vert d'un bourgeois cultiv&#233; urbain est transcend&#233;. Et c'est l&#224; qu'est atteint le style &#171; gracieux &#187; qui fait effectivement songer autant &#224; Haydn qu'&#224; Mozart. A aucun moment il n'est question d'une &#171; r&#233;sidence secondaire &#187;, de fiestas entre copains, de &#171; d&#233;compresser de la vie tr&#233;pidante de la ville &#187;. Gr&#226;ces soient rendues &#224; Jean-Paul Kauffmann de nous &#233;viter cela. Par contre il sait, comme je l'ai rarement lu, traduire les &#233;tats d'&#226;me de l'homme m&#251;r face &#224; son pass&#233;, aux livres, aux lieux et aux autres hominiens. Le repas de cr&#233;maill&#232;re peut devenir un texte &#224; &#233;tudier en classe, si l'on &#233;tudiait encore vraiment la litt&#233;rature au lyc&#233;e ! Il y a du Stendhal dans ces pages ! Corrosion du propos habill&#233; de mots si l&#233;gers et de phrases si cisel&#233;es que l'on peut passer &#224; c&#244;t&#233; sans la voir, un peu comme le reste de blockhaus qui jouxte &#171; Les Tilleuls &#187;. On peut investir un lieu, lui pr&#234;ter son &#226;me, mais il garde avant tout la sienne. Il faut savoir trouver les mots, les images pour traduire cela. Kauffmann l'a fait et r&#233;ussi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Quatri&#232;me mouvement&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Et l'homme se retourna sur les ann&#233;es pass&#233;es aux Tilleuls&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;. Seize ann&#233;es plus tard il entame le final. Il est plus grave, une sorte d'adagio que je qualifierais de &#171; mahl&#233;rien &#187;. Les th&#232;mes des autres mouvements sont repris, tiss&#233;s, enrichis. Les voix du ch&#339;ur entrent en jeu. La cath&#233;drale r&#233;sonne de la vie retrouv&#233;e, mais pas la m&#234;me. Magnifique exercice de pudeur et de d&#233;voilement m&#234;l&#233;s. Lapouyade et Urbain reviennent, enrichis des Voisins ; un petit rappel du second mouvement fait entendre finement et bri&#232;vement les hautbois de Castor et Pollux. Et tout s'embrasse doucement dans l'air final que j'ai envie d'appeler &#171; le chant du m&#233;tier de vivre &#187;. Quel beau texte ! Je me permets de le reproduire ci-apr&#232;s. S'il ne devait rester que cela de ce livre ce serait une grande r&#233;ussite d&#233;j&#224; ! Mais d&#233;j&#224; la note derni&#232;re meurt doucement dans un murmure.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On sort de ce livre en appesanteur, comme s&#233;par&#233; du monde, exactement comme l'auteur se d&#233;finit lui-m&#234;me, spectateur recul&#233; mais non absent. Les livres gracieux sont rares, raison de plus pour se les conseiller dans un bouche &#224; oreille gourmand. De plus, c'est une &#233;vidence mais il faut la formuler : les Landes sont le support principal de ce concerto intimsite. Et pas les Landes des stakhanovistes du kilom&#233;trage qui n'y voient efffectivement que pins ennuyeux et ma&#239;s aquavores. Non, les Landes d'Arnaudin, Manciet et F&#233;ni&#233;, celles qui ne livrent qu'apr&#232;s de longs pr&#233;liminaires et une cour patiente, les landes secr&#232;tes que Lapouyade et urbain personnifient &#224; merveille dans ce r&#233;cit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un bien beau livre, comme dirait ma concierge qui &#233;crit des critiques dans &#171; Gala &#187; !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J.M. Dauriac&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Quelques extraits :&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est beaucoup question des livres et de la lecture dans cet ouvrage, car J.P. Kauffmann a tenu le coup lors de sa d&#233;tention gr&#226;ce aux quelques livres qu'il a pu obtenir. Mais son rapport &#224; la lecture est ensuite devenu beaucoup plus distant pour ne pas dire faible.. Il &#233;crit :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;pineuse question des livres, jamais r&#233;solue se pose &#224; tout Occidental alphab&#232;te autour de la cinquantaine qui pendant toute une vie accumule des bouquins et r&#233;pugne &#224; s'en s&#233;parer. Les r&#233;sidences secondaires sont justement faites pour cela : desserrer la pression de cette force qui menace et rassure. Un moyen &#233;l&#233;gant de les mettre en maison de retraite. On leur fait de temps &#224; autre une visite, on se persuade qu'on garde le contact&lt;/strong&gt;. &#187; page 113&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un aphorisme &#233;l&#233;gant :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qu'on esp&#232;re est toujours plus beau que ce que l'on conquiert.&lt;/strong&gt; &#187; page 201&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une belle explication culturelle r&#233;f&#233;rencielle :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Je me souviens de ce passage de &#171; Rhizome &#187; [de Gilles Deleuze et F&#233;lix Guattari] montrant que &#171; l'arbre a domin&#233; la r&#233;alit&#233; occidentale et toute la pens&#233;e occidentale &#187; et que le rhizome, syst&#232;me auquel ob&#233;it le bambou, s'oppose &#224; ce mod&#232;le. Voil&#224; peut-&#234;tre l'explication : je suis un Occidental ind&#233;crottable, incapable de concevoir la richesses et la complexit&#233; de la structure rhizomique, propre &#224; l'Orient. Chaque matin, arm&#233; d'une cisaille, je m'attaque aux bambous&lt;/strong&gt;. &#187; page 209&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A propos de la propri&#233;t&#233; et de la richesse, alors qu'il vient d'acqu&#233;rir une parcelle de plus pour prot&#233;ger sa maison des constructions potentielles :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui est souvent d&#233;plaisant chez les gens riches, c'est la pr&#233;somption possessive. Ils sont convaincus que tout est r&#233;gl&#233;, qu'ils jouissent pleinement de leurs richesses, que leur bonheur d&#233;pend de ce qu'ils poss&#232;dent. D'avoir du bien les persuade qu'ils sont bien. A trop pratiquer l'auto-suggestion, ils deviennent path&#233;tiques ou odieux&lt;/strong&gt;. &#187; page 243.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et pour finir, le choral &#233;voqu&#233; plus haut sur le m&#233;tier de vivre :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;En d&#233;pit des menaces, mon existence est port&#233;e plus que jamais par le d&#233;sir de vivre, de sentir, de regarder. Surtout de regarder car je suis devenu un spectateur irrassasiable du monde. Cette disposition, je la dois &#224; la maison dans la clairi&#232;re. Aux Tilleuls, j'ai pris conscience de cette &#233;vidence : &#234;tre vivant suscitait en moi une joie invincible. Maintenant la course des jours s'acc&#233;l&#232;re, la carcasse geint, l'esprit se d&#233;grise, la parole rab&#226;che, mais l'&#226;me garde intacts son ardeur et son &#233;lan vital. Rien ne peut r&#233;sister &#224; une telle alacrit&#233;.
La vie est-elle un m&#233;tier ? J'ai lu avec passion le journal de Pavese, &#171; Le m&#233;tier de vivre &#187; qui s'interrompt le 27 ao&#251;t 1950 avec le suicide de m'&#233;crivain dans une chambre de l'h&#244;tel Roma &#224; Turin. Me livre se termine ainsi : &#171; Pas de paroles. Un geste. Je n'&#233;crirai plus. &#187;
Pourtant il a inscrit cette phrase : &#171; L'unique joie au monde c'est de commencer. &#187; Ce monologue sans faits, sans anecdotes, presque sans noms de personne est admirable.
Vivre. A l'&#233;vidence, Pavese n'avait jamais eu la vocation (n'a-t-il pas &#233;crit un recueil de po&#232;mes intitul&#233; &#171; Travailler fatigue &#187; ?). J'aime ce m&#233;tier. Malgr&#233; la violence et la vulgarit&#233; de ces &#171; sombres temps &#187;, le principe vital est plus ardent que jamais. Le m&#233;tier de vivre est pourtant p&#233;nible. On s'y &#233;reinte. C'est souvent r&#233;p&#233;titif. Mais pour rien au monde je ne renoncerai au charme douloureux de ma condition d'homme.
Un regret cependant : &#224; peine a-t-on acquis quelque comp&#233;tence qu'il faut partir. L'emploi est beaucoup trop provisoire, c'est vrai, mais il me procure souvent de l'all&#233;gresse. Pas l'all&#233;gresse du travail bien fait car il est impossible d'exercer ce m&#233;tier avec comp&#233;tence. Ce sont n&#233;anmoins ces moments-l&#224; que je d&#233;sire retenir.
Je sais qu'il ne faut pas trop s'attacher : &#171; Celui qui aime sa vie la perdra &#187; assure l'ap&#244;tre Jean&lt;/strong&gt;. &#187; pages 277-278.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La cavali&#232;re Elsa - Pierre Mac Orlan - Folio gallimard</title>
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		<dc:date>2006-12-30T19:43:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

<category domain="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Romans-.html">Romans</category>

		<dc:subject>Litt&#233;rature</dc:subject>

		<description>Une petite raret&#233; ; pas de quoi crier au g&#233;nie, mais un livre qui peut permettre de red&#233;couvrir un &#233;crivain qui m&#233;rite mieux que le n&#233;ant dans lequel il repose aujourd'hui

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_40 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/la-cavaliere-Elsa.jpg' width='251' height='419' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un roman de politique-fiction &#233;crit dans le contexte de la R&#233;volution Russe. Int&#233;ressant par le style de l'auteur qui est un bon &#233;crivain au style personnel et original. L'id&#233;e d'une conqu&#234;te de l'Europe par l'Arm&#233;e Rouge est audacieuse quand il &#233;crit ce livre au tout d&#233;but des ann&#233;es 1920. Mais en lisant l'ouvrage, on se rend vite compte que ce n'est pas l'aspect militaire ou m&#234;me politique qui int&#233;resse Mac Orlan : le communisme n'a aucune chair dans ce livre, pas de projet, juste une soif de dominer. Quand aux combats, ils ne sont m&#234;me pas &#233;voqu&#233;s. Ce qui est le c&#339;ur du roman se trouve dans la rencontre d'une formidable soif de revanche d'une jeune juive allemande &#233;migr&#233;e en Russie et des id&#233;es machiav&#233;liques et manipulatrices des dirigeants du Parti. Ils cherchent un symbole fort pour faire avancer leurs troupe. Une ic&#244;ne vierge de toute scorie. Ils la fabriquent &#224; partir de la jeune femme. Elle devient l'objet d'un culte populaire en Europe. Une sorte de Madone Rouge. Mais en m&#234;me temps, elle est forc&#233;ment condamn&#233;e &#224; dispara&#238;tre quand elle aura rempli son r&#244;le, ce qui arrive brutalement &#224; la fin du livre. C'est d'ailleurs la fin de ce roman qui est assez m&#233;diocre. On sent nettement que l'auteur n'a pas trouv&#233; la bonne sortie, qu'il a emprunt&#233; la plus facile ou qu'il a simplement manqu&#233; d'inspiration. Un roman int&#233;ressant pour conna&#238;tre cette g&#233;n&#233;ration d'&#233;crivains tr&#232;s c&#233;l&#232;bres dans les ann&#233;es 1920-1950 et qui ont bascul&#233; dans un oubli quasi-total. Que Mac Orlan ait &#233;crit &#171; Quai des brumes &#187; ou &#171; La bandera &#187;, deux des grands succ&#232;s adpat&#233;s par le cin&#233;ma, tout le monde ou presque l'a oubli&#233; : c'&#233;tait au temps du cin&#233;ma en noir et blanc, autant dire au pal&#233;olitihique ! Cela permet aussi de m&#233;diter sur les modes en litt&#233;rature et leur redoutable efficacit&#233; , dans le sens de la c&#233;l&#233;brit&#233; comme de l'oubli. Mac Orlan m&#233;rite de retrouver son rang de bon auteur fran&#231;ais, aux c&#244;t&#233;s des Joseph Kessel, Pierre Beno&#238;t ou autres Georges Duhamel. Ca vaut largement Houellebecq ou Djian !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J.M. Dauriac 30 d&#233;cembre 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Eloge des femmes m&#251;res -Stephen Vizinczey - Folio Gallimard</title>
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		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

<category domain="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Romans-.html">Romans</category>

		<dc:subject>Litt&#233;rature</dc:subject>

		<description>Un roman passionnant qui peut &#234;tre desservi par un titre ambig&#252;.

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un roman dont j'ai longtemps diff&#233;r&#233; l'achat en raison du caract&#232;re racoleur des son titre et de la photo de couverture, alors qu'il &#233;tait &#233;dit&#233; aux Editions du Rocher. Le passage en collection de poche m'a d&#233;cid&#233; &#224; le lire.&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_39 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/eloge_femmes_mures.jpg' width='148' height='248' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est un grand livre. Un de ces bouquins qu'on ne peut plus l&#226;cher quand on en a attaqu&#233; la lecture. Les amateurs d'&#233;rotisme lourd en seront pour leurs frais. Ici tout est plut&#244;t laisss&#233; &#224; l'imagination du lecteur, ce qui est le v&#233;ritable &#233;rotisme. Les passages proprement ax&#233;s sur ce sujet sont d'ailleurs en nombre limit&#233;. Il s'agit en fait d'un roman initiatique comme de nombreux grands chefs d'&#339;uvre de la litt&#233;rature mondiale, et je ne suis pas certain que ce livre-l&#224; ne les rejoigne pas. Car il a tout pour &#234;tre un classique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'abord une &#233;criture styl&#233;e, classique dans la forme et recherch&#233;e dans la construction (autant que l'on puisse le savoir avec une traduction). A aucun moment la lecture ne devient p&#233;nible et pourtant les id&#233;es peuvent l'&#234;tre. Ensuite un personnage qui a de l'&#233;paisseur non parce qu'il se d&#233;crit comme un super-h&#233;ros, mais par ce qu'il vit et fait, par ses doutes, mais aussi par le contexte historique choisi (celui de la seconde guerre mondiale jusqu'&#224; l'&#233;crasement de la r&#233;volte de Budapest ) qui nous inscrit dans la grande histoire v&#233;cue par un anonyme. Et enfin un th&#232;me qui e&#251;t pu &#234;tre grivois, voire carr&#233;ment pornographique, et qui s'av&#232;re simplement libertin, avec la gr&#226;ce d'&#233;criture qui va avec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le personnage principal nous est pr&#233;sent&#233; d&#232;s l'enfance comme aimant les femmes ; il est leur ami, il n'a pas &#224; triompher d'elles pour exister ; ce qui lui facilite &#233;videmment les conqu&#234;tes. J'ai pens&#233; au joli film de Fran&#231;ois Truffaut, &#171; L'homme qui aimait les femmes &#187;. Le roman est une suite de tableau &#224; tous les &#226;ges du h&#233;ros : enfant dans le cocon familial, puis pr&#233;cipit&#233; dans la guerre et la survie ; adolescent pr&#233;matur&#233; dans les bases am&#233;ricaines apr&#232;s avoir connu la fuite du r&#233;fugi&#233; et du prisonnier. Jeune homme lors de ses &#233;tudes et de ses premi&#232;res amours dans une ville de Budapest qui pense inventer le fameux socialisme &#224; visage humain. Et finalement r&#233;fugi&#233; politique en Italie puis au Canada. Il y a donc comme superstructure &#224; ce r&#233;cit la travers&#233;e d'une p&#233;riode agit&#233;e du XX&#232;me si&#232;cle. Et l'auteur sait merveilleusement nous faire partager ses espoirs, ses craintes, ses doutes, &#224; hauteur d'homme , pas dans la pompe glaciale des livres d'Histoire. Partout il y a place pour l'amour, soit v&#233;nal, soit dernier refuge de l'humanit&#233;. Sur cette base qui aurait d&#233;j&#224; suffi &#224; donner un grand roman, l'auteur rajoute le fil conducteur de sa passion pour les femmes plus &#226;g&#233;es que lui et m&#251;res (mais pas blettes, car il a du go&#251;t !). Et c'est par la conjonction des deux niveaux romanesques que le livre devient grand. Chaque histoire d'amour est inscrite dans le r&#233;el et dans la chair de ses protagonistes. Quand il aime une femme d'ouvrier, nous sommes au c&#339;ur de la vie prol&#233;tarienne hongroise, lorsqu'il laisse battre son c&#339;ur pour une bourgeoise voisine, nous p&#233;n&#233;trons avec lui dans ces familles ais&#233;es de Budapest juste avant la grande lessive communiste de l'apr&#232;s-guerre. Le d&#233;part en Italie nous permet de voir un versant plus intimiste de la Dolce Vita. Les notations sociales et intellectuelles sont bien plus importantes que les descriptions pointillistes des rapports amoureux. Quand il parle d'une vierge, ce n'est pas graveleux mais &#233;mouvant de r&#233;alisme. Lorsqu'il aborde une belle femme frigide et trouve comment lui donner du plaisir, il n'y a rien de cochon l&#224;-dedans, mais la vie avec ce que nous cachons souvent, sauf au docteur Freud !
Quand le livre se referme, la tristesse nous &#233;treint. C'est d&#233;j&#224; fini. Mais comme pour tous les grands livres, Andres Vajda continue &#224; vivre dans notre imaginaire &#224; c&#244;t&#233; du Grand Meaulnes ou de Werther.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour finir une remarque comparatiste : j'ai beaucoup pens&#233; au livre d'un autre hongrois, Imre Kertez, &#171; Etre sans destin &#187;. Cette fa&#231;on de d&#233;caler un r&#233;cit face au tragique du monde est commun aux deux livres qui sont deux grands romans du XX&#232;me si&#232;cle. Qu'on se le lise !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J.M. Dauriac 30 d&#233;cembre 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Renaud - Rouge sang</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

<category domain="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Chanson-Francaise-.html">Chanson Fran&#231;aise</category>

		<dc:subject>chanson &#224; texte</dc:subject>

		<description>le dernier opus (un double cd) du &quot;chanteur &#233;nervant&quot;, qui &#233;nerve plus personne , mais qui m'ennuie pas mal...

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai &#233;t&#233; Renaudphile, je le confesse ; au point d'acqu&#233;rir l'int&#233;grale en forme de distributeur de cahou&#232;tes et tous les albums sortis depuis. Mais l'&#233;volution du bonhomme m'a beaucoup d&#233;&#231;u : non que je l'ai jamais pris pour un vrai militant politique, mais je croyais qu'il &#233;tait au moins sinc&#232;re et coh&#233;rent. Son retour de l'enfer, avec le disque pr&#233;c&#233;dent, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Boucan d'enfer&quot;&lt;/strong&gt;, avait un c&#244;t&#233; attachant, m&#234;me s'il &#233;tait extr&#234;mement narcissique et larmoyant. On y trouvait cependant moins de chansons vraiment r&#233;ussies et c'est surtout le travail d'illustration et de conception de la pochette de Titouan Lamazou qui emportait l'adh&#233;sion. Sa prise de position contre l'&#233;change musical sur le net (le peer-to-peer) l'a rang&#233; d&#233;j&#224; dans le camp des poss&#233;dants qui ne veulent surtout pas lacher leur rente de situation. Son engagement pour le &quot;oui&quot; &#224; la constitution europ&#233;enne, lib&#233;rale et antisociale, a fini de d&#233;truire le masque de l'ic&#244;ne des ann&#233;es 1970. Sa chanson-phare du dernier album &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Les bobos&quot;&lt;/strong&gt;, o&#249; il termine en confessant qu'il en est bien un par certains c&#244;t&#233;s, est au moins claire. Une chanson &#224; la Delerm justement, qu'il critique dans le texte, sans aucune imagination, qui n'est qu'une &#233;num&#233;ration de clich&#233;s et de marques &quot;tendance&quot;. O&#249; est l'auteur d'&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Hexagone&quot;&lt;/strong&gt; ou de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;G&#233;rard Lambert&quot;&lt;/strong&gt; ?&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_33 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/Renaud-rouge-sang.jpg' width='208' height='203' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En fait, en achetant ce double CD, je n'avais gu&#232;re d'illusion,car j'avais d&#233;j&#224; entendu le &quot;tube&quot; en avant-premi&#232;re et sa pauvret&#233; d'imagination m'avait frapp&#233;. Mais, par fid&#233;lit&#233; &#224; mes admirations, je l'ai quand m&#234;me acquis. Je ne regrette pas ; mais comme dit mon fils, qu'est pas un con puisque c'est mon fils, c'est un album de Killofer, le dessinateur, que j'ai achet&#233;, avec deux CD promotionnels dedans ! Car au plan du livret, c'est une pure merveille ! &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Killofer&lt;/strong&gt; a fait les dessins qui illustrent chaque chanson et il a aussi fait le graphisme des textes. Vraiment tr&#232;s r&#233;ussi. Devraient le sortir en album, sans la zique, &#231;a marcherait du feu de Dieu !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;allez donc voir l&#224;-bas s'il y est :
&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Killofer&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;
http://fr.wikipedia.org/wiki/Killofer&lt;/a&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La chanson l&#224;-dedans ? 24 titres, dont malheureusement presque rien &#224; sauver. Exceptons &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Dans la jungle&quot;&lt;/strong&gt; (qui nous est servie dans une version espagnole &#224; mourir de rire, j'esp&#232;re que c'est du second degr&#233; !) dont le sujet fort emporte le morceau. Des navets sublimes assez nombreux du style &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;A la close&quot;&lt;/strong&gt;, pub minable sur la cantine de Renaud, la &quot;Closerie des Lilas&quot;, ou &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Pas de dimanches&quot;&lt;/strong&gt; qui voudrait parler des agriculteurs, mais qui est un ramassis de st&#233;r&#233;otypes lamentables de bobo urbain - burck !. Une s&#233;rie volumineuse de chanson de vieux beau habit&#233; par le d&#233;mon de minuit qui c&#233;l&#232;bre la renaissance de ses &#233;rections post-Ricard : &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Ma blonde&quot;&lt;/strong&gt;, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Danser &#224; Rome&quot;&lt;/strong&gt; ou &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Rien &#224; te mettre&quot;&lt;/strong&gt;... Si encore c'&#233;tait bien fait ; mais la rime est pauvre et l'id&#233;e indigente... Des imitations sans talent de ce qu'il r&#233;ussissait il y vingt ans (&quot;o tempora, o mores&quot; ou &quot;tempus fugit&quot; comme disaient les Latins) : &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Elle est facho&quot;&lt;/strong&gt;, pitoyable peinture qui se veut r&#233;aliste d'une &#233;lectrice paum&#233;e entre Le Pen et Sarko, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;J'ai retrouv&#233; mon flingue&quot;&lt;/strong&gt; (t'aurais mieux fait de le laisser o&#249; il &#233;tait, papy !) qui enfile les id&#233;es re&#231;ues &#224; la mani&#232;re du &quot;Point&quot; ou du &quot;Nouvel Obs&quot;. Bref arr&#234;tons le massacre !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une seule chanson &#233;tait tr&#232;s bien partie, bien que pas du tout originale puisque parfait contretype de la chansons de Souchon &quot;Foule sentimentale&quot;. Il s'agit de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Sentimentale mon cul !&quot;&lt;/strong&gt;, qui d&#233;crit tout le danger des foules et des r&#233;actions de masse. Il y a des remarques tr&#232;s pertinentes, et on se dit &quot;ouf ! y'en aura au moins une &#224; sauver !&quot;. Et patatrac ! on arrive &#224; la conclusion que je vous livre dans le texte :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot; Foule qui d'une seule voix&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;aussi pourrie que la mienne&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Assassine &quot;Manu &quot;Morgane de toi&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourvu qu'elle soit toujours l&#224;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ma tourn&#233;e prochaine&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ma foule sentimentale &#224; moi&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comment peut-on se trahir ainsi dans le m&#234;me texte ? Baisser le pantalon &#224; ce point devant le pognon ? Seul Renaud a la r&#233;ponse, mais elle ne m'int&#233;resse pas. La seule chanson potable du disque finit dans le racolage le plus abject. S&#251;r que l'abus de boisson anis&#233;e a vraiment un gros impact sur les cellules cr&#233;r&#233;brales ! Bien s&#251;r pour ne pas finir sur cet appel d&#233;magogique, il ajoute quatre derniers vers, mais sans aucun int&#233;r&#234;t r&#233;el.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Donc, c&#244;t&#233; chanson, rien &#224; sauver, un disque banal qui fonctionne sur des recettes et sans talents. C&#244;t&#233; chanteur, c'est au moins aussi faux que d'habitude, masi &#231;a passe moins car on n'est pas captiv&#233; par les textes. Et c&#244;t&#233; musique, le malheureux mais valeureux Jean-Pierre Buccolo (&quot;Titi&quot; pour les intimes) fait ce qu'il peu, mais il n'arrive pas &#224; accoucher d'une seule m&#233;lodie oiriginale, lui aussi ressasse. Que ce soit chanson, chanteur,musique ou musiciens, ce disque est insignifiant. On n'a m&#234;me pas envie de le mettre sur le net en MP3 pour le partager, t'inqui&#232;te pas Renaud !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ecoutez-bien le journal t&#233;l&#233;vis&#233;, m'&#233;tonnerait pas qu'en d&#233;cembre ils nous annoncent la participation de Renaud, au &quot;Paris -Dakar&quot;, formidable aventure humaine !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Renaud - Rouge sang - EMI 09463714362&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;pour vraiment vous marrer, allez donc faire un tour &#224; l'adresse suivante :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.rougesang.fr/
opendisc/index.php&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.rougesang.fr/opendisc/index.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;attention c'est peut-&#234;tre r&#233;serv&#233; aux propri&#233;taires l&#233;gaux de cet inappr&#233;ciable disque !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Patrick Bruel - Des souvenirs devant</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

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		<dc:subject>chanson &#224; texte</dc:subject>

		<description>Le dernier disque de Bruel confirme qu'il est bien un authentique auteur-compositeur-interpr&#232;te...

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous prononcez le nom &quot;Bruel&quot;, et vous obtenez un petit sourire de commis&#233;ration. La &quot;Bruelmania&quot; de la fin des ann&#233;es 1980 a laiss&#233; son onde de choc. Pour la plupart des gens, Patrick Bruel est rest&#233; ce chanteur pour petites adolescentes en p&#226;moison qui crient &quot;Patriiiiick !&quot;. Du coup on a bien peu &#233;cout&#233; ses disques ou alors avec des lunettes biais&#233;es qui devaient toujours aller dans le m&#234;me sens. Et &#231;a continue d 'ailleurs ! Lisant le papier de la critique du journal &quot;Le Monde&quot;, V&#233;ronique Mortaigne, je lisais la m&#234;me accumulation de poncifs qu'il y a quinze ans ! Bruel est &quot;gentil&quot;, &quot;un peu niais&quot;, &quot;consensuel&quot; etc... Et puis son dernier disque s'est moins bien vendu, donc il doit &#234;tre tr&#232;s malheureux... Essayons d'aller au-del&#224; de cette ritournelle paresseuse qui n'honore pas ceux qui la chantent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'abord, dans tous les disques de Bruel, il y eu de tr&#232;s bonnes chansons, &#224; commencer par &quot;Alors regarde&quot;. Mais il a un grand d&#233;faut : il fait de jolies m&#233;lodies simples et populaires. Et comme souvent dans ce cas, on s'en arr&#234;te au refrain et &#224; la petite m&#233;lodie qui passe en radio. Bien s&#251;r que la foule entonnant &quot;Place des grands hommes&quot; ou &quot;J't'le dis quand m&#234;me&quot; &#231;a a de quoi irriter, surtout si elle en reste l&#224;. Mais il faut casser l'image du personnage et vraiment &#233;couter ce qu'il pris du temps &#224; &#233;crire et composer. Voil&#224; un type qui chante depuis pr&#232;s de vingt ans et on reste sur lui &#224; des clich&#233;s qui ont plus de quinze ans. Les lolitas de la fin des ann&#233;es 1980 ont maintenant la trentaine et elle vont bient&#244;t venir &#224; ses concerts accompagn&#233;es de leurs filles, elles leur apprendront le cri de ralliement. Mais ceci n'est que l'&#233;cume de l'auteur-compositeur-interpr&#232;te que j'ai choisi de d&#233;fendre ici, car son disque est vriament bon.&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_32 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/bruel-devant.jpg' width='357' height='353' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans cet album, selon mon go&#251;t, qui n'est que le mien et que tu peux conchier autant que tu veux, ami internaute, il y a au moins trois ou quatre grandes chansons. Et c'est d&#233;j&#224; un exploit, quand on sait que certains chanteurs fran&#231;ais doivent leur renomm&#233;e mondiale &#224; un seul titre, comme Sacha Distel et &quot;La belle vie&quot; ou Claude Fran&#231;ois et &quot;Comme d'habitude&quot;. Ma pr&#233;f&#233;r&#233;e est une adaptation d'un po&#232;me de Victor Hugo, notre grand Victor, que Patrick Bruel a titr&#233; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Peuple impopulaire&quot;&lt;/strong&gt;. On appr&#233;ciera &#233;videmment le talent pr&#233;monitoire du p&#232;re Hugo parlant comme s'il d&#233;crivait la fracture entre le peuple et les &#233;lus d'aujourd'hui ! Mais on &#233;coutera bien aussi ce qu'en a fait Bruel et on sera &#233;tonn&#233; de la belle ad&#233;quation entre musique et paroles. Une m&#233;lodie simple et hymnique qui ne quitte plus vos l&#232;vres quand vous l'avez entendue. C'est cela la r&#233;ussite. prendre un texte difficile d'un auteur qu'il est bon ton de m&#233;priser aujourd'hui (Ah ! les &#233;crivaillons et autre journaleux sans talents bavant leur fiel devant celui qui est et restera le plus grand &#233;crivain fran&#231;ais), oser le mettre en musique et en faire un hymne intemporel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La seconde formidable chansons traite du d&#233;licat sujet du terrorisme, sur la m&#234;me inspiration que &quot;Manhattan-Kaboul&quot;. Mais avec infiniment plus de d&#233;licatesse et surtout en allant au coeur du probl&#232;me : comment tuer au nom de Dieu ? Son titre : &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Adieu&quot;&lt;/strong&gt;, avec toute l'ambiguit&#233; du mot.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; Adieu&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous sommes tous dans le noir&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si tu n'existes pas... au moins fais-le savoir&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Adieu&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a tant de questions&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mes yeux sont &#233;puis&#233;s, mon coeur perd la raison&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Adieu&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous sommes tous dans le noir&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si tu n'existes plus, au moins fais-le savoir&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Adieu&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils se r&#233;clament de toi&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dis-leur que c'n'est pas toi qui avoulu tout &#231;a&quot;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La troisi&#232;me de ces bonnes chansons traite d'un sujet &#224; ma connaissance pratiquement jamais abord&#233; dans les chansons (et pour cause !) : la maladie d'Alzheimer. L&#224; aussi avec infiniment de tendresse et de tact, Bruel parle de ce d&#233;chirement qui touche tant de familles aujourd'hui&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Dr&#244;le de maladie qui fait naufrager la m&#233;moire&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M&#234;me mon pr&#233;nom et tes belles histoires&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dr&#244;les d'images de vie qui se d&#233;tachent de tes souvenirs&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toi qui voudrais simplement partir...oui partir&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Elle s'appelle &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Va o&#249; tu veux&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On pourrait encore citer dans les bonnes r&#233;alisations &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Raconte-moi&quot;&lt;/strong&gt;, o&#249; le fils Bruel interroge sa m&#232;re sur sa vie personnelle et nous renvoie du m&#234;me coup &#224; l'interrogation majeure : Que savons-nous de celle qui nous a donn&#233; le jour et nous a &#233;lev&#233; ? Que savons-nous vraiment de ses amours, de ses ennuis, de sa lassitude, de ses passions, en dehors de ce qu'elle a voulu nous donner &#224; voir ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les autres titres sont plus ordinaires, mais jamais insignifiants, y compris le tube &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Lettre au P&#232;re No&#235;l&quot;&lt;/strong&gt;. Il y a certes une chanson que je trouve faible et pour tout dire &#224; laquelle je ne comprends rien ; alors Patrick, quand tu liras cette critique, sois sympa, appelle moi ou passe-moi un mail et explique-moi le sens de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Notre plus beau visage&quot;&lt;/strong&gt;, j'ai pas les cl&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bon, et la zique dans tout &#231;a ? Eh bien, l&#224; aussi une certaine &#233;volution. Les premiers albums de Bruel &#233;taient plus marqu&#233;s par un son rock, qui avait commenc&#233; &#224; s'effacer d&#233;j&#224; dans l'album &quot;Juste avant&quot;. Ici le son est tr&#232;s nettement acoustique avec de belles guitares 6 et 12cordes et un travail d'arrangements fins sur les parties d'orchestre &#224; cordes notamment. Le tout d&#233;gage une impression de s&#233;r&#233;nit&#233; et de maturit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Donc, un album r&#233;ussi qui laissera au moins trois ou quatre chansons hanter votre m&#233;moire. Par les temps qui courrent, &#231;a ne rate pas !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Patrick Bruel - Des souvenirs devant - Sony BMG 2876781442&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;site officiel de l'artiste :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.patrickbruel.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.patrickbruel.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une bio un peu acad&#233;mique et des renseignements sur l'acteur et le chanteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nicolas Peyrac - Vice Versa </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

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		<dc:subject>chanson &#224; texte</dc:subject>

		<description>le dernier disque de Peyrac est une grande r&#233;ussite qui renoue &#224; la meilleure veine de son inspiration, apr&#232;s des albums plus in&#233;gaux.

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;31 ans que j'&#233;coute Nicolas Peyrac ; depuis la sortie de son premier LP titr&#233; &quot;D'o&#249; venez-vous ?&quot;. Donc je crois que je puis dire que je connais le bonhomme dont je poss&#232;de l'int&#233;grale des albums. Il fut une vedette populaire avec des gros tubes dans les ann&#233;es 1975-1985, puis disparut de la t&#233;l&#233;vision et commen&#231;a &#224; rar&#233;fier davantage sa production (il avait sorti neuf albums entre 1975 et 1984 !). Besoin de prendre du recul et crises dans sa vie personnelle. Depuis les albums furent plus espac&#233;s et, il faut bien le dire, tr&#232;s in&#233;gaux. Si certains &#233;taient de vrais perles, comme &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;J't'aimais trop, j't'aimerai tellement&lt;/strong&gt;&quot; sorti en 1989, ou &quot;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Temp&#234;te sur Ouessant&lt;/strong&gt;&quot; en 1993, d'autres contiennent peu de p&#233;pites, comme &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;J'avance&quot;&lt;/strong&gt; (1995) o&#249; aucun titre, &#224; part la chanson &#233;ponyme ne m&#233;rite de passer &#224; la post&#233;rit&#233;, pas plus qu' &quot;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Autrement&lt;/strong&gt;&quot; en 1998 ou surtout &quot;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Seulement l'amour&lt;/strong&gt;&quot; en 2003, qui est pour moi le plus mauvais album qu'il ait fait. Je suis donc particuli&#232;rement heureux de le voir ainsi revenir &#224; la source et nous proposer un album dense, vari&#233; et qui lui ressemble, plein de pudeur, de finesse et de style. A noter que ces deux derniers albums sont co-&#233;crits avec Annette Wyle, ce qui prouve que dans le pr&#233;c&#233;dent c'&#233;tait elle qui l'avait emport&#233; et l&#224; c'est lui !&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_31 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/Peyrac-vice-versa.jpg' width='363' height='353' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bon, d'abord, il y a un tube potentiel. Qui ne deviendra pas un vrai tube car les radios ne le passeront pas, &#231;a plait pas aux djeuns ! &quot;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Deux inconnus qui s'aiment&quot;&lt;/strong&gt;, c'est beau comme le film &quot;Br&#232;ve rencontre de David Lean. Apologie de l'amour au quotidien avec ses faiblesses et sa prodigieuse force de renaissance. Le dique le comprte d'ailleurs deux fois, puisqu'il reprend ce titre en duo avec Mathilde Seigner (ce qui n'apporte rien &#224; la chanson, mais &#224; d&#251; faire plaisir aux deux protagonistes).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un peu comme chez Pierre Perret (&lt;a href=&quot;http://musiquesetmots.danslamarge.com/Pierre-Perret-Melangez-vous.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://musiquesetmots.danslamarge.com/Pierre-Perret-Melangez-vous.html&lt;/a&gt;), nous trouvons une tr&#232;s belle chanson sur le racisme et son ineptie, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Ne me parlez pas de couleurs&quot;&lt;/strong&gt;, qui renvoie les x&#233;nophobes dans les cordes &#224; la recherche d'autres crit&#232;res que celuid e la couleur de la peau et de la race dont on sait le mal qu'ils ont fait en Europe ou ailleurs et surtout le vide scientifique qu'ils recouvrent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La chanson la plus &#233;mouvante est celle qu'il &#233;crit pour sa fille adoptive, chinois&quot;, sous le titre &quot;Je t'aimais d&#233;j&#224;&quot;. c'est l&#224; sans nul doute qu'on retourne aux sources de vieilles chanson comme &quot;Ma petite fille&quot;.
Il y a dans ce disque une maturit&#233; sereine que n'avaient pluas depuis longtemps les chansons de Nicolas. La voix est toujours aussi chaude, habitant bien les chansons, avec cet inimitable petit cheveu sur la langue qui identifie l'interpr&#232;te au premier coup.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a encore plein de belles chansons sur ce disque, mais je vous les laisse d&#233;couvrir. A propos, comme tous les tr&#232;s bons disques il se bonifie au fur et &#224; mesure qu'on l'&#233;coute (&#224; la diff&#233;rence des galettes de &quot;stars&quot; de pacotille qui vous lassent de plsu en plus &#224; chaque audition).
Prends donc ton temps Nicola pour nous sortir le prochain, mais fais-le de m&#234;me qualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;N. Peyrac - Vice Versa - Warner music 0825646325221&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On consultera le site de l' artiste :
&lt;a href=&quot;http://www.nicolaspeyrac.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.nicolaspeyrac.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;comporte une tr&#232;s bonne autobriographie t&#233;l&#233;chargeable qui ne verse pas dans l'autocomplaisance. Le reste est assez rudimentaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pierre Perret - M&#233;langez-vous</title>
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		<dc:subject>chanson &#224; texte</dc:subject>

		<description>Le dernier opus de notre h&#233;ritier direct du grand Georges, que l'on prend &#224; tort pour un auteur de chansons enfantines ; &#224; &#233;couter tr&#232;s attentivement ; il y a du tr&#232;s bon l&#224;-dedans !

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pierre Perret pour le grand public, &#231;a se r&#233;sume au &quot;Zizi&quot;, &#224; &quot;La cage aux oiseaux&quot; ou aux &quot;Jolies colonies de vacances&quot;. Pour les un peu moins amn&#233;siques ou lobotomis&#233;s par TF1, ils se souviennet de &quot;Lily&quot;, un tr&#232;s bel hymne antiraciste, qui prouve la force et la limite de ce qu'une chanson peut faire.&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_30 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/Perret-melangez-vous.jpg' width='177' height='175' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s de longues ann&#233;es de silence discographiques, il revient avec un album titr&#233; de mani&#232;re provocante &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;M&#233;langez-vous&quot;&lt;/strong&gt;, comme la chanson qui ouvre la galette.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette chanson propose une solution sens&#233;e au racisme ambiant : le m&#233;tissage total :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;quand y'aura plus&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;qu'une seule couleur&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce s'ra la bonne&quot;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela viendra par les femmes et leur libre choix dans l'amour :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;M&#233;langez-vous, m&#233;langez-vous&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est de la haine que tout's les femmes&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vont nous sauver&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par elles que le racisme enfin&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'ra d&#233;lect&#233; de sa tenac' peau de chagrin&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une chanson qui ne plaira pas aux racistes ordinaires, de plus en plus nombreux dans nos entourages proches et qui se cachent derri&#232;re des phrases st&#233;r&#233;otyp&#233;es issues de la sarko-lep&#233;nisation des esprits.
Dans le m&#234;me registre, il enfonce le clou avec une chanson-hommage &#224; Georges Brassens, formidablement bien &#233;crite, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;T'as pas la couleur&quot;&lt;/strong&gt;, o&#249; Perrot montre combien c'est un goulu de mots et un formidable auteur. Pourrait devenir l'hymne de tous ceux qui refusent les playlists des radios et t&#233;l&#233;s vendus &#224; la m&#233;diocratie. Sans oublier &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Malika&quot;&lt;/strong&gt; sur l'ambiguit&#233; de l'immigration des femmes noires dans leurs villages d'origine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il cultive toujours sa veine paillarde avec un petit bijou de parodie de chanson de marin, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Le s&#233;ant d&#233;cha&#238;n&#233;&quot;&lt;/strong&gt;. Comment parler des choses les plus scabreuses sans jamais une once de vulgarit&#233;. C'est du niveau du&quot;Blason&quot; de Brassens, pour ceux qui conna&#238;traient. Une excellente ma&#238;trise de l'argot, version Simonin ou Audiard, &#231;a aide !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On retrouve les chansons plus l&#233;g&#232;res, rigolotes, comme &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;La p'tite infirmi&#232;re&quot;&lt;/strong&gt; ou &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;La philat&#233;lie&quot;&lt;/strong&gt; ; des contes qui brossent des portraits au fusain.
&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;La bonne &#224; tout faire&quot;&lt;/strong&gt; ou &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;La femme lib&#233;r&#233;e&quot;&lt;/strong&gt; sont du pur style &#224; Brassens, sans imitation mais par osmose.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Le tabou du sexe&quot;&lt;/strong&gt; aborde le probl&#232;me de la ib&#233;ration sexuelle par le biais rigolo, mais dit quand m&#234;me tr&#232;s bien la position de Pierrot :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Adieu nos complexes&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aujourd'hui je l'avoue&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'au niveau du sexe&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Y a plus de tabou&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un homme et un'femme&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ca n'se fait gu&#232;r' plus&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais essayez vous verrez&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est pas mal non plus&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le disque se termine sur une critique s&#233;v&#232;re de notre d&#233;mocratie occidentale intitul&#233;e &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Libert&#233; z&#233;ro&quot;&lt;/strong&gt;, qui pr&#234;che pour la libert&#233; d'expression.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On le voit, le menu est tr&#232;s vari&#233;, jamais indigeste, tr&#232;s agr&#233;able. Il faut dire que Pierre perret s'est entour&#233; de tr&#232;s bons musiciens et que c'est vraiment bien arrang&#233;, mine de rien, car la priorit&#233; est donn&#233;e aux paroles. Bien s&#251;r la voix a vieilli, et quelquefois elle manque de force, surtout dans les aigus, mais elle a gard&#233; son velout&#233; castelnaudarien si typique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un bon disque qui change du pr&#234;t &#224; &#233;couter qui inonde les ondes et les lin&#233;aires de supermarch&#233;s.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Na&#238;ve NV809011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



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		<title>St&#233;phane Mazurier trio live au Satin Doll de Bordeaux</title>
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		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

<category domain="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Espace-Jazz-.html">Espace Jazz</category>


		<description>une note de concert sur un groupe de qualit&#233; qui gagne &#224; &#234;tre &#233;cout&#233;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;St&#233;phane Mazurier trio, live au Satin Doll de Bordeaux&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est un samedi soir frisquet du mois de mars. Cette ann&#233;e l'hiver fait de la r&#233;sistance. Mais le ciel est clair, on voit la vo&#251;te &#233;toil&#233;e. Alors pourquoi pas sortir ? Pour quoi pas aller &#233;couter des musiciens bordelais jouant du jazz ? Direction la rue Bourbon, le bar-club jazz le &#171; Satin Doll &#187;.&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_37 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/trio-seb-groupeweb.jpg' width='512' height='384' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Premier &#233;norme avantage : facile de se garer quand on va l&#224;-bas, puisqu'on est dans les quartiers p&#233;riph&#233;riques de la ville. Ce qui est sans nul doute un inconv&#233;nient pour la fr&#233;quentation du club, mais qui m'arrange, puisque je viens de la campagne ! Second bonus : aucun probl&#232;me pour choisir notre place dans la salle du club : &#224; part deux femmes finissant de manger, et qui sont visiblement des amies des musiciens, il n'y a personne ! Troisi&#232;me avantage : on &#233;vitera sans trop de souci le tabagisme passif ce soir, et c'est important quand on va &#233;couter du jazz, qui se joue souvent dans des salles petites et mal ventil&#233;es, avec un public qui se moque comme d'une guigne que des spectateurs soient non-fumeurs ! Bon, &#224; la fin de la soir&#233;e, quand le second set s'ach&#232;vera, nous serons une vingtaine &#224; applaudir tr&#232;s fort les musiciens.&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_35 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/mazu-syntheweb.jpg' width='384' height='512' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Eux, ils donnent tout, sans trop donner l'air de se soucier du volume de l'assistance. En fait, quand on est musicien, on y est sensible ; on s'en sort en disant entre nous qu'on a fait une r&#233;p&#233;t en public ! Mais jouer devant un public tr&#232;s clairsem&#233; n'est jamais tr&#232;s agr&#233;able. Dans le jazz, l'avantage, c'est qu'on a l'habitude ! Ce n'est pas une musique de masse, c'est le moins que l'on puisse dire. Il y a m&#234;me de quoi &#234;tre circonspect quand le public est nombreux (1) . Mais de l&#224; &#224; &#234;tre assez maso pour souhaiter jouer pour des chaises, il y a un pas. Ce qui est s&#251;r, c'est que ce soir-l&#224;, le public est peu nombreux, mais il est chaleureux et ne m&#233;nage pas ses applaudissements.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce trio est men&#233; par St&#233;phane Mazurier, un pianiste trentenaire, qui a un bon bagage musical et de bonnes admirations. Quand il joue, comment ne pas penser &#224; la famille des m&#233;lodistes-harmonistes, au premier rang desquels, il faut placer Bill Evans et ensuite Michel Petrucciani. Ses chorus tissent toujours une toile de fond dense d'accords sur lesquels se posent des excursions contr&#244;l&#233;es. En r&#233;f&#233;rence bordelais, St&#233;phane Mazurier me fait beaucoup penser &#224; Francis Font&#232;s, le pianiste de l'Affinity quartet. C'est donc &#233;videmment dans les ballades et les tempo m&#233;dium qu'il sera le plus expressif. Le r&#233;pertoire choisi le favorise justement. Beaucoup de grands standards, d'autres moins c&#233;l&#232;bres, comme &#171; Beautiful love &#187;, avec un arrangement int&#233;ressant. De la belle ouvrage et suffisament de vari&#233;t&#233; de jeu pour qu'on ne s'ennuie jamais dans les presque deux heures qu'ont offertes les deux sets.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La rythmique est solide est efficace, mais pas seulement. Il y a de la nuance, de la finesse. A la batterie, St&#233;phane Desplats, batteur exp&#233;riment&#233; qui a parcouru les sc&#232;nes d'Europe, sait offrir toute la palette du jeu de batterie. Il d&#233;marre sur un jeu plut&#244;t jazz-rock (un peu fort sur le premier morceau o&#249; le piano est trop en arri&#232;re), puis encha&#238;ne sur tous les styles au fur et &#224; mesure du r&#233;pertoire. La pulsation est l&#224;, bien rassurante dans sa r&#233;gularit&#233;, comme un c&#339;ur de sportif, qui bat sans souci. Tellement agr&#233;able pour des musiciens solistes d'avoir un tel appui rythmique. A la basse et &#224; la contrebasse, S&#233;bastien Charierras. Un musicien tellement discret qu'on arriverait &#224; oublier la pr&#233;cision de son jeu et sa capacit&#233; &#224; user de l'harmonie sur les chorus. Il fera deux ou trois d&#233;monstrations remarquables en ce sens. Les lignes de basses sont sobres, carr&#233;es, compl&#233;tant l'architecture ryhtmo-harmonique sur laquelle le pianiste peut construire ses promenades sans souci.&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_34 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/seb-flouweb.jpg' width='384' height='512' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#233;pertoire alterne morceaux lents de type ballade et morceaux plus rythm&#233;s, dont quelques latin-jazz. L'amateur y reconna&#238;t des grands classiques. Au milieu, discr&#232;tement, le pianiste glisse une ou deux compositions qui confirment son go&#251;t et ses affinit&#233;s. La complicit&#233; du trio est &#233;vidente, en particulier la section rythmique, qui se trouve les &#171; yeux ferm&#233;s &#187; au sens propre du terme, tant ils n'ont pas besoin de se regarder pour se comprendre et jouer en fusion. Tout musicien comprendra ce que cela veut dire ; pour les autres, je pr&#233;cise que le bassiste et le batteur &#233;tant les m&#233;tronomes du groupe, il est habituel qu'ils se placent l'un pr&#232;s de l'autre et de mani&#232;re &#224; se voir pour &#233;changer de tr&#232;s fr&#233;quents regards et signes pour maintenir la coh&#233;sion ou la retrouver. Ici, pas besoin, &#231;a tourne sur la connivence tr&#232;s travaill&#233;e. Deux heures de musique, des musiciens qui sont g&#233;n&#233;reux et visiblement heureux d'&#234;tre l&#224; et de partager avec nous cette soir&#233;e. Un tr&#232;s bon moment de qualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_36 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/trio-mazu-entierweb.jpg' width='512' height='384' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le froid sec nous pince le visage en sortant, mais il a moins de prise sur nous qu'&#224; l'aller : nous avons chaud au c&#339;ur de cette musique de libert&#233; que le trio vient de nous donner. C'est notre petit tr&#233;sor du soir, &#224; nous de le faire fructifier et d &#8216;entretenir la flamme. Le jazz est surtout une mani&#232;re de vivre et de voir le monde. Souviens-t-en camarade !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Michel &#171; jazzbass &#187; Dauriac&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1 Je pense &#224; un concert de Peter Cincotti au F&#233;mina, &#224; Bordeaux. Une observation attentive du public et de ses r&#233;actions prouvait qu'il n'&#233;tait pas du tout connaisseur (ce qui n'est pas un crime !) mais qu'il avait l'impression d &#8216;assister &#224; un concert de jazz, ce qui lui donnait la sensation d'appartenir &#224; ce cercle des &#233;lites musicales un peu marginales, le bobo adorant cela. Dommage, Cincotti, c'est de la vari&#233;t&#233; jazz, pas du jazz ! Les commentaires saisis &#224; la sortie ont confirm&#233; cela.&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_38 spip_documents spip_documents_center'&gt;&lt;img src='http://musiquesetmots.danslamarge.com/IMG/jpg/mosaic-mazu-trioweb.jpg' width='307' height='230' alt='(JPG)' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Photographies de Catherine Dauriac - droits r&#233;serv&#233;s&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Barber Shop quartet : aux abris les moroses !</title>
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		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

<category domain="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Chanson-Francaise-.html">Chanson Fran&#231;aise</category>


		<description>Un quartet qui dynamite un genre vocal am&#233;ricain pour offrir un spectacle vari&#233;, riche et tr&#232;s dr&#244;le.

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux concerts du &#171; Barber Shop quartet &#187;, sous-titr&#233; &#171; Groupe vocal jubilatoire &#187;, en moins d'un mois ! Et je me sens rudement bien, sans doute m&#234;me mieux. A vrai dire il faut d&#233;passer la dose non prescrite de ce groupe made in &#171; Entre Deux mers &#187;, il y va d'une question de sant&#233; publique ! Voici quelques ann&#233;es, des &#233;tudes tr&#232;s s&#233;rieuses avaient montr&#233; que celui qui riait chaque jour un certain temps augmentait sa dur&#233;e de vie. Un concert du quatuor vocal susnomm&#233; agit en ce sens. Car il faudrait &#234;tre en okoum&#233; massif pour ne pas se gondoler tout au long de leur spectacle. D'abord on y va doucement, on rit sur la pointe des l&#232;vres, en regardant de c&#244;t&#233; pour voir si les autres font pareil : on a souvent le rire honteux dans un pays qui change la gauloiserie en sinistrose s&#233;curitaire royalo-sarkosziste. Et puis peu &#224; peu on se l&#226;che, et vient le moment de pur bonheur o&#249; le rire &#233;clate franc et sonore. C'est gagn&#233; pour eux sur la sc&#232;ne et pour nous qui reprenons une petite tranche de vie en plus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur la sc&#232;ne justement, appareillage technique minimaliste : une guitare &#233;lectro-acoustique, quelques lumi&#232;res, et c'est tout ! une sono pour amplifier le tout et le tour est jou&#233;. Pas besoin de douze semi-remorques ! Quatre comparses entonnent leur premier morceau. Une chanson courte typique des Etats-Unis des ann&#233;es 1920-1940. Un vocal comme Woody Allen aime &#224; en mettre dans ses films. Ce style-l&#224; s'appelle le &#171; barber-shop &#187;. Et &#231;a n'a rien &#224; voir avec une discipline comme le d&#233;cathlon f&#233;minin ! A prendre au premier degr&#233; : ce sont les chansons entonn&#233;es dans les boutiques de coiffeurs, a capella, par la client&#232;le d'habitu&#233;s qui fr&#233;quentaient les dites-&#233;choppes. A fini par devenir une sp&#233;cialit&#233; qui a connu son heure de gloire, puis a p&#233;riclit&#233; &#224; l'heure du rock'n roll. Rena&#238;t aujourd'hui doucement aux States. Mais n'a pas franchi l'Atlantique et reste ignor&#233; chez nous. Et c'est l&#224; que notre quatuor trouve son fonds de commerce et son orgine. Tout le d&#233;but de leur spectacle est d'ailleurs une enfilade de standards du genre, histoires d'amours plus ou moins malheureuses. Si l'on restait l&#224;, ce serait tr&#232;s bien, mais vite monotone, car les harmonies tournent autour du trin&#244;me de base do/fa/sol7. C'est certes dans les vieux pots qu'on fait la meilleur cuisine, mais celui-l&#224; est vraiment us&#233;. Mais nos quatres vocalistes ont l'intelligence, assez rapidement, de bifurquer sur des chansons en fran&#231;ais et sur un mode plus contemporain, faisant des emprunts satiriques &#224; tous les genres musicaux actuels.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le &#171; Barber shop quartet &#187; est form&#233; de deux hommes, Bertrand, le baryton, chauve volontaire coiff&#233; d'un melon s&#233;v&#232;re et Bruno, la casquette viss&#233; sur son cr&#226;ne de t&#233;nor, auxquels s'adjoignent deux chanteuses, Isabelle, alto v&#234;tue de tissu imprim&#233; &#224; points blancs sur fond bleu, et C&#233;cile, robe noire et blanc directement sortie des &#233;missions de radio des ann&#233;es 40, soprano de haute vol&#233;e. La vari&#233;t&#233; des timbres et des tessitures, alli&#233;e au talent certain de chacun leur donne une tr&#232;s large palette. Il faut y ajouter les bruitages vocaux et la capacit&#233; de Bertrand &#224; imiter divers personnages (l'animateur de jeux t&#233;l&#233;s abruti et survolt&#233;, le rappeur de base, le pr&#233;sentateur de radio new-yorkais...). Le r&#233;pertoire navigue entre standards du style, chansons doucement absurdes ou vaguement d&#233;biles et morceaux nettement plus satiriques. Mine de rien, l'air de ne pas y toucher, les coups de griffe pleuvent. Contre le borgne du 21 avril 2002, contre les croyants ir&#233;niques et cucus chantant &#171; J&#233;sus revient &#187; comme dans &#171; La vie est un long fleuve tranquille &#187;, contre ou avec les passagers du m&#233;tropolitain ou la Vierge Marie... Mais sans jamais tomber dans la vulgarit&#233;, jamais au-dessous de la ceinture, ce qui nous change de la tendance lourde du comique depuis 15 ans ! Et l'on rit d'autant plus franchement que ce n'est pas ambigu, cochon ou douteux ! La solidit&#233; de la mise en place vocale fait oublier qu'il n'y a quasiment pas de musique (le jeu de guitare de Bruno est minimaliste, la guitare servant surtout &#224; donner le ton de chaque voix). Plus le temps passe et plus la complicit&#233; avec le public s'&#233;tablit ; on arrive &#224; la fin sans avoir vu le temps filer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Samedi 3 juin 2006 ils pr&#233;sentaient leur nouveau et second spectacle au &#171; Chat-Huant &#187; de Cr&#233;on, une petite salle en pleine campagne, bourr&#233;e au maximum. On a retrouv&#233; des &#233;l&#233;ments tir&#233;s du premier spectacle m&#234;l&#233;s &#224; des nouveaut&#233; nombreuses. La part des compositions devient plus importante. L'imagination est au rendez-vous. Mention sp&#233;ciale donc &#224; la longue saga du m&#233;tropolitain o&#249; ils passent en revue tous les styles musicaux des itin&#233;rants qui rament sous terre. Mais aussi &#224; la chanson sur la Vierge Marie qui &#233;vite merveilleusement le blasph&#232;me et la vulgarit&#233; en jouant le contexte d'&#233;poque. Mais aussi des moments d'&#233;motion plus nets comme certaines chansons d'amour sauv&#233;es du clich&#233; par la conviction de l'interpr&#233;tation. Ce spectacle est riche de potentialit&#233;s. Les moments forts sont r&#233;ussis. Il va falloir laisser le temps huiler les rouages, lier les morceaux en un tout fluide. C'est toute l'utilit&#233; des concerts qui permettent &#224; un groupe comme celui-ci de prendre en compte les r&#233;actions du public et d'adapter le tir. Car rien ne vaut la sc&#232;ne pour ces chansons-l&#224; !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant si vous ne pouvez les voir sur sc&#232;ne, ils ont grav&#233; l'an pass&#233; un cd qui r&#233;unit une bonne vingtaine de morceaux, dont une partie en concert. Il manque &#233;videmment le visuel qui est capital, mais en guise d'ap&#233;ritif ou pour se rem&#233;morer une bonne soir&#233;e c'est parfait. Et comme le dit Bruno &#171; Le prix ridiculement modique vous fera sourire &#187; (15&#8364;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je pr&#233;dis un bel avenir au quatuor Barber Shop, avec ou sans tapage m&#233;diatique. Sans ce serait m&#234;me mieux, car ils pourraient garder leur int&#233;grit&#233; en toute tranquillit&#233;. On peut faire une belle carri&#232;re en France avec le bouche-&#224;-oreilles, internet et les r&#233;seaux associatifs. C'est tout le mal que je leur souhaite. En attendant, s'ils passent pr&#232;s de chez vous, r&#233;servez votre journ&#233;e ou soir&#233;e. Ils devraient &#234;tre rembours&#233;s par la S&#233;curit&#233; Sociale comme antid&#233;presseur biologique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Michel Dauriac&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>C'est beau, un chanteur populaire !</title>
		<link>http://musiquesetmots.danslamarge.com/C-est-beau-un-chanteur-populaire.html</link>
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		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

<category domain="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Chanson-Francaise-.html">Chanson Fran&#231;aise</category>


		<description>Le myst&#232;re du chanteur populaire devient limpide quand on assiste &#224; un de ses concerts.

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;version avec photos sur &lt;a href=&quot;http://www.danslamarge.com/blog&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.danslamarge.com/blog
&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que les cuistres &#233;litistes et autres ennemis du peuple passent leur chemin, cet article n'est pas pour eux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Samedi 20 mai 2006, 21 h 10 La Coupole, &#224; Saint Loub&#233;s (la plus belle salle de spectacle de la Rive Droite de la Garonne, la rive prol&#233;tarienne). Entr&#233;e en sc&#232;ne de Michel Delpech, ex-star des seventies fran&#231;aise, soixante ans p&#233;tant cette ann&#233;e. Dans la salle, la moyenne d'&#226;ge est &#224; peu pr&#232;s celle-ci, je suis donc tr&#232;s jeune ce soir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Michel Delpech est ce que l'on appelle un &#171; chanteur populaire &#187;. Pour les fins intellectuels fran&#231;ais, c'est une forme de maladie incurable qui consiste &#224; vendre beaucoup de disques minables &#224; un populo de cr&#233;tins qui ne reconna&#238;t m&#234;me pas le talent quand il le croise. Le chanteur populaire vend de la &#171; soupe &#187;, et eux crachent dedans ! Pour moi, et pour des millions de gens avec, un chanteur populaire est un artiste qui a accompagn&#233; assez longtemps leur vie de ses refrains pour faire partie de la famille et cela de mani&#232;re ind&#233;fectible. Peu de chanteurs atteignent ce stade qui est la cons&#233;cration d'un vrai talent qui dure. Brel y est arriv&#233; ; et une fois install&#233; l&#224;-haut, il a eu peur de ce que &#231;a signifiait. Et quoi donc &#231;a signifie, mon bon monsieur ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Etre un chanteur populaire, c'est poss&#233;der le rare privil&#232;ge de transcender les g&#233;n&#233;rations. Les grands-parents l'ont refil&#233; &#224; leurs enfants qui l'ont partag&#233; avec leur prog&#233;niture. R&#233;sultat : on va les voir en famille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Etre un chanteur populaire, c'est r&#233;ussir une alchimie rare que les impuissants du stylo ne peuvent comprendre. R&#233;ussir &#224; &#233;crire en trois strophes, deux refrains, quelques accords simples et un langage commun une histoire qui parle &#224; tout le monde de sa vie r&#233;elle ou r&#234;v&#233;e. Ainsi nous sont venues &#171; Les feuilles mortes &#187;, &#171; La mer &#187;, &#171; Mon vieux &#187;, &#171; Nuit et brouillard &#187; ou &#171; Ne me quitte pas &#187;. Et, pour notre histoire pr&#233;sente j'ajouterais &#171; Les divorc&#233;s &#187; &#171; Wight is Wight &#187;, &#171; Chez Laurette &#187; ou &#171; Pour un flirt &#187;, toutes chant&#233;es par Michel Delpech.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Etre un chanteur populaire, c'est soulever une ferveur quasi-religieuse chez ses fans. Et ce que j'ai vu samedi soir dans cette salle de grande banlieue relevait &#224; la fois de la pi&#233;t&#233; et du respect. Et on comprend que Brel ait eu peur de cette v&#233;n&#233;ration ! Toucher la main du chanteur, lui faire une bise, avoir droit &#224; son regard qui croise le v&#244;tre... tout cela fait partie de la c&#233;r&#233;monie, du culte inoffensif o&#249; communient une heure et demie durant l'artiste et son public. Et on comprend que les vedettes d&#233;chues aient du mal &#224; vivre sans cette admiration !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Etre un chanteur populaire, c'est se permettre de laisser le public chanter une chanson &#224; sa place : Bruel, Cabrel ou Delpech peuvent le faire, &#231;a fait des d&#233;cennies que les gens chantent leurs chansons en toutes circonstances.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Etre un chanteur populaire, c'est &#234;tre invit&#233; au mariage des gens, orchestrer leurs rencontres, leurs premiers &#233;mois, leurs premiers baisers, endormir leurs enfants, chanson chantonn&#233;e &#224; mi-voix ; c'est effacer le gros coup de blues d&#232;s qu'on est mis sur la platine. C'est mouiller leurs yeux de grosses larmes le soir o&#249; l'on ferme les yeux pour de bon. Et pourquoi serait-il plus honteux de verser de chaudes larmes pour la mort de Brel, Nougaro ou Claude Fran&#231;ois que pour la mort d'un homme d'Etat ? Lequel a le plus aid&#233; l'homme lambda dans sa difficile existence ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Etre un chanteur populaire, c'est beau ! et peu importe que certains nous abusent et ne soient que des ersatz, que les m&#233;dias nous fassent croire qu' en quelques semaines pass&#233;es dans un ch&#226;teau &#224; Dammarie-Les-Lys on le puisse devenir. Le vrai chanteur populaire gagne sa v&#233;n&#233;ration en tourn&#233;e, sur toutes les sc&#232;nes de France et d'ailleurs. Il n'existe que par ce travail de longue haleine. Et quand nous regardons en arri&#232;re pour mesurer le chemin fait ensemble, nous sommes tout surpris de compter en dizaines d'ann&#233;es ! A cette &#233;chelle, on ne peut faire illusion. Bien s&#251;r nous ne pouvons pas aimer tous les chanteurs populaires, nous avons nos go&#251;ts et nos haines. Mais cette formidable diversit&#233; fait sans doute de la France le pays qui a la chanson la plus vivante et vari&#233;e. Les chansons bercent notre vie, les r&#233;volutions, les guerres, elles nous accompagnent dans notre derni&#232;re demeure... Ces petites bricoles, cette sous-po&#233;sie port&#233;e par des m&#233;lodies de quatre sous sont de ces petits bonheurs vraiment d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Michel Delpech a fait s&#233;rieusement son m&#233;tier d'artisan samedi soir, bien soutenu par trois excellents musiciens de la sc&#232;ne de vari&#233;t&#233; fran&#231;aise, dont G&#233;rard Bikialo au clavier et Ren&#233; Lebar &#224; la guitare (j'ai oubli&#233; le nom du batteur, &#231;a doit &#234;tre l'&#226;ge.. faut que je pense &#224; mes comprim&#233;s.) Il a trait&#233; le public &#224; sa d&#233;votion avec gentillesse et respect. Une heure et demie, pr&#232;s de trente chansons et puis s&#8216;en va...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En repartant chercher son automobile endormie non loin de l&#224;, chacun fredonnait une chanson, celle qu'il avait pr&#233;f&#233;r&#233;e, celle qui avait raviv&#233; une jeunesse consum&#233;e en m&#234;me temps que celle du chanteur. La nuit &#233;tait plus claire et plus douce la s&#233;paration. Wight is Wight, Dylan is Dylan, and forever young...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;21 mai 2006 ; J.M. Dauriac - Photos C. Dauriac - droits r&#233;serv&#233;s&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>St&#233;phane Mazurier trio live au Satin Doll de Bordeaux</title>
		<link>http://musiquesetmots.danslamarge.com/Stephane-Mazurier-trio-live-au,90.html</link>
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		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

<category domain="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Espace-Jazz-.html">Espace Jazz</category>


		<description>une note de concert sur un groupe de qualit&#233; qui gagne &#224; &#234;tre &#233;cout&#233;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;St&#233;phane Mazurier trio, live au Satin Doll de Bordeaux&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est un samedi soir frisquet du mois de mars. Cette ann&#233;e l'hiver fait de la r&#233;sistance. Mais le ciel est clair, on voit la vo&#251;te &#233;toil&#233;e. Alors pourquoi pas sortir ? Pour quoi pas aller &#233;couter des musiciens bordelais jouant du jazz ? Direction la rue Bourbon, le bar-club jazz le &#171; Satin Doll &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Premier &#233;norme avantage : facile de se garer quand on va l&#224;-bas, puisqu'on est dans les quartiers p&#233;riph&#233;riques de la ville. Ce qui est sans nul doute un inconv&#233;nient pour la fr&#233;quentation du club, mais qui m'arrange, puisque je viens de la campagne ! Second bonus : aucun probl&#232;me pour choisir notre place dans la salle du club : &#224; part deux femmes finissant de manger, et qui sont visiblement des amies des musiciens, il n'y a personne ! Troisi&#232;me avantage : on &#233;vitera sans trop de souci le tabagisme passif ce soir, et c'est important quand on va &#233;couter du jazz, qui se joue souvent dans des salles petites et mal ventil&#233;es, avec un public qui se moque comme d'une guigne que des spectateurs soient non-fumeurs ! Bon, &#224; la fin de la soir&#233;e, quand le second set s'ach&#232;vera, nous serons une vingtaine &#224; applaudir tr&#232;s fort les musiciens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Eux, ils donnent tout, sans trop donner l'air de se soucier du volume de l'assistance. En fait, quand on est musicien, on y est sensible ; on s'en sort en disant entre nous qu'on a fait une r&#233;p&#233;t en public ! Mais jouer devant un public tr&#232;s clairsem&#233; n'est jamais tr&#232;s agr&#233;able. Dans le jazz, l'avantage, c'est qu'on a l'habitude ! Ce n'est pas une musique de masse, c'est le moins que l'on puisse dire. Il y a m&#234;me de quoi &#234;tre circonspect quand le public est nombreux (1) . Mais de l&#224; &#224; &#234;tre assez maso pour souhaiter jouer pour des chaises, il y a un pas. Ce qui est s&#251;r, c'est que ce soir-l&#224;, le public est peu nombreux, mais il est chaleureux et ne m&#233;nage pas ses applaudissements.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce trio est men&#233; par St&#233;phane Mazurier, un pianiste trentenaire, qui a un bon bagage musical et de bonnes admirations. Quand il joue, comment ne pas penser &#224; la famille des m&#233;lodistes-harmonistes, au premier rang desquels, il faut placer Bill Evans et ensuite Michel Petrucciani. Ses chorus tissent toujours une toile de fond dense d'accords sur lesquels se posent des excursions contr&#244;l&#233;es. En r&#233;f&#233;rence bordelais, St&#233;phane Mazurier me fait beaucoup penser &#224; Francis Font&#232;s, le pianiste de l'Affinity quartet. C'est donc &#233;videmment dans les ballades et les tempo m&#233;dium qu'il sera le plus expressif. Le r&#233;pertoire choisi le favorise justement. Beaucoup de grands standards, d'autres moins c&#233;l&#232;bres, comme &#171; Beautiful love &#187;, avec un arrangement int&#233;ressant. De la belle ouvrage et suffisament de vari&#233;t&#233; de jeu pour qu'on ne s'ennuie jamais dans les presque deux heures qu'ont offertes les deux sets.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La rythmique est solide est efficace, mais pas seulement. Il y a de la nuance, de la finesse. A la batterie, St&#233;phane Desplats, batteur exp&#233;riment&#233; qui a parcouru les sc&#232;nes d'Europe, sait offrir toute la palette du jeu de batterie. Il d&#233;marre sur un jeu plut&#244;t jazz-rock (un peu fort sur le premier morceau o&#249; le piano est trop en arri&#232;re), puis encha&#238;ne sur tous les styles au fur et &#224; mesure du r&#233;pertoire. La pulsation est l&#224;, bien rassurante dans sa r&#233;gularit&#233;, comme un c&#339;ur de sportif, qui bat sans souci. Tellement agr&#233;able pour des musiciens solistes d'avoir un tel appui rythmique. A la basse et &#224; la contrebasse, S&#233;bastien Charierras. Un musicien tellement discret qu'on arriverait &#224; oublier la pr&#233;cision de son jeu et sa capacit&#233; &#224; user de l'harmonie sur les chorus. Il fera deux ou trois d&#233;monstrations remarquables en ce sens. Les lignes de basses sont sobres, carr&#233;es, compl&#233;tant l'architecture ryhtmo-harmonique sur laquelle le pianiste peut construire ses promenades sans souci.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#233;pertoire alterne morceaux lents de type ballade et morceaux plus rythm&#233;s, dont quelques latin-jazz. L'amateur y reconna&#238;t des grands classiques. Au milieu, discr&#232;tement, le pianiste glisse une ou deux compositions qui confirment son go&#251;t et ses affinit&#233;s. La complicit&#233; du trio est &#233;vidente, en particulier la section rythmique, qui se trouve les &#171; yeux ferm&#233;s &#187; au sens propre du terme, tant ils n'ont pas besoin de se regarder pour se comprendre et jouer en fusion. Tout musicien comprendra ce que cela veut dire ; pour les autres, je pr&#233;cise que le bassiste et le batteur &#233;tant les m&#233;tronomes du groupe, il est habituel qu'ils se placent l'un pr&#232;s de l'autre et de mani&#232;re &#224; se voir pour &#233;changer de tr&#232;s fr&#233;quents regards et signes pour maintenir la coh&#233;sion ou la retrouver. Ici, pas besoin, &#231;a tourne sur la connivence tr&#232;s travaill&#233;e. Deux heures de musique, des musiciens qui sont g&#233;n&#233;reux et visiblement heureux d'&#234;tre l&#224; et de partager avec nous cette soir&#233;e. Un tr&#232;s bon moment de qualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le froid sec nous pince le visage en sortant, mais il a moins de prise sur nous qu'&#224; l'aller : nous avons chaud au c&#339;ur de cette musique de libert&#233; que le trio vient de nous donner. C'est notre petit tr&#233;sor du soir, &#224; nous de le faire fructifier et d &#8216;entretenir la flamme. Le jazz est surtout une mani&#232;re de vivre et de voir le monde. Souviens-t-en camarade !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Michel &#171; jazzbass &#187; Dauriac&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1 Je pense &#224; un concert de Peter Cincotti au F&#233;mina, &#224; Bordeaux. Une observation attentive du public et de ses r&#233;actions prouvait qu'il n'&#233;tait pas du tout connaisseur (ce qui n'est pas un crime !) mais qu'il avait l'impression d &#8216;assister &#224; un concert de jazz, ce qui lui donnait la sensation d'appartenir &#224; ce cercle des &#233;lites musicales un peu marginales, le bobo adorant cela. Dommage, Cincotti, c'est de la vari&#233;t&#233; jazz, pas du jazz ! Les commentaires saisis &#224; la sortie ont confirm&#233; cela.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Photographies de Catherine Dauriac - droits r&#233;serv&#233;s&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nougaro comme s'il &#233;tait parmi nous - Henri Dominguez au Satin Doll de Bordeaux</title>
		<link>http://musiquesetmots.danslamarge.com/Nougaro-comme-s-il-etait-parmi.html</link>
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		<dc:date>2006-03-25T16:37:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

<category domain="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Espace-Jazz-.html">Espace Jazz</category>


		<description>Un petit texte pour partager un grand moment de pur bonheur po&#233;tique, pour remercier et donner envie...

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce samedi soir du 17 d&#233;cembre, le Satin Doll affichait un hommage &#224; Claude Nougaro. Quelques jours avant, Henri Dominguez m'avait appel&#233; pour me signaler son passage ce soit-l&#224; et me remercier de l'article que j'avais mis en ligne sur un site culturel. (voir &lt;a href=&quot;http://www.culture-bordeaux.com/musiques.php?p=18&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.culture-bordeaux.com/musiques.php ?p=18&lt;/a&gt; ) . Je l'avais remerci&#233;, mais je ne savais pas si j'allais pouvoir m'y rendre. J'ai finalement pu. Et j'ai bien fait !....&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aux instruments, le trio confirm&#233; qui constitue la base de l'Affinity quartet sans le soufflant ( &lt;a href=&quot;http://affinityquartet.chez.tiscali.fr&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://affinityquartet.chez.tiscali.fr&lt;/a&gt; )&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;soit Francis Font&#232;s au piano, Dominique Bonadei &#224; la basse et contrebasse et Philippe Valentine &#224; la batterie-percussion. Ca d&#233;marre par un magnifique version de &#171; C&#233;cile &#187;, o&#249; Francis Font&#232;s fait merveille, par son sens aigu de la m&#233;lodie et du travail harmonqiue, qui en fait un des meilleurs pianistes sur la sc&#232;ne bordelaise. La contrebasse de Dominique Bonadei nous fait vibrer &#224; l'exposition du th&#232;me, chaleur du bois et s&#251;ret&#233; du jeu. Derri&#232;re, la pr&#233;cision du jeu de batterie ne fera pas d&#233;faut, tout au long d'une soir&#233;e qui nous offrira plus de deux heures de musique et de chant r&#233;parties en deux sets. Henri Dominguez encha&#238;ne avec &#171; A bout de souffle &#187;, je veux dire &#171; Une petite fille &#187;. Et c'est parti !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le principe retenu ce soir-l&#224; pour continuer &#224; faire vivre Claude et son monde est de m&#234;ler chansons et textes po&#233;tiques. Difficile pari, car encore plus dangereux de r&#233;citer un texte, seul face au micro, avec l'immense ombre tut&#233;laire du petit taureau toulousain pench&#233;e sur vous. Pari gagn&#233; sur toute la ligne. Un &#233;chauffement sera effectu&#233; avec &#171; le cri de Tarzan &#187;, improbable rencontre entre Johnny Weismuller et Claude Nougaro dans un bar californien. On est d&#233;j&#224; s&#233;duit par la fid&#233;lit&#233; et la g&#233;n&#233;rosit&#233; du jeu de Dominguez. Il n'y a l&#224; aucune imitation servile, aucun clonage du style de &#171; Podium &#187;, le flm de YannMoix sur Claude Fran&#231;ois. Mais une impr&#233;gnation admirative qui transpire par tous les pores du chanteur. Le point culminant de cette r&#233;citation po&#233;tico-burlesque est &#233;videmment atteint avec LE chef d'&#339;uvre de ces po&#232;mes distill&#233;s par-ci par-l&#224; dans les albums successifs du g&#233;nial troubadour. &#171; Plume d'Ange &#187;, cette fable sur l'espoir, la foi et la r&#233;alit&#233; du monde. &#171; Plume d'ange &#187; et son refrain-profession de foi du po&#232;te : &#171; La foi est plus belle que Dieu &#187;. Henri Dominguez est purement &#233;poustouflant dans ce petit quart d'heure de monologue. Il n'interpr&#232;te pas Nougaro, il &#171; est &#187; le texte, il l'habite litt&#233;ralement. Et nous, le public, dans un moment si rare au spectacle, nous habitons avec lui dans les mots du d&#233;fricheur de futur qu'est le po&#232;te. Apr&#232;s cela, Henri Dominguez pourrait tout faire, il a conquis son public, qui est pr&#234;t &#224; le suivre n'importe o&#249; . Les chansons se suivent, les connues et les moins connues. Un quart d'heure de pause pour reprendre son souffle, autant nous spectateurs qu'eux, musiciens et chanteur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Puis remont&#233;e sur le ring. Car c'est bien un combat que livre Henri Dominguez. Un combat pour la m&#233;moire, contre la m&#233;diocrit&#233; du monde. Il d&#233;fend de toute sa vie la puissance-coup de poing du verbe libre contre la force de frappe du pr&#234;t-&#224;-penser industriel musical. Il sait qu'il est moins fort que son adversaire, mais il sait que ce soir il va gagner, car la salle est avec lui. A la cinq ou sixi&#232;me reprise (de chanson &#233;videmment), il a d&#233;j&#224; pris le dessus et l'adversaire est &#224; terre. Mais ce n'est que partie remise. Demain il faudra reprendre l'entra&#238;nement et assister aux succ&#232;s du vaincu de ce soir. Mais pour l'heure, nous sommes quelques dizaines &#224; croire tr&#232;s fort que le jazz, la java et l'alexandrin gascon ont sauv&#233; le monde. Demain sera un autre jour.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous nous retrouvons sur le trottoir de la rue Bourbon. Merdre ! il fait nuit ! Pour nous il ne pouvait que faire un grand soleil br&#233;silien. Je remonte le col de mon pardessus, je rentre &#171; chez mon automobile &#187;. Mais dans ma t&#234;te courent les mots de Claude, la pr&#233;sence d'Henri et la qualit&#233; de ses musiciens. Un sentiment de pl&#233;nitude m'habite. Le secret ? La g&#233;n&#233;rosit&#233; ph&#233;nom&#233;nale d'Henri Dominguez, qui donne tout et m&#234;me plus, dans une abn&#233;gation talentueuse qui l'honore. Alors, s'il passe pr&#232;s de chez vous, ne le ratez pas. C'est si rare, la g&#233;n&#233;rosit&#233; vraie aujourd'hui !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Michel Dauriac&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les photographies sont de Catherine Dauriac - Droits r&#233;serv&#233;s -&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Pat metheny : The Way up, une oeuvre...</title>
		<link>http://musiquesetmots.danslamarge.com/Pat-metheny-The-Way-up-une-oeuvre.html</link>
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		<dc:date>2005-03-15T01:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

<category domain="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Espace-Jazz-.html">Espace Jazz</category>


		<description>une critique rapide du dernier opus (2005) du g&#233;nial guitariste am&#233;ricain, paru dans CEV4

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&lt;a href="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Espace-Jazz-.html" rel="directory"&gt;Espace Jazz&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Pat Metheny : The Way Up - Nonesuch &#233;diteur 7559-79876-2&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un peu partout la presse sp&#233;cialis&#233;e musicale vient de consacrer articles et dossiers aux trente ans de carri&#232;re discographique du g&#233;nial guitariste. Lequel est rest&#233; d'une formidable discr&#233;tion et d'une modestie assez exemplaire dans ce m&#233;tier o&#249; les hypertrophies m&#233;galomaniaques d'ego sont assez banales. Pat Metheny reste une des seules vraies stars du &#171; jazz &#187;, capable de remplir un stade ou une &#233;norme salle comme le faisaient Miles Davis ou Louis Armstrong en leur temps. Durant sa tr&#232;s prolifique carri&#232;re, il a toujours altern&#233; les formations autour d'un pivot capital : le Pat Metheny Group. Les disques &#233;pur&#233;s, solos ou duos, luis sont n&#233;cessaires comme les formidables trio de &#171; guitar hero &#187;. Mais, tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement, il revient au Pat Metheny Group, qui est son second poumon, l'autre h&#233;misph&#232;re de son cerveau. Il y retrouve son alter ego dans la composition et l'interpr&#233;tation, le pianiste-clavi&#233;riste Lyle Mays, lui aussi terriblement discret, tellement qu'on oublie &#224; quel point il est un grand interpr&#232;te et compositeur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le cru de cette ann&#233;e 2005 est tout bonnement exceptionnel. &#171; The Way Up &#187; est ce que l'on appelle une &#339;uvre. 68'10 de bonheur, de surprises, de ma&#238;trise technique, harmonique, rythmique. La barre est ainsi plac&#233;e tr&#232;s haut, hors de port&#233;e du commun des mortels. Le groupe est form&#233; de six musiciens : P. Metheny aux guitares diverses, L. Mays aux claviers, Steve Robby &#224; la basse et au violoncelle, Cuong Vu &#224; la trompette et &#224; la voix, Gr&#233;goire Maret &#224; l'harmonica et Antonio Sanchez &#224; la batterie. Conceptuellement il s'agit d'une seule composition de 68 minutes, qui a &#233;t&#233; d&#233;coup&#233;e en quatre parties pour les besoins de la production. Deux mois d'&#233;criture en tandem pour Lyle et Pat. La plus grande partie de cette &#339;uvre est donc &#233;crite, mais &#224; l'&#233;coute on se fait tr&#232;s vite pi&#233;ger par l'immense talent de ces deux larrons : &#231;a sonne souvent comme de l'impro !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme toutes les productions du PMG, il faut &#233;couter, &#233;couter et &#233;couter encore pour trouver &#224; chaque audition des p&#233;pites nouvelles. Une audition distraite ferait croire &#224; une musique bien proprette pour ambiances diverses. Ce serait injuste et insultant pour ce disque. Tout y est parfaitement &#224; sa place et j'avoue que l'on r&#234;ve de la tourn&#233;e en l'entendant. Mais ce ne sera pas facile, car les parties de guitares et claviers sont souvent du &#171; re-recording &#187;, donc impossibles &#224; reproduire telles quelles sur sc&#232;ne, sauf &#224; embaucher des musiciens ou &#224; &#233;crire uen version simplifi&#233;e, ce qui serait dommage. Bref, un incontournable &#224; ajouter aux autres chefs d'&#339;uvre du polyguitariste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Michel Dauriac&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qu'il est loin ton pays !</title>
		<link>http://musiquesetmots.danslamarge.com/Qu-il-est-loin-ton-pays.html</link>
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		<dc:date>2004-12-06T16:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Dauriac</dc:creator>

<category domain="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Chanson-Francaise-.html">Chanson Fran&#231;aise</category>


		<description>autour de la disparition d'un des grands manieurs de mots des quarantes derni&#232;res ann&#233;es

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&lt;a href="http://musiquesetmots.danslamarge.com/-Chanson-Francaise-.html" rel="directory"&gt;Chanson Fran&#231;aise&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La note bleue comme point final
&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'o&#249; vient l'&#233;motion, brother ? De la zone idoine du cerveau vous diront les neurobiologistes, stimul&#233;e par la bonne s&#233;cr&#233;tion au bon moment. Comme c'est charmant et tellement parlant &#224; nos c&#339;ur d'hommes et de femmes ! Moi je pr&#233;f&#232;re penser que c'est tout ce que j'ai v&#233;cu de bien, de beau, de laid et de triste qui me fait plaisir ou mal. Cette &#233;motion qui me flanque les larmes aux yeux en t'&#233;coutant chanter,&#212; Claude, c'est ta musique, tes paroles, ta voix et mon esprit qui se sent en communion avec toi dans l'instant. Les derniers disques sont souvent empreints d'une gr&#226;ce sp&#233;ciale dont l'artiste lui-m&#234;me n'a pas toujours conscience. R&#233;&#233;couter &#171; Les Marquises &#187; de Brel, l'entendre dire &#171; Mourir, la belle affaire, mais vieillir, ah ! vieillir... &#187; et savoir qu'&#224; 48 ans il allait tirer sa r&#233;v&#233;rence, c'est retrouver le poids proph&#233;tique des mots. Entendre Claude fermer son dernier opus par la phrase suivante :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai envie d'&#233;crire, mais je ne sais pas quoi
La mort, je l'avoue, me laisse coi&lt;/strong&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;me renvoie au grand myst&#232;re de la vie et de notre finitude, ce soir o&#249; je viens d'apprendre la mort soudaine d'un ami en pleine jeunesse. Tu savais, toi, que ce sale crabe allait te bouffer le pancr&#233;as et la vie. Tu le dit d'ailleur dans ce dernier texte :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;je marche &#224; petits pas au bras de mon cancer
d'un certain c&#244;t&#233; parfois &#231;a sert
C'est pas si con, Coco, quand on se dit chanteur
De mourir d'un concert du pancr&#233;ateur...&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jusqu'au bout tu auras nargu&#233; la faucheuse d'un ultime jeu de maux, &#224; la mani&#232;re d'un Desproges insultant la maladie qui le rongeait.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Emotion, oui mais pas piti&#233;, ni complaisance. C'est un tr&#232;s bel album que tu nous offres pour passer le cap de ton d&#233;part. Bien s&#251;r la voix est affaiblie, un peu &#224; la recherche de ce souffle taurin qui faisait ta force. Mais de cette fragilit&#233; tu tires le meilleur. La perle en la mati&#232;re s'appelle &#171; Autour de minuit &#187;, revisit&#233;e dans un extraordinaire duo avec la chanteuse lyrique Nathalie Dessay. Une version z&#233;nithale qui va longtemps hanter nos c&#339;urs et nos oreilles. Tu tends la voix &#224; l'extr&#234;me pour atteindre le haut de la phrase et toute la grandeur de l'homme mortel qui caresse l'&#233;toile est l&#224; ! Paradoxalement, une grande s&#233;r&#233;nit&#233; habite cet album que tu as enregistr&#233; en te sachant condamn&#233; (mais pas r&#233;sign&#233; &#224; l'&#234;tre). Une de ces perles s'appelle &#171; Le bonheur &#187;, et c'en est vraiment un de l'entendre encore et encore. Comme &#171; L &#8216;esp&#233;rance en l'homme &#187;, ce superbe texte &#233;crit sur la musique de Marc Berthoumieux, toute de grace meth&#233;nienne (adjectif qualificatif : du style de Pat Metheny, g&#233;nial compositeur am&#233;ricain du XX-XXI&#232;me si&#232;cle). Tu nous y redis que m&#234;me dans cette vie &#171; mouvement&#233;e &#187;, il ne faut jamais d&#233;sesp&#233;rer de l'homme et de la vie : c'est bon &#224; savoir &#224; l'&#233;poque du terrorisme aveugle, de la torture, du racisme de retour... Evidemment tu n'es pas na&#239;f et &#171; Les chenilles &#187; nous le r&#233;p&#232;tes &#224; l'envie :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Tant qu'il y aura des hommes, il y aura des tanks... &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;mais chacun a le devoir de chercher :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;comme un musicien attend
Face au fin fond, fin fond des cieux
Face au d&#233;sert de son chant
La Blue Note, la Note Bleue...&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour habiller ce bijou fragile, tu as su t'entourer de magnifiques musiciens. Il y a d'abord et surtout Yvan Cassard. Formidable homme-orchestre : &#233;coutez la version de Toulouse et comparez avec les deux versions de Louiss-Vander sur leur hommage (voir ma critique assassine sur ce disque). Et puis ensuite, la bande &#224; Di Battista (saxophone soprano), le pianiste Eric Legnini, le contrebassiste Rosario Bonacorso, Flavio Boltro &#224; la trompette. Et les autres guest-stars : St&#233;phane Belmondo, Louis Winsberg, Andr&#233; Ceccarelli, mister drum, et tous les autres moins connus mais tout aussi bons. Mention sp&#233;ciale &#224; la participation de David Linx, le vocaliste belge, venu chanter avec Claude le th&#232;me de Neal Hefti &#171; Dansez sur moi &#187; (Girl Talk). Comme un formidable passage de relais trans-g&#233;n&#233;rationnel.. En prime deux morceaux en version instrumentale, pour cause d'arr&#234;t de l'arbitre du h&#233;ros (&#171; Armstrong &#187; et &#171; Bidonville &#187;), et la derni&#232;re adaptation d'un standard, &#171; Cantaloupe Island &#187;, devenu &#171; Herbie Hancock &#187;..&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout &#231;a m&#233;lang&#233;, avec la part de l'inexplicable, la lumi&#232;re de l'&#233;toile, la gr&#226;ce fragile des rencontres, nous livre un bel album. Un de ceux que nous aurions jadis us&#233; jusqu'&#224; la corde, &#224; l'&#233;poque du vynil. L&#224;, n'ayez pas de crainte, vous pouvez en user d&#233;raisonnablement sans risque. Salut Claude. Nous essayerons de faire bon usage des mots, des phrases et des vers que tu nous as l&#233;gu&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Michel Dauriac&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La note bleue - Claude Nougaro - Blue Note 7243 8756612 5 - 2004&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;publi&#233; dans Culture, et vous ? num&#233;ro 2 et sur le site&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.culture-bordeaux.fr&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;www.culture-Bordeaux.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Notes de concert : Avant-sc&#232;ne, vendredi 5 novembre 2004- 22 heures&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Henri Dominguez : un hommage vibrant et de qualit&#233; &#224; Brel et Nougaro&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;/strong&gt; Annonc&#233; &#224; 21h30, le tour de chant d'Henri Dominguez commence une demi-heure plus tard, car on attend les spectateurs. A 22 heures, c'est correctement rempli et on d&#233;marre sur un set Nougaro, avec &#171; Un &#233;t&#233; &#187;, formidable texte du Claude sur ce standard de jazz c&#233;l&#232;bre sous le nom d' &#171; Estate &#187;. Il faut tr&#232;s peu de temps pour comprendre que la qualit&#233; est au rendez-vous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Henri Dominguez n'a pas le physique de sa voix et c'est tr&#232;s bien ainsi. On voit s'installer derri&#232;re le micro un homme m&#251;r, petit et l&#233;g&#232;rement d&#233;garni, qui ne paie pas de mine. Et soudain, d&#232;s les premi&#232;res phrases chant&#233;es, la magie op&#232;re. La voix chaude, juste, puissante roule les mots avec cette pointe d'accent du sud-ouest qui fait le Nougaro authentique. Une articulation tr&#232;s pr&#233;cise et une interpr&#233;tation v&#233;cue ach&#232;vent l'embarquement imm&#233;diat dans l'univers po&#233;tique et jazzy du grand toulousain. La voix s'adaptera, dans le troisi&#232;me set au registre br&#233;lien, plus th&#233;atral, mais tout aussi pr&#233;cis dans son exigence de diction.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Derri&#232;re le chanteur (mais tout pr&#232;s, compte tenu de l'ex&#233;guit&#233; des lieux) un trio classique de jazz impressionne d&#232;s les premiers morceaux par sa coh&#233;sion, sa pr&#233;cision et la justesse de son accompagnement. Car c'est tout un art d'&#234;tre l&#224; sans &#171; bouffer &#187; le chanteur ! Sur le r&#233;pertoire de Nougaro, la pratique jazz de chacun des musiciens est &#233;videmment un atout. On n'oublie pas le chorus de piano d' &#171; Armstrong &#187; ou celui du &#171; Coq et la pendule &#187;. Le pianiste, Francis Font&#232;s, varie les styles, passant de la bossa nova au ragtime par le blues. Un joli solo sur &#171; Girl Talk &#187;. Des accompagnements solides et discrets, de la ma&#238;trise, de-ci de-l&#224; des traits Petrucianniens. Bref, un pianiste qui assure, sans lasser. Le bassiste, Dominique Bonadei, fait des lignes de basses &#233;galement tr&#232;s vari&#233;es : sur certains morceaux de Brel, comme &#171; Madeleine &#187;, une vraie basse de bastringue, tempo et doigt&#233; de marche, mais un tr&#232;s beau travail sur &#171; La pluie fait des claquettes &#187; o&#249; c'est v&#233;ritablement lui qui ressort, par quelques traits pertinents et au son bien travaill&#233;. A la batterie, Philippe Valentine fait des merveilles. D'abord une grande r&#233;gularit&#233; et une pr&#233;cision remarquable dans les frappes, ce qu'on est en droit d'attendre de tout bon batteur. Mais au-del&#224;, une grande cr&#233;ativit&#233; rythmique qui donne &#224; son instrument une place &#233;minente dans le trio, loin des p&#226;les &#171; boites &#224; rythme &#187; humaines que sont devenus certains batteurs. Ces trois-l&#224; se connaissent bien, ils jouent ensemble depuis 15 ans et cela se sent, tant la complicit&#233; est &#233;vidente. Et il en faut pour que ce r&#233;pertoire soit &#224; la hauteur de ce que ses cr&#233;ateurs en ont fait ! On peut en effet &#226;nonner ces chansons, en faire de la &#171; machine &#224; coudre &#187; comme disait Sagan, ce qui est &#224; la fois une insulte pour les cr&#233;ateurs et le public. Mais &#224; l'Avant-sc&#232;ne l'osmose a eu lieu entre le chanteur, les musiciens et le r&#233;pertoire. Un grand moment &#224; vivre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant une question me tarabuste : pourquoi certaines personnes viennent-elles dans ces bars &#224; spectacle si c'est pour ne pas &#233;couter les artistes. Vendredi soir vers 23 heures l'Avant-sc&#232;ne &#233;tait bond&#233;e, difficile de circuler et de s'approcher du bar pour avoir une bi&#232;re ! Mais dans ce public, une minorit&#233; de soiffards incultes, malpolis et souvent d&#233;j&#224; aussi bourr&#233;s que la salle. Bavardages &#224; voix hautes, r&#233;flexions subtiles pendant les chansons ou aux transitions, braillards chantant faux pour accompagner le chanteur... On touche l&#224; &#224; la limite de ce genre de lieux de spectacles : la concomitance d'un bar et d'un lieu artistique. Au d&#233;but du troisi&#232;me set, consacr&#233; &#224; Brel, il a fallu que Henri demande le silence de mani&#232;re insistante et explicite. Mais au fur et &#224; mesure qu'il chantait, les caves se sont remis &#224; causer, &#224; &#171; d&#233;conner &#187; et les artistes se sont arr&#234;t&#233;s. Au moins trois ou quatre minutes. Et l&#224;, cette partie stupide du public n'a rien compris, continuant comme si de rien n'&#233;tait. Les musiciens ont repris et ont &#233;court&#233; le set, &#233;coeur&#233;s de ce m&#233;pris pour eux et pour Brel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce fut la seule ombre au tableau d'une soir&#233;e marqu&#233;e par la g&#233;n&#233;rosit&#233;, l'authenticit&#233; et le respect. Comme le disait ensuite Dominique Bonadei, le bassiste, un tel r&#233;pertoire est fait pour &#234;tre jou&#233; ainsi en live, dans une communion d'un soir. Encore faut-il que le public m&#233;rite l'offrande que lui font les artistes : vendredi 5 novembre, &#224; l'Avant sc&#232;ne, une partie des spectateurs &#233;taient indignes d'&#234;tre l&#224; ! Mais pour la grande majorit&#233; qui sont venus pour partager le souvenir de Brel et Nougaro et soutenir des artistes talentueux, la soir&#233;e fut une r&#233;ussite. Et au bout du compte, je ne retiendrai que cela. Si Henri Dominguez et ses acolytes passent pr&#232;s de chez vous, allez les &#233;couter, vous ne le regretterez s&#251;rement pas !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J.M. Dauriac&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les musiciens qui accompagnent Henri Dominguez ont un quartet de jazz qui tourne depuis plus de dix ans et qui a m&#234;me sorti un compact en avril 1997 : le quartet AFFINITY. Visitez leur site : &lt;a href=&quot;http://affinityquartet.chez.tiscali.fr/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://affinityquartet.chez.tiscali.fr/&lt;/a&gt;
Nous vous tiendrons au courant de leurs dates de concert dans notre rubrique programmation jazz !&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un hommage de ch&#232;vres, m&#234;me pas persill&#233; !
&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est des hommages m&#233;diocres qui fl&#233;trissent plus ceux qui les rendent qu'ils n'honorent ceux auxquels ils sont adress&#233;s. Ainsi de ce disque, pourtant &#171; s&#233;lection FIP &#187; du mois de novembre : &#171; O Toulouse - Hommage &#224; Claude &#187; par Eddy Louiss (orgue), Maurice Vander (piano), Bernard Lubat (batterie) et Luigi Trussardi (contrebasse) Tous quatre ont accompagn&#233; Claude Nougaro, notre grand chanteur m&#233;riodanalo-jazzistique disparu il y a si peu et qui nous manque d&#233;j&#224; tant ! Maurice Vander a marqu&#233; la geste Nougarienne par l'importance de sa pr&#233;sence, ses compositions, cette formidable aventure du disque &#171; Une voix, dix doigts &#187; o&#249; il tourna en duo piano-voix avec Claude. Eddy Louiss est aussi un grand &#171; compagnon de route &#187;, comme on disait dans un certain contexte politique autrefois. Nul n'a oubli&#233; son travail jubilatoire sur &#171; Paris mai... &#187; par exemple. Bernard Lubat partage avec Claude cet amour du jeu sur les mots, en plus d'avoir &#233;t&#233; son batteur. J'avoue que Luigi Trussardi ne m'a pas marqu&#233; et que je suis incapable de le citer spontan&#233;ment dans le cadre de l'oeuvre de Nougaro. Mais peu importe. Ceux-l&#224; ont c&#244;toy&#233; le petit taureau &#224; l'accent rocailleux de Garonne. Il est donc l&#233;gitime qu'ils aient de la peine &#224; la perte d'un tel ami. Et il est tout aussi normal qu'un artiste utilise son art pour dire sa douleur et l'exorciser un peu. Ce disque, et d'autres qui suivront, est parfaitement naturel et attendu. Mais autant je comprends la motivation profonde, autant je n'adh&#232;re pas &#224; la d&#233;marche choisie et au r&#233;sultat final, et je m'&#233;tonne qu'une radio aussi comp&#233;tente en jazz que FIP ait mordu &#224; la grosse ficelle des quatre lascars.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De quoi s'agit-il ? De rendre donc un hommage au Claude. OK. Le jazz a tellement suint&#233; de toutes ses chansons que ces jazzeux exp&#233;riment&#233;s sont tout d&#233;sign&#233;s pour cela. Mais pourquoi sortir ce disque aussi vite ? Je sais bien que les f&#234;tes approchent et que les musiciens de jazz ont aussi des frais, mais ces quatre-l&#224; ne sont pas les plus n&#233;cessiteux. Avaient-ils &#224; ce point besoin d'argent ? Craignaient-ils de se faire griller la politesse par des n&#233;crophages plus prompts ? Bref, ils ont fait le service minimum et c'est insultant pour la vedette immense et l'homme de c&#339;ur que fut Nougaro. Une liste de standards adapt&#233;s avec le talent que l'on sait par le chanteur qui a vraiment fait et r&#233;ussi une &#339;uvre de popularisation noble du jazz : les titres fran&#231;ais suivent (car c'est eux que le grand public conna&#238;t, ne nous y trompons pas !). &#171; A bout de souffle &#187; (ah ! le &#171; je t'aime &#187; essouffl&#233;, qui ne s'en souvient ?), &#171; Dansez sur moi &#187; (quel putaing de slow pour emballer les nanas l'&#233;t&#233; !), &#171; Mon disque d'&#233;t&#233; &#187; (m&#234;me chose), &#171; Autour de minuit &#187;, &#171; Sing sing song &#187; (tout le monde voit encore le batteur sur la chaise &#233;lectrique, tant le verbe du po&#232;te est &#233;vocateur !), &#171; Armstrong &#187;, &#171; A tes seins &#187;... Ce qui ne demande &#224; des musiciens du calibre des lascars en question aucune vraie r&#233;p&#233;tition, car ce sont des standards extr&#234;mement connus : on rentre en studio, deux jours de prises et c'est dans la bo&#238;te ! Pour faire bonne mesure on incorpore deux compositions &#171; in memoriam &#187; (ce sont deux morceaux assez r&#233;ussis mais faciles, faciles...), deux versions de &#171; O Toulouse &#187;, une jazzy pour ouvrir et une plus vari&#233;t&#233; pour fermer. Et les cr&#233;ations de Claude l&#224;-dedans ? Deux titres seulement : &#171; C'est &#231;a la vie &#187; et le formidable &#171; La pluie fait des claquettes &#187;, tous deux compos&#233;s par Maurice Vander. Et c'est tout ! M&#234;me pas de d&#233;dicace, pas de livret, que dalle ; achetez, y a rien &#224; lire !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On autorisera l'auditeur un peu connaisseur &#224; l'avoir en travers de la gorge ! C'est du boulot b&#226;cl&#233;, &#224; la limite de l'escroquerie. L'	auteur de ces lignes se souvient en juillet 2003 avoir particip&#233; au Colloque du festival de Mons&#233;gur et avoir entendu Lubat flinguer les musiciens qui faisaient des CD &#224; tour de bras alors que la musique se cr&#233;e sur sc&#232;ne. Que ne s'est-il appliqu&#233; ce salutaire principe ! Car on &#233;tait en droit d'attendre quelque chose de plus ambitieux de la part de telles pointures du jazz ! et de plus respectueux de l'oeuvre de Nougaro . En &#233;crivant ceci, je songe au superbe disque qu'a livr&#233; Jo&#235;l Favreau pour le vingti&#232;me anniversaire de la mort de Georges Brassens, dont il avait &#233;t&#233; l'accompagnateur inspir&#233;, sobrement titr&#233; &#171; Salut Brassens &#187;, et ou il a choisi des titres peu connus du grand public pour voisiner avec des classiques, dans une formule de duo insolite et recherch&#233;. Voil&#224; un vrai et bel hommage. Mais il a m&#251;ri vingt ans. L&#224;, Le cadavre bouge encore que les charognards arrivent ! Au moment o&#249; j'&#233;cris cet article (un peu courrouc&#233;, vous le sentez !) sort le dernier disque, posthume, de Claude Nougaro, &#171; La note bleue &#187;, dont vous trouverez &#233;galement une critique dans le dossier sur le chanteur. Comment ne pas comparer les deux et trouver la zizique &#224; Maurice, Eddy... bien falote et pour tout dire presque insipide &#224; force d'&#234;tre banale. Allez, tout le monde a droit &#224; l'erreur, mais comme on dit dans le Sud-Ouest, &#231;a c'est quand m&#234;me &#171; un belle connerie &#187;, cong !
Cela dit si vous aimez la musique d'ambiance, pour prendre l'ap&#233;ro-jazz, c'est tout &#224; fait indiqu&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Michel Dauriac&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Hommage &#224; Claude &#212; Toulouse - Louiss, Vander, Lubat, Trussardi - Futur Acoustic - 2004&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Publi&#233; dans &#171; Culture, et vous ? &#187; num&#233;ro 2 et sur le site&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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